Interview d’Adam Bouaricha, étudiant à emlyon et stagiaire à PwC

Interview d’Adam Bouaricha, étudiant à emlyon et stagiaire à PwC

Rencontre avec Adam Bouaricha, étudiant à emlyon et actuellement stagiaire en valorisation et modélisation financière (VBM) chez PwC.

 

Bonjour Adam, pouvez-vous nous parler de votre parcours ? 

Bonjour ! J’ai commencé mes études dans la filière de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes, plus précisément en classes préparatoires DCG/DSCG. J’ai décidé de compléter mon parcours académique en intégrant le Programme Grande École de l’emlyon, afin de découvrir les diverses opportunités en finance d’entreprise. Je suis actuellement stagiaire en valorisation et modélisation financière (VBM) chez PwC.

 

 

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Vous avez fait un Master DSCG de 2017 à 2022, pourquoi avoir choisi cette orientation ? 

Obtenir le DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion, grade de Master) est obligatoire afin de démarrer le stage d’expertise comptable (3 ans), celui-ci précédant les épreuves du DEC (Diplôme d’Expertise Comptable).

En classe de Terminale, je souhaitais avoir une vision claire sur un métier concret. La profession d’expert-comptable/commissaire aux comptes m’attirait du fait de la possibilité d’exercer en tant que profession libérale (avoir son propre cabinet). La dimension relative au conseil, à l’accompagnement des entrepreneurs dans la gestion de leurs entreprises m’intéressait et m’a motivé pour postuler en classe préparatoire au DCG.

Dans notre filière, obtenir le DSCG constitue l’étape la plus difficile, celle-ci déterminant notre capacité à devenir plus tard expert-comptable/commissaire aux comptes. J’envisageais d’intégrer une école de commerce dès le DCG, mais j’ai préféré repousser mes candidatures afin de valider le DSCG sereinement.

 

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Comment avez-vous trouvé vos stages de Master et qu’en avez-vous retenu ? 

Dans le cadre du DCG (Licence) et du DSCG (Master), j’ai effectué deux stages courts et une alternance d’un an en cabinet d’expertise comptable. Par la suite, j’ai réalisé deux stages en audit (commissariat aux comptes) : un dans un cabinet local, l’autre chez KPMG.

J’ai été déçu de mes expériences en expertise comptable. On ne cesse de répéter dans notre milieu que la numérisation change notre profession. Néanmoins, j’ai constaté que la majorité des cabinets d’expertise comptable « traditionnels » (effectif inférieur à 50 salariés) continue de fonctionner avec « l’ancien modèle » : réception des pièces comptables physiques (factures, chèques), saisie comptable, établissement du bilan et de la liasse fiscale, etc. Le caractère répétitif des missions sans grande valeur ajoutée m’a motivé à envisager l’audit par la suite.

J’ai trouvé mes stages en audit bien plus intéressants. En effet, j’ai pu auditer des clients de divers secteurs : franchises de restauration rapide, sous-traitants de parfumeurs, laboratoires pharmaceutiques, hôtellerie, industriels, etc. De plus, la méthodologie et l’organisation des équipes m’a permis de grandir professionnellement parlant. Même si je considère que l’audit est aussi limité en termes d’apport de valeur ajoutée, la discipline requise dans ce métier forme le stagiaire à se conformer à des standards de qualité. Ce n’est donc pas par hasard que la grande majorité des étudiants en école de commerce et d’ingénieur, désireux de faire une carrière en finance, commencent par réaliser un stage en audit au sein d’une structure connue : Big Four (PwC, Deloitte, EY, KPMG), Mazars, Grant Thornton, BDO.

 

En 2022, vous décidez de faire un autre diplôme, le PGE de l’emlyon bs.  Comment intégrer l’emlyon bs après un master dans une autre université ? 

Tout étudiant ayant obtenu une licence (Bac+3) au minimum, peut postuler aux Grandes Écoles de commerce via les concours AST2. Attention, ce concours n’a rien à voir avec celui des CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Écoles).

L’objectif de cette voie d’admission menant au Programme Grande École (le Saint-Graal des écoles de commerce), est de diversifier la promotion de celles-ci. Pour rappel, une promotion de PGE est généralement constituée d’une moitié d’étudiants venus de CPGE, d’un quart à un tiers d’AST, et le reste d’ASTI (étudiants ayant validé un diplôme équivalent à un BAC+3 minimum au sein d’une institution étrangère).

Dans une école du Top 5 telle que l’emlyon, il est courant de voir des AST ingénieurs, pharmaciens et juristes. Globalement, tous les profils « atypiques » sont les bienvenus, car ces-derniers peuvent justifier de l’acquisition d’une véritable double-compétence s’ils complètent leur parcours avec une Grande École de commerce.

Dans le cadre du concours AST2, sont attendus les classiques Tage Mage (test d’aptitude mêlant français et mathématiques) et TOEIC (test d’anglais). Selon le prestige de l’école à laquelle le candidat postule, nous pouvons établir une moyenne de ces scores avec les résultats des étudiants finalement admis. À partir de 350 au Tage Mage et 950 au TOEIC, la candidature est considérée comme solide pour le Top 5 et crédible pour le Top 3.

Ces tests écrits constituent la phase d’admissibilité, s’ensuivra la phase d’admission composée d’un entretien de motivation ainsi que d’une épreuve d’anglais. 

 

Votre première année à emlyon bs fut riche en vie associative. Vous étiez dans quelle association ? Que vous a apporté votre vie associative dans votre vie professionnelle ? 

Je suis membre de l’association étudiante Verbat’em emlyon, dédiée à l’éloquence et au journalisme. J’avais notamment participé à l’organisation du Concours Paris Lyon, le fameux évènement organisé par cette même association, invitant les autres grandes institutions (l’X de Polytechnique, HEC, ESSEC, Centrale Lyon, Sciences Po Paris & Lyon, ENS Paris) à une compétition d’éloquence. Figurez-vous que c’est l’emlyon, représentée par le Président de Verbat’em, qui a gagné en 2023 !

De plus, j’ai renouvelé mon engagement en tant « qu’EMbassadeur », afin de continuer à renseigner les candidats potentiels au Programme Grande École de l’emlyon, lors de forums et de journées portes ouvertes.

Je considère la vie associative des Grandes Écoles de commerce, surtout celle de l’emlyon qui est très riche, comme une opportunité de s’épanouir. Le Programme Grande École n’est pas juste un diplôme, c’est un véritable parcours permettant de se spécialiser d’un point de vue académique via les électifs (les cours que les étudiants choisissent de valider), de se former professionnellement via les stages obligatoires, et de découvrir de nouveaux centres d’intérêt. 

 

Actuellement, vous êtes à PWC, après un stage à KPMG dans votre master précédent, avez-vous des tips pour réussir le process de recrutement ? Comment se préparer ? 

Je suis actuellement en stage à PwC en Valuation & Business Modelling, dans le bureau de Lyon. Il est évident que mon stage précédent en audit à KPMG a été un élément déterminant lors du screening de mon CV. En Big Four, tout candidat peut s’attendre à un premier entretien fit avec un RH, suivi d’un entretien technique avec des opérationnels. De plus, il sera demandé au candidat de réaliser un test d’anglais.

Dans le cadre d’une préparation à ce type de process, je conseillerais tout simplement aux candidats de préparer les questions classiques d’un entretien avec un RH, à savoir (liste non exhaustive) :

  • Pourquoi un Big Four ?
  • Pourquoi « notre » Big Four ?
  • Donnez 3 qualités/défauts.
  • Avez-vous connaissance de nos dernières opérations dans notre métier ?

Pour ce qui est des entretiens techniques, notamment en TS et M&A, la plateforme gratuite Trainy (du média Planète Grandes Écoles) est tout à fait adaptée.

 

Pourquoi avoir choisi ce secteur d’activité ? 

Pour un étudiant venu de l’expertise comptable, le monde des chiffres reste une seconde nature ! C’est avant tout l’analyse financière et plus globalement la réalisation d’une mission à forte valeur ajoutée qui m’ont motivé à intégrer l’équipe VBM de PwC Deals. Ce métier m’intéressait par son côté quantitatif, je voulais donc tout simplement tenter cette expérience. A posteriori, mon stage a confirmé ma perception de ce métier comme une option viable en tant que carrière après ma diplomation.

 

 

Comment définiriez-vous votre poste actuel de Valorisation & Business modeling concrètement ? Et, à quoi ressemble votre quotidien ? 

Nous intervenons souvent comme un support des équipes d’audit pour des problématiques purement financières : revue des paramètres de l’évaluation d’actions dans le cadre de stock-options, test de dépréciation du Goodwill, établissement du PPA (allocation du prix d’acquisition).

Nous sommes aussi sollicités pour évaluer des sociétés, recourant notamment aux méthodes classiques d’évaluation (DCF, multiples boursiers et transactionnels). Je considère que la majorité de nos missions impliquent toujours une revue du Business Plan, pour lequel nous effectuons une revue arithmétique afin d’écarter le risque d’erreur de calcul. Il est courant que nous proposions un BP modifié, où nous estimerions que les hypothèses de croissance du chiffre d’affaires sont peu prudentes, ou tout simplement si l’on constate des incohérences, notamment en année normative.

 

Le mot de la fin

J’encourage tout étudiant de considérer une candidature pour un Programme Grande École, notamment celui de l’emlyon ! Cette institution d’exception offre une pléthore d’opportunités tant sur le plan professionnel que dans le domaine des échanges universitaires, sans oublier l’enrichissement inestimable de la vie associative. On ne peut sortir que grandi de ce parcours, bon courage aux candidats désireux d’intégrer le top 5 !

 

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Je suis Maxime DIGUET, rédacteur en chef adjoint de PGE et je souhaite au travers de mes articles vous partager plein de conseils et astuces.