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 Rencontre avec Alice Guilhon : Classements, ambitions, excellence, développement mondial…

Rencontre avec Alice Guilhon : Classements, ambitions, excellence, développement mondial…

À la tête de l’une des business schools françaises les plus innovantes, Alice Guilhon pilote SKEMA avec une vision ambitieuse et résolument internationale. Développement mondial, nouveau campus à Dubaï, hybridation des compétences, employabilité, apport des prépas… Elle revient avec nous sur les grandes orientations stratégiques de son école et les mutations en cours dans l’enseignement supérieur. Une interview exclusive avec une dirigeante qui façonne le futur de la formation managériale !

 

Lire plus : Ouverture d’un nouveau campus SKEMA à Dubaï

 

Bonjour Alice Guilhon, pouvez-vous nous parler de votre parcours jusqu’à la direction de SKEMA ?

Bonjour ! Je suis issue d’une famille d’universitaires et j’ai grandi en Tunisie, où j’ai notamment appris l’arabe. Mon parcours académique m’a conduite à obtenir un doctorat en sciences de gestion à l’Université de Montpellier en 1993 puis une HDR (Habilitation à Diriger les Recherches) en 1998 au sein de la même université. Je suis également auditrice de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice devenu IHEMI et de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN).

J’ai commencé ma carrière universitaire en tant que maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille, où j’ai dirigé le département Transport et Logistique de 1994 à 2000.

En 2000, j’ai rejoint le CERAM Business School à Sophia Antipolis en tant que doyenne de la recherche. J’y ai occupé plusieurs postes de direction : doyenne de la faculté, directrice adjointe, puis directrice générale de 2007 à 2009.

En 2009, j’ai orchestré la fusion du CERAM avec l’ESC Lille, donnant naissance à SKEMA Business School, dont je suis la directrice générale depuis sa création.

 

SKEMA se démarque aujourd’hui comme une école globale. Quelles sont les spécificités de votre modèle ?

Dès sa création en 2009, SKEMA a fait le choix d’un modèle inédit dans le paysage français : une école multinationale, inspirée des stratégies des grandes entreprises mondiales. Cette glocalisation – penser global, agir local – est notre première singularité. Nous avons créé une structure où tous nos campus à l’international sont intégrés dans une seule et même entité, avec une gouvernance unifiée.

Deuxième spécificité : Notre approche pédagogique repose sur une hybridation poussée des compétences. Nous ne formons pas seulement des managers, mais des talents capables de naviguer dans un monde complexe. Nos programmes croisent intelligence artificielle, géopolitique, design, durabilité, performance… Ce sont des étudiants hybrides, connectés au monde, que nous préparons.

Troisièmement, nos programmes sont multi-sites : un étudiant peut commencer un parcours à Paris, puis poursuivre à Raleigh, Belo Horizonte ou Dubaï. Cette mobilité enrichit profondément leur parcours.

Enfin, notre écosystème est mondial. Nos services – incubateurs, équipes de carrière, accompagnement pédagogique – sont présents sur tous les continents. Même notre équipe entrepreneuriat est répartie sur l’ensemble de nos campus. Cela fait de SKEMA une véritable école-monde.

 

Vous avez développé SKEMA sur plusieurs continents. Quelle est votre stratégie internationale aujourd’hui ?

Notre ADN est international et notre ambition est claire : Couvrir les grands hubs économiques mondiaux. Nous avons aujourd’hui des campus en Afrique, en Chine, au Brésil, aux États-Unis, et plus récemment au Moyen-Orient avec l’ouverture à Dubaï.

Nous travaillons sur deux axes : renforcer la présence de la marque SKEMA à l’échelle locale et développer des programmes adaptés aux besoins régionaux. Par exemple, nous lançons des formations dans la langue locale dans certains pays, pour mieux répondre aux attentes spécifiques des étudiants et entreprises. Ceci nous permet de recruter de plus en plus d’étudiants locaux, au Brésil, aux Etats-Unis, en Chine, aux Emirats également…

À l’horizon de cinq ans, nous devrions passer la barre des 70 % d’étudiants internationaux. C’est une belle évolution qui renforce le rayonnement de notre modèle d’excellence, tout en plaçant la France comme pilier de ce réseau mondial.



L’ouverture récente du campus de Dubaï marque une nouvelle étape. Pourquoi ce choix stratégique ?

Dubaï s’est imposé naturellement comme une évidence. Les Émirats sont au cœur d’une région en forte croissance, avec un positionnement géographique unique, entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. C’est un carrefour culturel, économique, et politique majeur. Notre objectif est de créer des campus “where things are happening” : à l’époque, c’était le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie… Aujourd’hui, les Emirats concentrent de nombreuses opportunités professionnelles, une qualité de vie très attractive et un engagement fort pour l’éducation.

Nous avons observé une montée en puissance rapide de notre communauté alumni sur place : de 30 diplômés il y a quelques années, nous sommes passés à 900 aujourd’hui. D’ailleurs, parmi les directeurs incontournables de notre campus dubaïote figure notamment Alexis Lecanuet, diplômé SKEMA et ex-CEO d’Accenture Middle East, qui a une connaissance très riche de cette zone géographique et de ses réseaux d’affaires.

Nos discussions avec les autorités locales, très investies sur les sujets éducatifs, ont facilité l’implantation. Et nous constatons déjà des flux nouveaux : par exemple, des étudiants brésiliens choisissent SKEMA Dubaï pour poursuivre leurs études et construire leur carrière !



SKEMA affiche d’excellents résultats en matière d’insertion professionnelle. Quels sont vos leviers pour favoriser l’employabilité ?

Nous avons structuré notre approche autour de hubs locaux d’entreprises, qui nous aident à construire des parcours ancrés dans les réalités économiques régionales. Aux Emirats, en Chine, au Brésil, les besoins des entreprises diffèrent : nous adaptons nos offres en conséquence – supply chain, finance, conseil, audit…

Nos équipes sur le terrain travaillent au quotidien avec les entreprises pour tisser des liens solides. Cela nous permet de nouer des partenariats avec des grands groupes sur plusieurs continents, comme Microsoft, présent à la fois en France, aux États-Unis ou en Chine.

Cela se traduit par une forte employabilité, avec des débouchés dans des secteurs comme la finance, le luxe, la tech, mais aussi dans le conseil en stratégie et de plus en plus dans les métiers liés à l’IA et au digital.

 

Lire plus : CV projectif SKEMA – L’exemple de Pierre-Jules (20/20)

 

SKEMA grimpe dans les classements. Comment expliquez-vous cette dynamique ?

Ces bons résultats sont le fruit d’un travail patient et structuré. Les classements valorisent la sélectivité, l’employabilité, la dimension internationale… Nous récoltons aujourd’hui les fruits d’un pari audacieux lancé dès 2009. À l’époque, fusionner deux écoles pour créer un nouveau modèle global, avec une implantation multi-continentale et une structure de gouvernance unifiée, relevait presque de la science-fiction dans le paysage de l’enseignement supérieur français.

Nous avons investi massivement dans la qualité académique, dans la recherche, dans le développement de nos campus internationaux, et dans l’hybridation des compétences. Aujourd’hui, ces efforts sont reconnus. Les étudiants que nous attirons sont de plus en plus brillants, les entreprises partenaires nous sollicitent sur des projets stratégiques et nos diplômés performent partout dans le monde.

Les classements sont une photographie à un instant donné, mais ce qui m’importe le plus, c’est la trajectoire. Et la trajectoire de SKEMA est ascendante, cohérente, et surtout durable.

RAPPEL : Pour la première fois de son histoire, la barre d’admissibilité de SKEMA aux concours BCE a franchi 11/20, faisant de cette école une des plus sélectives au sein de la banque dédiée aux prépas EC & Littéraires ! 

 

Vous êtes très impliquée dans les réflexions sur le modèle Grande École. Quelle est votre vision pour son avenir ?

Le Programme Grande École est une singularité française, sans équivalent direct à l’international. Il repose sur un triptyque puissant : culture générale et humanités, professionnalisation, et ouverture au monde. Nous devons continuer à le valoriser.

Mais ce modèle est aussi parfois mal compris hors de France, notamment le passage par les classes préparatoires, perçu comme coûteux ou élitiste. Il nous faut donc le faire évoluer, sans renier ce qui fait sa force.

 

Justement, pourquoi restez-vous attachée aux classes préparatoires ?

Parce que les prépas apportent une rigueur intellectuelle et une capacité d’analyse exceptionnelles. Elles tirent vers le haut le niveau des écoles et sont indissociables de l’excellence du modèle Grande École. Elles méritent d’être défendues, tout en les ouvrant davantage à la diversité des talents.

 

Pour finir en beauté… Quelle a été votre plus grande fierté depuis votre arrivée à SKEMA ?

Sans hésiter : la réussite de la fusion entre le CERAM et l’ESC Lille. C’était un pari audacieux, un défi humain et organisationnel immense. Trois ans après, j’ai su que nous avions franchi un cap.

Et puis, il y a ce moment où des gens me disent : “C’est toi qui as créé SKEMA ?” Ce regard, cette reconnaissance… c’est ce qui me touche le plus.