- AUDENCIA INTERVIEWS SÉLECTION
- Noely Delabia
- 2 juin 2025
Prépas, alternance, IA : Denis Boissin nous dit tout sur les ambitions d’Audencia
Comment repenser l’expérience étudiante, conjuguer excellence académique et ouverture internationale, ou encore faire des associations un levier de professionnalisation ?
Rencontre avec Denis Boissin, Directeur des programmes à Audencia, qui partage avec Planète Grandes Écoles sa vision de l’enseignement supérieur, son parcours multiculturel et les ambitions d’Audencia pour rester une école de référence !
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Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et revenir sur les grandes lignes de votre parcours professionnel et académique ?
Je m’appelle Denis Boissin. Je suis actuellement directeur des programmes en formation initiale à Audencia. Cela fait désormais 25 ans que j’évolue dans l’enseignement supérieur en école de management, mais c’est ma première année au sein d’Audencia. Par ailleurs, je suis professeur en sciences économiques.
Vous avez occupé des responsabilités importantes à SKEMA. Quels enseignements clés retenez-vous de cette expérience ?
J’ai eu un parcours progressif : j’ai d’abord enseigné en tant que professeur externe, ce qu’on appelle un vacataire, avant de devenir professeur permanent. Par la suite, j’ai dirigé plusieurs types de programmes : un Mastère Spécialisé®, un MSc, un Bachelor, ainsi que le Programme Grande École, à la fois sur un campus en France et sur un campus en Chine. Cette diversité d’expériences m’a permis de travailler avec des publics très variés : des lycéens jusqu’à des étudiants en master spécialisé. C’est une richesse d’avoir pu accompagner ces profils différents, mais aussi d’avoir pu développer une vraie expertise multi-campus.
C’est d’ailleurs une réalité à Audencia avec des campus en Chine, au Brésil, ou en Australie dont nous sommes très fiers, mais aussi en France : à Nantes, à Paris (Saint-Ouen), et à La Roche-sur-Yon. Cela suppose une capacité à diriger à distance, à collaborer avec des équipes réparties sur plusieurs sites. Ce qui caractérise mon approche, c’est surtout une forte présence sur le terrain. J’accorde une grande importance à l’écoute : celle des étudiants pendant leur cursus, mais aussi après, lorsqu’ils deviennent jeunes diplômés et peuvent porter un regard critique, avec davantage de recul, sur ce qu’ils ont vécu. J’échange également beaucoup avec les équipes opérationnelles.
Vous avez aussi une solide expérience à l’étranger, notamment en Chine et au Brésil. Quelles leçons tirez-vous de ces expériences pour guider le développement des programmes d’Audencia à l’international ?
Je suis particulièrement sensible à l’idée que la culture dans laquelle on a grandi ne constitue pas l’unique prisme pour appréhender le monde. Accueillir des étudiants venus du monde entier est, à ce titre, extrêmement enrichissant. J’ai eu la chance de travailler plus de trois ans en Chine, et cette expérience m’a permis de constater à quel point les schémas pédagogiques peuvent varier d’une culture à une autre. Cela m’a appris que, dans nos enseignements, nous devons être capables de concilier des attentes très différentes selon les origines culturelles des étudiants.
Plus largement, cette immersion à l’international m’a convaincu d’une chose essentielle : il est indispensable que les étudiants apprennent à sortir de leur zone de confort, en allant à la rencontre du monde et de ses différences !
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L’attractivité auprès des étudiants de classes préparatoires est un enjeu majeur pour Audencia. Quelles actions concrètes envisagez-vous pour renforcer cette attractivité ?
L’attractivité des classes préparatoires est une évidence pour nous. La maquette de notre Programme Grande École a été pensée spécifiquement pour les étudiants issus de classes prépas.
En première année, les enseignements s’appuient directement sur les acquis de la classe préparatoire, notamment pour les profils issus des voies économique et littéraire. Nous donnons des cours en humanités et en culture générale, deux dimensions qui nous tiennent particulièrement à cœur à Audencia. Ces enseignements s’inscrivent pleinement dans la continuité pédagogique de la prépa, et nous y voyons un levier fort de cohérence et d’enrichissement pour les étudiants.
Aussi, nous renforcerons cet engagement à compter de septembre 2026 en dédiant la première année du Programme Grande Ecole exclusivement aux préparationnaires. Nous arrêterons le recrutement en intégration en admission sur titre en pré-master (L3). La première année sera pensée intégralement en continuum CPGE-GE.
Audencia souhaite élargir son portefeuille de formations, notamment sur le campus de Saint-Ouen. Quels sont les nouveaux domaines ou spécialisations que vous ciblez ?
À titre d’exemple, nous ouvrons une spécialisation dédiée aux métiers du sport sur l’un de nos programmes post-bac.
Concernant le Programme Grande École, nous avons opéré une délocalisation de certains parcours historiquement basés à Nantes vers notre campus de Paris, notamment toutes les formations en finance en apprentissage, désormais proposées dans la capitale.
Notre logique de développement repose sur une volonté claire : renforcer l’ancrage territorial. Il est essentiel que nos programmes et nos spécialisations fassent sens dans les territoires où ils sont implantés. C’est une condition indispensable pour répondre aux besoins locaux et créer de la valeur sur chaque campus.
Le marché de l’enseignement supérieur évolue vite : IA… Comment adaptez-vous les programmes d’Audencia à ces nouvelles exigences ?
Nous renforçons la place de l’intelligence artificielle non seulement dans nos programmes académiques, mais également dans la vie étudiante au sens large. Il est important de rappeler qu’un programme ne se résume pas à des cours, ce serait réducteur. La vie associative, les expériences professionnelles, et plus largement toute la vie sur le campus jouent un rôle fondamental dans la formation.
C’est pourquoi nous intégrons progressivement l’IA dans l’ensemble de ces dimensions. Ensuite, bien sûr, elle trouve aussi sa place dans les enseignements. Nous savons que les étudiants l’utilisent déjà dans leur quotidien. Pour ma part, je m’en sers également en tant que manager : c’est un véritable gain de temps.
Mais attention : L’intelligence artificielle n’est pas infaillible. Il est essentiel de conserver un esprit critique, de relire les résultats, de les questionner, et surtout d’y ajouter sa propre touche, son humanité.
Dans un paysage des business schools de plus en plus concurrentiel, sur quels axes différenciants misez-vous pour faire rayonner Audencia à l’échelle nationale et internationale ?
Nous avons identifié quatre axes forts qui différencient Audencia.
- Le premier est historique : c’est la place centrale accordée à la culture et aux humanités dans nos programmes. Sur le plan philosophique, c’est un marqueur fort de notre identité, et de nombreux étudiants choisissent Audencia précisément pour cette raison.
- Le deuxième repose sur la richesse de notre écosystème académique. Nous disposons notamment de SciencesCom, notre école de communication, la seule école privée dans ce domaine à être visée par le Ministère depuis plus de 40 ans. Cela permet à nos étudiants de passer de la formation en management à des spécialisations en communication. Nous avons également créé l’École Gaïa, notre école de la transition, qui propose des parcours dédiés, alimente nos enseignements et offre aux étudiants l’opportunité de s’engager dans des projets concrets. Ainsi, les enjeux de la transition sont pleinement intégrés dans l’ensemble de nos enseignements, qu’il s’agisse de finance, de marketing ou d’autres disciplines.
- Troisième axe fort : notre vision de l’international. Nous comptons plus de 250 partenaires de très haut niveau, dont Harvard ou encore Stanford. L’excellence académique, qui est au cœur de notre projet, se décline donc aussi à l’échelle mondiale. Notre approche repose sur des campus collaboratifs et des partenariats stratégiques : nous envoyons nos étudiants par petits groupes, afin de favoriser leur intégration locale et leur immersion dans des environnements multiculturels.
- Enfin, notre quatrième pilier est le parcours multi-compétences (Le parcours multi-compétences d’Audencia permet aux étudiants de combiner le management avec une autre discipline via des doubles diplômes. Il forme des profils hybrides recherchés par les entreprises). Au-delà de nos nombreux partenaires internationaux en sciences de gestion, nous collaborons aussi avec une trentaine d’institutions spécialisées dans d’autres domaines : jeux vidéo, sciences politiques… En France, ce sont une cinquantaine de partenariats supplémentaires (en Droit, en Lettres, en Sciences Politique, en Ingénierie…) qui nous permettent d’offrir une diversité de compétences unique, véritable levier de différenciation pour nos étudiants.
Vous communiquez régulièrement sur l’importance des associations étudiantes comme vecteurs de professionnalisation. Quel rôle jouent concrètement les assos dans l’expérience étudiante à Audencia ?
J’ai été véritablement impressionné en arrivant à Audencia par la qualité, l’ampleur et le professionnalisme des événements organisés. Récemment, j’ai eu l’occasion d’échanger avec 16 étudiants issus de quatre associations différentes. Ils m’ont présenté leurs actions, notamment ce projet qui les conduit chaque jeudi après-midi dans des établissements scolaires défavorisés, auprès d’élèves de primaire pour les accompagner bénévolement dans l’apprentissage de l’écriture et du français.
Peu importe l’envergure des projets, ce qui m’a frappé, c’est l’engagement profond des étudiants et les valeurs qu’ils portent. À côté de cela, plus d’une centaine d’étudiants travaillent ensemble sur une comédie musicale. J’ai assisté au spectacle, et je peux dire que le niveau était tout simplement professionnel.
J’ai beaucoup de respect pour l’humilité, mais je trouve que les associations d’Audencia sont parfois trop discrètes sur ce qu’elles accomplissent. C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi de mettre en avant ces initiatives sur mon compte LinkedIn.
L’employabilité est un critère décisif pour les candidats. Comment Audencia soutient-elle ses étudiants dans leur insertion professionnelle, notamment via l’alternance ?
Plusieurs dispositifs sont mis en place pour favoriser l’employabilité de nos étudiants. Il y a évidemment l’apprentissage qui suscite une forte demande auprès des étudiants.
Ensuite, nos relations avec les entreprises et notre réseau d’alumni sont des leviers essentiels. Ils sont fortement mobilisés, en lien étroit avec notre service carrière, qui accompagne les étudiants tout au long de leur parcours. C’est également dans ce cadre que nous cherchons à rester en phase avec les évolutions du marché, notamment en intégrant des outils d’intelligence artificielle pour optimiser le “matching” entre les offres de stage ou d’emploi et les profils des étudiants. Au sein du service carrière, les étudiants peuvent également bénéficier d’un accompagnement personnalisé avec des coachs dédiés.
Notre lien avec le monde professionnel est solide : les forums emploi que nous organisons attirent un grand nombre de recruteurs/étudiants. À Nantes, notre ancrage historique joue un rôle fort et les entreprises du territoire apprécient particulièrement les profils d’Audencia. Que ce soit en Loire-Atlantique ou en Vendée, plusieurs groupes nationaux, voire internationaux, accueillent chaque année de nombreux étudiants issus de nos formations. C’est notamment le cas de Maisons du Monde, dont le berceau est situé dans la région.
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Enfin, quel message souhaiteriez-vous adresser aux futurs candidats qui hésitent encore à franchir le pas vers Audencia ?
Il n’existe pas de réponse toute faite. J’invite les candidats et les étudiants à être vigilants dans leur choix d’école. Trop souvent, ils se fient aux classements sans prendre de recul. Or, les critères utilisés peuvent correspondre à certains profils… et pas du tout à d’autres. Ce que je regrette, c’est ce manque d’esprit critique et de maîtrise du sujet : il est essentiel de s’interroger sur la méthodologie des classements pour identifier ceux qui reflètent vraiment ses priorités.
Pour répondre à cette question — « quelle école est faite pour moi ? » — il faudrait presque un cahier des charges, pour savoir ce que chacun recherche précisément. Aucune école n’est excellente dans tous les domaines; il suffit de creuser.
Et pour cela, le meilleur réflexe reste encore de contacter des étudiants. Envoyez-leur un message : leur retour d’expérience sera bien plus précieux et authentique que n’importe quelle plaquette ou discours institutionnel. Bon courage !
Merci à Denis Boissin pour son précieux témoignage.
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