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Baisse du prix du paracétamol de 13 % : pourquoi les industriels français s’y opposent
La baisse du prix du paracétamol de 13 % envisagée par l’État pour le 1er janvier 2027 oppose le gouvernement aux industriels qui relocalisent la production du principe actif en France. Le Comité économique des produits de santé (CEPS) propose de faire passer le prix fabricant hors taxe d’une boîte de 0,76 euro à 0,66 euro, soit 10 centimes de moins. Opella, UPSA et le chimiste Seqens jugent cette trajectoire contradictoire avec l’objectif de souveraineté sanitaire affiché depuis 2020. Derrière ces dix centimes se joue un arbitrage entre économies pour l’Assurance maladie et survie d’une filière industrielle.
Selon Europe 1, la mesure concerne un médicament consommé massivement : plus de 420 millions de boîtes ont été remboursées en 2025. Pour le grand public, la boîte coûte 2,18 euros en pharmacie, marges des grossistes et des pharmaciens comprises.
Ce que prévoit la baisse du prix du paracétamol en 2027
Un prix fabricant de 0,76 à 0,66 euro
Selon Santé Matin, le CEPS propose une réduction de 13,04 % du prix fabricant hors taxe du paracétamol pour 2027, qui n’a pas changé depuis 2015. D’après Politique Matin, les laboratoires ont reçu le courrier du comité le 17 juillet 2026. Le projet s’inscrit dans la préparation du budget de la Sécurité sociale 2027, dans un contexte de recherche d’économies sur le médicament.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Prix fabricant hors taxe actuel (boîte de 8 comprimés de 1 g) | 0,76 euro | Econostrum |
| Prix fabricant proposé au 1er janvier 2027 | 0,66 euro | Santé Matin |
| Baisse | 13,04 % | Santé Matin |
| Prix public en pharmacie | 2,18 euros | Europe 1 |
| Boîtes distribuées (juillet 2024 à juin 2025) | 430,3 millions | Santé Matin |
| Dépense annuelle de l’Assurance maladie | 371,6 millions d’euros | Santé Matin |
Quelles économies pour l’Assurance maladie ?
Les estimations divergent. Selon Santé Matin, le CEPS avance jusqu’à 30 millions d’euros d’économies par an, tandis que les laboratoires évaluent le gain à 15 à 20 millions d’euros. La dépense de 371,6 millions d’euros représente 1,1 % des 33,5 milliards d’euros de médicaments remboursés, d’après la même source. L’enjeu budgétaire reste donc limité à l’échelle des comptes sociaux, ce qui nourrit le débat. Pour replacer ces montants dans l’ensemble de la trajectoire des finances publiques, notre dossier sur le budget 2027 : déficit, dette, épargne, retraites détaille les grandes lignes du projet gouvernemental.
Pourquoi les industriels s’opposent à la baisse du prix du paracétamol
Une production française plus coûteuse
La fabrication du principe actif avait quitté la France en 2008, rappelle Econostrum. Selon les industriels cités par Europe 1, produire en France coûte environ 60 % de plus qu’en Asie. Un prix fixe en vigueur depuis 2020 devait compenser ce surcoût, d’après Social Mag. Opella et UPSA estiment qu’un prix de 0,86 euro par boîte serait nécessaire pour équilibrer l’opération, selon Santé Matin, et réclamaient une hausse de 10 à 15 %.
Une relocalisation annoncée par l’État en 2020
Politique Matin rappelle qu’Emmanuel Macron a annoncé la relocalisation de la production de paracétamol le 17 juin 2020, sur le site Sanofi de Marcy-l’Étoile. L’usine de Seqens, à Roussillon en Isère, doit produire le principe actif, avec une mise sur le marché des premières boîtes début 2027. Opella et UPSA ont investi respectivement 36 et 17 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 70 millions d’euros de financement de l’État, selon Santé Matin. Le total avoisine 140 millions d’euros avec les aides publiques, d’après Politique Matin.
Le groupe Opella, ancienne branche santé grand public de Sanofi, illustre l’ampleur du mouvement industriel autour du médicament en France, que nous avions évoqué à propos du cluster pharmaceutique de La Défense.
Lire plus : La Défense se transforme en cluster pharmaceutique avec l’arrivée de Sanofi
La position des acteurs
Selon Europe 1, un porte-parole d’UPSA a jugé la mesure insensée, à l’opposé de ce que les industriels demandaient. D’après Politique Matin, un porte-parole d’Opella l’a qualifiée d’incompréhensible. Selon Parlons Politique, Ségolène de Marsac, présidente d’Opella France, juge la proposition incompatible et contradictoire avec les objectifs de réindustrialisation. Le Quotidien du Pharmacien indique que les industriels ont été reçus à Bercy le 22 juillet.
Les enjeux pour les pharmacies, l’emploi et l’approvisionnement
Un risque de retour aux importations asiatiques
Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, estime que la décision ne va pas dans le bon sens, selon Social Mag. Il alerte sur la disponibilité des produits et sur la fragilité des officines. Selon Politique Matin, il craint un retour des laboratoires vers les approvisionnements asiatiques si la baisse est appliquée. Environ 80 % des matières premières provenaient d’Asie avant la relocalisation, d’après la même source.
Cette dépendance rappelle d’autres vulnérabilités stratégiques, comme celle étudiée dans notre analyse sur la dépendance pétrolière du monde.
L’emploi en jeu à Agen
Le site UPSA d’Agen, où sont fabriquées les boîtes d’Efferalgan et de Dafalgan, emploie 1 600 personnes, selon Politique Matin. D’après Social Mag, ces emplois seraient menacés en cas de dégradation de l’équilibre économique, et des élus du Lot-et-Garonne ont écrit au Premier ministre pour exprimer leurs craintes.
Quelles suites : négociation, report ou recours ?
Le rôle du CEPS
Le CEPS fixe le prix des médicaments remboursables, par convention avec l’entreprise ou, à défaut, par décision, rappelle le cabinet Kohen Avocats. À la date du 8 octobre 2026, la baisse reste un projet rapporté par la presse et aucune décision publiée du comité ne l’acte, d’après la même source.
Les options discutées
Selon Politique Matin, plusieurs scénarios sont évoqués : un report de la baisse, une réduction de son ampleur ou une compensation ciblée. Un moratoire protège le prix du paracétamol contre les baisses et prend fin en décembre 2026, d’après Econostrum, soit le 1er janvier 2027 selon Santé Matin.
Les voies de recours des laboratoires
Selon le cabinet Kohen Avocats, un laboratoire peut d’abord saisir le CEPS d’un recours gracieux, puis contester la décision devant le Conseil d’État par un recours pour excès de pouvoir. Une demande de hausse suit une autre procédure, avec un délai de quatre-vingt-dix jours.
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FAQ
Quelle est la baisse prévue du prix du paracétamol ?
Le CEPS propose de ramener le prix fabricant hors taxe d’une boîte de 0,76 à 0,66 euro au 1er janvier 2027, soit 13,04 %, selon Santé Matin. Le prix public de 2,18 euros inclut les marges des grossistes et des pharmaciens.
Pourquoi les industriels s’y opposent-ils ?
Selon Europe 1, produire le principe actif en France coûte environ 60 % de plus qu’en Asie. Opella et UPSA jugent la baisse contradictoire avec la relocalisation et réclamaient une hausse du prix.
Combien l’Assurance maladie économiserait-elle ?
Jusqu’à 30 millions d’euros par an selon le CEPS, 15 à 20 millions selon les laboratoires, d’après Santé Matin. La dépense annuelle de paracétamol atteint 371,6 millions d’euros.
Où sera produit le principe actif du paracétamol ?
Dans l’usine de Seqens à Roussillon, en Isère, selon Econostrum. Elle doit relancer en 2027 une production quittée en 2008.
La baisse est-elle déjà décidée ?
Au 8 octobre 2026, il s’agit d’un projet. Le cabinet Kohen Avocats précise qu’aucune décision publiée du CEPS ne l’acte.
Ce qu’il faut retenir
- Le CEPS propose de faire passer le prix fabricant du paracétamol de 0,76 à 0,66 euro au 1er janvier 2027 (-13,04 %).
- Opella, UPSA et Seqens jugent la mesure contradictoire avec la relocalisation du principe actif en France, qui coûte environ 60 % de plus qu’en Asie.
- Les économies attendues vont de 15 à 30 millions d’euros par an, pour une dépense annuelle de 371,6 millions d’euros.
- La baisse reste un projet : report, réduction ou compensation sont discutés, et des recours restent ouverts aux laboratoires.