Mirror, l’application qui aide à lutter contre le temps d’écran
Planète Grandes Ecoles part aujourd’hui à la rencontre de Jordan, le fondateur de l’application Mirror. Après avoir remarqué à quel point l’utilisation des écrans était néfaste et que les solutions existantes n’étaient pas assez efficaces, il a choisi de développer la sienne. C’est comme ça qu’est née Mirror, l’application qui lutte contre le temps d’écran.
Présentation de Jordan – le fondateur de Mirror
Bonjour Jordan, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Moi c’est Jordan, j’ai 23 ans. Je me bats contre les géants de la tech qui ont conçu leurs plateformes pour que tu passes tes journées à scroller. J’en avais marre de perdre ma vie comme ça, j’ai cherché une solution qui tienne vraiment et comme elle n’existait pas, j’ai décidé de la créer.
Qu’est-ce qui t’a amené, à titre personnel, à t’attaquer au sujet de l’addiction aux écrans ?
Pendant des années, j’avais cette sensation bizarre : j’avais des rêves, de l’ambition, des projets… mais mes journées disparaissaient. Je déverrouillais mon téléphone pour répondre à un message, et vingt minutes plus tard j’étais encore là, à scroller sans savoir pourquoi ni comment j’en étais arrivé là.
Le pire ? C’était automatique. Pas un choix. Une mécanique.
En prépa, j’ai compris que ça pouvait vraiment me faire échouer. Alors j’ai tout essayé Opal, les limites de temps d’écran, désinstaller Instagram… Rien ne tenait. Je rechutais à chaque fois, parfois en quelques jours.
Alors j’ai décidé de créer moi-même la solution.
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L’aventure Mirror
Tu présentes ton combat contre les géants de la tech comme un David contre Goliath. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour toi, et comment ce positionnement a-t-il guidé tes choix depuis un an ?
Ça veut dire qu’il y a des choses évidentes qu’on pourrait faire pour réduire l’addiction rendre les interfaces moins manipulatrices, bloquer certaines fonctionnalités précises. Mais à chaque fois qu’une idée est vraiment bonne, on se heurte aux restrictions imposées par Apple, Meta, Google. Je dois construire Mirror dans les règles qu’ont fixées mes adversaires. C’est ça, le vrai combat.
Avant l’app Mirror, tu as commencé par construire une communauté Instagram qui a explosé en quelques mois (+25 000 abonnés en 3 mois). Comment expliques-tu cette traction, et qu’est-ce que tu retiens de cette phase ?
La traction s’explique simplement : le problème est massif, et les gens qui en souffrent n’ont trouvé aucune solution qui tienne vraiment. Ils sont conscients de passer trop de temps sur leur téléphone, ils ont déjà tout essayé et rien ne les a vraiment aidés. Quand quelqu’un parle de ça honnêtement, ça résonne.
Ce que je retiens surtout, c’est un message reçu d’un ado de 13 ans. Il me parlait de son rêve d’ouvrir un foodtruck, mais il me disait qu’il se rendait compte qu’il n’y arriverait probablement jamais parce qu’il passait 7 heures par jour sur TikTok et ne savait pas comment s’en sortir. Ce message m’a tout confirmé : derrière les chiffres d’abonnés, il y a des gens qui attendent une vraie solution. Et ça, ça m’a donné encore plus de conviction pour construire Mirror.
Tu racontes que tu n’avais pas la solution concrète à proposer au début. Comment es-tu passé du compte Instagram à l’idée précise de l’app Mirror ? Quelles ont été les étapes décisives ?
Je suis retourné sur le terrain. J’ai rencontré des addictologues, des psychologues, des entrepreneurs, des politiciens, des étudiants. Et à force de les interroger, une conviction s’est imposée : il y a deux voies pour réduire son temps d’écran :
- La première, c’est supprimer les réseaux sociaux. Mais c’est utopique en 2026 on en a besoin pour vivre, travailler, socialiser.
- La deuxième, c’est une combinaison de nombreuses petites solutions : des habitudes, des réglages, un environnement repensé, une meilleure compréhension de la psychologie de l’addiction. Mises bout à bout, elles fonctionnent vraiment. Le problème, c’est que seul, c’est très difficile de les connaître toutes et de les appliquer. C’est exactement là qu’intervient Mirror : pas pour supprimer le téléphone de ta vie, mais pour t’apprendre à l’utiliser de façon saine.
Face au choix entre payer un développeur, trouver un associé ou apprendre à coder toi-même, tu as choisi la troisième option. Avec le recul, qu’est-ce qui t’a poussé à ce choix, et le referais-tu ?
À 100 %. J’ai énormément appris en code, en design, en marketing. Mais au-delà de l’apprentissage, ça m’a donné un contrôle total sur le produit. Quand tu maîtrises toutes les compétences liées à ton app, tu peux tout assembler avec cohérence et intention et le résultat final en est vraiment meilleur. Dépendre de quelqu’un d’autre pour la partie la plus critique de ton projet, c’est une vulnérabilité énorme. Aujourd’hui, je comprends chaque ligne de Mirror. C’est une liberté que je ne troquerais contre rien.
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Cinq mois enfermé pour coder une l’app Mirror
Tu as mentionné des moments où tu as passé 4 jours pour coder un seul bouton de Mirror. Comment as-tu tenu sur la durée quand tu doutais de tes capacités à finir ?
C’était dur, évidemment. Mais j’avais un carburant puissant : 97 % de ma communauté était prête à tester l’app, et moi-même j’y croyais profondément. Je connaissais toutes les solutions existantes, je savais que ce que j’étais en train de créer était une vraie avancée par rapport à ce qui existait.
Et comme tout le monde, il m’est arrivé de craquer, de binge-watcher une série pour vider ma tête. Mais je revenais toujours. Parce que l’objectif était plus grand que la frustration du moment.
Mirror est présenté comme un jeu basé sur 30 études scientifiques, où ton avatar souffre quand tu scrolles trop. Peux-tu nous expliquer le concept en détail et ce qui le rend différent des autres outils de contrôle du temps d’écran ?
La plupart des apps de contrôle du temps d’écran fonctionnent sur la contrainte : elles bloquent, elles limitent, elles punissent. Le problème, c’est que notre cerveau déteste être contraint il cherche à contourner, et on finit par désinstaller l’app.
Mirror prend le problème à l’envers. Au lieu de lutter contre toi, l’app travaille avec tes mécanismes psychologiques. L’avatar qui évolue en temps réel selon ton comportement, les leçons qui expliquent pourquoi tu scrolles compulsivement, les sessions de blocage que tu choisis toi-même… Ce n’est pas de la restriction, c’est de la prise de conscience progressive. C’est ça, la différence.
Sur quoi t’es-tu appuyé scientifiquement pour construire les mécaniques de Mirror ? Qui sont les addictologues, psychologues ou experts qui t’ont aidé à valider la méthode ?
La méthode repose sur des mécanismes bien documentés comme la psychologie du renforcement variable qui explique pourquoi tu reviens compulsivement sur une app, les effets de la dopamine sur les boucles d’attention, ou encore l’impact de l’environnement sur les habitudes. Ce sont des études accessibles, mais écrites dans un langage que personne ne lit vraiment. Mon rôle avec Mirror, c’est de vulgariser tout ça et de le rendre applicable pas à pas sans que tu aies besoin d’un doctorat en psychologie comportementale. Je suis le passeur entre la science et le quotidien.
Vision et perspective
L’addiction aux écrans est un sujet massif chez les étudiants et les jeunes actifs. Selon toi, qu’est-ce qui empêche aujourd’hui la plupart des gens de réduire leur temps d’écran malgré leur envie de le faire ?
Il faut distinguer deux profils. Il y a ceux qui scrollent beaucoup mais n’y voient pas de problème pour eux, la vie est belle, et ce n’est pas ma cible.
Et puis il y a ceux qui en sont conscients, qui souffrent de cette dépendance, et qui ont déjà tout essayé. Le vrai blocage pour eux, c’est que toutes les solutions qu’ils ont testées les ont frustrés plutôt qu’aidés. Ils ont fini par abandonner, convaincus que c’est impossible. Mirror est fait pour eux pour montrer qu’il existe une voie, à condition d’avoir les bons outils.
Quels conseils donnerais-tu à un étudiant ou un jeune entrepreneur qui veut se lancer dans un projet en solo, avec peu de moyens et beaucoup de doutes ?
Je lui conseillerais deux choses :
- D’abord : l’action, l’action, l’action. On passe trop de temps à planifier, à regarder des vidéos d’entrepreneurs, à théoriser. Alors qu’il faut se lancer même quand une partie est encore floue c’est en faisant que ça devient clair. 80 % de ton temps devrait être dans l’expérimentation, pas dans la préparation.
- Ensuite : va à la rencontre de tes futurs utilisateurs dès le premier jour. Fais des vidéos, contacte des gens sur LinkedIn, montre ton projet. Leurs retours dissipent les doutes mieux que n’importe quelle réflexion en solo. Si ta solution résout leur problème et qu’ils sont chauds pour tester il n’y a plus de place pour le doute.
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Ce qu’il faut retenir sur Mirror
Mirror vient de sortir, l’app est disponible sur l’App Store et la liste d’attente Android est ouverte. Quelle est la prochaine étape pour Mirror, et où peut-on te suivre pour soutenir l’aventure ?
On va continuer à enrichir l’expérience de jeu pour rendre encore plus engageant le fait de réduire son temps d’écran, et compléter le parcours de leçons avec tous les outils qui permettent vraiment de moins scroller. C’est une aventure au long cours et elle ne fait que commencer. Pour suivre ça, c’est sur mon Instagram (@jordan_gloaguen), ou directement en téléchargeant Mirror sur l’App Store.