L’ESC Amiens vise un retour au top : zoom sur son plan stratégique 2030
ESC Amiens vise un retour au top. Après une décennie de reconstruction, l’école de management picarde a obtenu en juillet 2026 son grade de master, une reconnaissance délivrée par la CEFDG qui vient clore une longue traversée du désert. Mais ce jalon n’est que la première étape d’un plan stratégique bien plus large, baptisé « Ancrage et engagement », qui doit porter l’école jusqu’en 2030 avec un budget doublé, de nouveaux labels et un objectif affiché de 1 000 étudiants.
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Le grade de master, socle du redressement
ESC Amiens avait perdu son grade de master en 2014, à la suite de l’échec de France Business School (FBS), le projet de fusion qui devait rapprocher plusieurs écoles de management régionales. Depuis, l’établissement a mené un travail de reconstruction porté par l’ensemble de sa communauté et de sa gouvernance, jusqu’à l’obtention du grade de master en juillet 2026 pour son Programme Grande École.
Pour la présidence de la CCI Amiens, qui accompagne l’école dans ses démarches, ce dossier a été l’une des priorités absolues des dernières années : la reconquête du grade est décrite en interne comme une victoire collective, après une période où l’affaiblissement de l’école avait rejailli sur les entreprises du territoire, confrontées à des difficultés de recrutement local.
L’établissement compte aujourd’hui 700 étudiants, dont 400 en présentiel, et 11 000 alumni. Son modèle, à taille humaine, s’articule autour de la professionnalisation, avec 47 % d’apprentis, et de l’ouverture internationale, avec 24 % d’étudiants internationaux.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Étudiants | 700 (dont 400 en présentiel) |
| Alumni | 11 000 |
| Apprentis | 47 % |
| Étudiants internationaux | 24 % |
| Impact économique territorial (étude BSIS 2023) | 32 millions d’euros |
| Budget de l’école | de 4 à 8 millions d’euros |
| Investissement recherche | 6 millions d’euros sur 10 ans |
Un plan stratégique « Ancrage et engagement » pour un retour au top d’ici 2030
Le grade obtenu, ESC Amiens engage la suite de sa reconstruction. D’ici 2030, l’école vise une série de labels et d’accréditations : le label DD&RS (développement durable et responsabilité sociétale), le statut EESPIG, le renouvellement de l’étude BSIS en 2027, le label « Bienvenue en France » qui facilite l’accès aux visas pour les étudiants internationaux, et une accréditation internationale EFMD Global.
Stephan de Butler d’Ormont, président de l’ESC Amiens, ancien de l’école et chef d’entreprise dans le secteur de la santé, résume l’ambition : transformer l’obtention du grade de master en projet dynamique pour les étudiants et pour le territoire. L’école a investi 6 millions d’euros sur dix ans dans sa politique de recherche et prévoit de porter son budget global de 4 à 8 millions d’euros.
Sur le volet croissance, l’établissement se projette vers 2030 avec un objectif de 1 000 étudiants, contre 700 aujourd’hui. Pour y parvenir, l’école mise d’abord sur un travail de fond auprès des lycées locaux, dans un contexte de baisse démographique de la population jeune. Elle vise aussi une ouverture internationale renforcée, avec un objectif de 30 % d’étudiants internationaux et un intérêt particulier pour l’Inde, ainsi qu’un recrutement élargi en admissions sur titre auprès des étudiants d’IUT.
L’établissement met en avant sa capacité à accueillir des jeunes qui n’ont pas toujours les moyens d’étudier loin de chez eux mais qui ont les capacités de suivre des études supérieures, dans un territoire que l’école décrit elle-même comme économiquement fragile par endroits.
Une école pensée comme un rempart contre la fuite des talents
Au-delà du diplôme, ESC Amiens se positionne comme un acteur d’ancrage économique pour les Hauts-de-France. Selon les équipes de l’école, une Grande École constitue le terreau économique d’un territoire et un rempart contre la fuite des talents vers les grandes métropoles. L’établissement a mis en place une cellule d’accueil pour les nouveaux arrivés à Amiens, à l’origine pensée pour les recrutements de l’école et depuis ouverte à toutes les entreprises du territoire : elle a accompagné 638 familles cette année, notamment pour l’emploi du conjoint, un dispositif qui a par exemple bénéficié à un cadre P&G venu s’installer avec sa famille.
Philippe Hermet, président des Alumni d’ESC Amiens, met en avant un système de coaching où les anciens accompagnent les étudiants, complété par un réseau d’ambassadeurs organisé par région. Résultat : 60 % des diplômés travaillent sur le territoire six mois après l’obtention de leur diplôme. L’association travaille désormais sur un programme dédié aux jeunes diplômés pour renforcer leur réseau professionnel.
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ESC Amiens mise sur les soft skills, hard skills et l’intelligence artificielle
La reconnaissance de la CEFDG s’appuie sur une approche pédagogique qui dépasse la seule transmission de connaissances. Au-delà des hard skills (fondamentaux de gestion, prise de décision), ESC Amiens structure ses parcours autour des soft skills (empathie, agilité, collaboration) et des mad skills, c’est-à-dire tout ce qui se joue en dehors du campus (engagements associatifs, artistiques ou sportifs). L’école revendique un ratio de 25 étudiants pour un membre du personnel administratif, gage d’un suivi individualisé poussé : c’est, selon elle, son ADN historique d' »école de la personnalité ».
En 2025, l’établissement a mis en place le Certificate of Soft Skills (COSS), un dispositif qui intègre directement les compétences comportementales et extrascolaires dans les crédits ECTS : 75 000 feedbacks ont été enregistrés et 650 compétences certifiées lors de sa première année d’utilisation.
Face à la généralisation de l’intelligence artificielle dans tous les cursus, l’école forme ses futurs managers au discernement et à l’esprit critique, afin qu’ils soient capables d’évaluer et d’analyser les contenus générés par l’IA : l’humain doit toujours prévaloir.
Une recherche tournée vers le risk management
ESC Amiens revendique une identification croissante sur le risk management (risques psychosociaux, risques consommateurs), un domaine où l’école a une histoire ancienne : selon ses équipes, le tout premier risk manager formé en France dans les années 1970 était issu de l’école, avant de partir aux États-Unis faute de débouchés suffisants dans l’Hexagone à l’époque. Aujourd’hui encore, les Hauts-de-France ne compteraient qu’une vingtaine de risk managers en poste.
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Un ancrage territorial fort et une ouverture européenne
Selon l’étude BSIS de 2023, dont le renouvellement est prévu en 2027, l’impact économique direct et indirect de l’école sur son territoire dépassait déjà 32 millions d’euros. Pour la présidence de la CCI Amiens, le grade de master devrait naturellement ramener des étudiants locaux, de la ville et des départements limitrophes.
Le président de l’école souligne par ailleurs les transformations en cours à Amiens, avec l’arrivée du TGV, dans une ville qu’il décrit comme agréable à vivre, dans un environnement correct et peu coûteux comparé aux grandes métropoles.
L’ouverture internationale se poursuit avec 34 partenaires internationaux, dont un accord avec un établissement italien portant sur cinq places en double diplôme.
Sur le plan académique, l’école développe aussi ses liens avec l’enseignement public : le ministère encourage les rapprochements entre établissements publics et privés, et des discussions sont en cours entre ESC Amiens et l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) pour construire des parcours transversaux, potentiellement avec l’IAE, sur la recherche et les projets communs. Les 12 étudiants chercheurs d’ESC Amiens sont d’ores et déjà rattachés à l’université.
Questions fréquentes sur ESC Amiens et son plan stratégique 2030
Pourquoi ESC Amiens avait-elle perdu son grade de master ?
L’école avait perdu son grade de master en 2014, à la suite de l’échec du projet de fusion France Business School (FBS), qui devait rassembler plusieurs écoles de management régionales.
Qu’est-ce que le plan stratégique « Ancrage et engagement » d’ESC Amiens ?
C’est le plan qui doit porter l’école jusqu’en 2030 : nouveaux labels (DD&RS, EESPIG, Bienvenue en France, EFMD Global), budget porté de 4 à 8 millions d’euros, et objectif de 1 000 étudiants contre 700 aujourd’hui.
Qu’est-ce que le Certificate of Soft Skills (COSS) d’ESC Amiens ?
Mis en place en 2025, le COSS intègre les compétences comportementales et extrascolaires directement dans les crédits ECTS des étudiants, sur la base de feedbacks et de compétences certifiées tout au long du cursus.
Quel est l’impact économique d’ESC Amiens sur son territoire ?
Selon l’étude BSIS de 2023, dont le renouvellement est prévu en 2027, l’impact économique direct et indirect de l’école sur les Hauts-de-France dépassait déjà 32 millions d’euros.
Ce qu’il faut retenir
Fondée sous statut associatif, ESC Amiens est la seule Grande École de management implantée au sud des Hauts-de-France. Avec son grade de master retrouvé, un budget appelé à doubler et une série de labels visés d’ici 2030, l’école engage un véritable retour au top : celui d’un établissement qui assume son rôle de rempart économique pour son territoire tout en élargissant son ambition internationale.


