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Comment placer son argent quand on est étudiant ou jeune diplômé ?

Comment placer son argent quand on est étudiant ou jeune diplômé ?

Commencer à gagner ses premiers revenus marque souvent un changement important dans la gestion de son argent. Gratification de stage, alternance, premier CDI ou missions réalisées en parallèle des études : dès que les rentrées d’argent deviennent plus régulières, une question apparaît rapidement. Que faire de l’argent que l’on parvient à mettre de côté ?

L’objectif n’est pas nécessairement de rechercher immédiatement le placement affichant le rendement le plus élevé. Pour un étudiant ou un jeune diplômé, construire une stratégie financière passe d’abord par une bonne gestion de son budget, la constitution d’une épargne disponible puis, éventuellement, par une diversification progressive de ses placements.

 

Commencer par maîtriser son budget

Avant d’investir, encore faut-il réussir à dégager chaque mois une capacité d’épargne. Une étape parfois compliquée lorsque l’on doit simultanément financer son logement, ses transports, ses études et ses dépenses quotidiennes.

Il n’existe pas de montant minimum universel à épargner. Mettre de côté 50 ou 100 euros par mois de manière régulière peut être plus pertinent que de chercher à investir ponctuellement des sommes importantes. L’enjeu est surtout de construire une habitude compatible avec son niveau de revenus.

Pour commencer, il peut être utile de distinguer trois catégories : les dépenses incompressibles, les dépenses variables et l’épargne. Planète Grandes Écoles a d’ailleurs consacré un article aux différentes méthodes permettant de mieux gérer son argent personnel.

Cette logique devient particulièrement intéressante lors de l’entrée sur le marché du travail. Selon l’enquête 2026 de la Conférence des grandes écoles relayée par Planète Grandes Écoles, le salaire brut annuel moyen hors primes des diplômés travaillant en France atteint 39 679 euros pour la promotion 2025.

 

Constituer une épargne de sécurité avant d’investir

Avant de chercher à faire fructifier son argent sur plusieurs années, mieux vaut généralement conserver une somme immédiatement accessible pour absorber les dépenses imprévues : réparation d’un véhicule, changement de logement, caution, période entre deux emplois ou encore dépense médicale.

Les livrets réglementés remplissent notamment cette fonction. Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,7 %. Le LDDS affiche le même taux, tandis que le Livret Jeune, accessible aux 12-25 ans, doit proposer une rémunération au moins équivalente. Les intérêts de ces produits sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

L’intérêt principal de ces supports n’est donc pas de maximiser la performance, mais de conserver une partie de son argent disponible avec un risque limité.

 

Quels placements pour faire travailler son épargne ?

Une fois cette réserve constituée, plusieurs solutions peuvent être envisagées selon son horizon de placement et son niveau d’acceptation du risque.

Certaines personnes recherchent avant tout une valorisation de leur capital sur le long terme, tandis que d’autres souhaitent progressivement obtenir des revenus complémentaires. Pour mieux comprendre les différents investissements susceptibles de générer des revenus réguliers, plusieurs solutions sont détaillées sur ce guide spécialisé.

Il faut cependant garder en tête qu’un rendement plus élevé implique généralement davantage de risque, de volatilité ou une disponibilité plus faible du capital. Les pouvoirs publics rappellent d’ailleurs que les produits d’épargne disposent de caractéristiques très différentes en matière de rémunération, de fiscalité, de plafond et de disponibilité des fonds. Le ministère de l’Économie détaille les principaux produits d’épargne disponibles en France.

 

L’assurance-vie pour investir progressivement

Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, l’assurance-vie n’est pas uniquement un outil de transmission. Elle constitue également une enveloppe permettant d’investir sur différents types de supports.

Un contrat peut notamment comporter un fonds en euros ainsi que des unités de compte investies sur les marchés financiers ou immobiliers. Le niveau de risque dépend alors directement des supports sélectionnés.

Pour un jeune actif disposant d’un horizon de placement relativement long, l’un des intérêts peut être de commencer avec des versements programmés modestes et d’augmenter progressivement leur montant avec l’évolution de ses revenus.

Il faut néanmoins comparer attentivement les frais du contrat : frais sur versement, frais de gestion ou encore frais liés aux supports peuvent réduire significativement la performance sur plusieurs années.

 

Investir en Bourse avec un horizon de long terme

Les marchés financiers représentent une autre possibilité pour faire fructifier son épargne. Actions, ETF ou fonds d’investissement donnent accès à des centaines, voire plusieurs milliers d’entreprises.

La Bourse présente cependant une différence fondamentale avec un livret réglementé : la valeur du capital peut évoluer à la hausse comme à la baisse. Un investissement destiné à financer une dépense prévue dans quelques mois n’a donc généralement pas le même rôle qu’un placement réalisé avec un horizon de dix ou vingt ans.

Le temps joue justement un rôle important. En réinvestissant les gains potentiels, un investisseur peut bénéficier du mécanisme des intérêts composés : les gains réalisés peuvent eux-mêmes produire de nouveaux gains. Commencer jeune permet ainsi d’allonger considérablement la durée pendant laquelle le capital reste investi.

 

Immobilier et SCPI : faut-il nécessairement acheter un appartement ?

L’immobilier est souvent associé à la constitution d’un patrimoine et à la perception de revenus réguliers. Acheter un appartement destiné à la location nécessite toutefois un capital ou une capacité d’emprunt importante, auxquels s’ajoutent les frais d’acquisition, les charges, les travaux et la gestion locative.

Il existe également des formes d’investissement immobilier indirectes, à l’image des SCPI. L’épargnant acquiert alors des parts d’une société qui détient et gère plusieurs actifs immobiliers.

Ce fonctionnement permet d’accéder à l’immobilier avec un montant généralement inférieur à celui nécessaire pour acheter directement un logement. Il ne supprime toutefois pas le risque : rendement et valeur des parts ne sont pas garantis, tandis que leur revente peut prendre du temps.

 

Premier salaire : combien mettre de côté chaque mois ?

Le passage des études au premier emploi constitue souvent le meilleur moment pour revoir son organisation financière. Une augmentation importante des revenus peut rapidement être absorbée par une hausse parallèle du niveau de vie.

La bonne stratégie n’est donc pas nécessairement de déterminer un pourcentage identique pour tous, mais de définir une somme compatible avec ses dépenses et ses projets. Une personne préparant un achat immobilier dans deux ans n’aura pas la même allocation qu’un jeune diplômé investissant pour un objectif situé à quinze ans.

Les niveaux de rémunération à la sortie des grandes écoles peuvent par ailleurs varier sensiblement selon le cursus, le métier ou le secteur. La dernière enquête sur l’insertion des diplômés des grandes écoles permet de mieux situer ces premiers niveaux de salaire.

 

Diversifier plutôt que chercher le placement miracle

Il n’existe pas de placement réunissant simultanément rendement élevé, absence de risque et disponibilité immédiate de l’argent.

Une stratégie patrimoniale se construit donc généralement autour de plusieurs horizons : de l’argent disponible pour les imprévus, une épargne destinée aux projets des prochaines années et, lorsque la situation le permet, des investissements de plus long terme.

Pour un étudiant ou un jeune diplômé, le principal avantage reste le temps. Même avec une capacité d’épargne limitée au départ, commencer tôt, investir régulièrement et augmenter progressivement ses versements peut faire une différence importante sur plusieurs années.

L’essentiel reste néanmoins de comprendre les produits dans lesquels son argent est placé et de ne jamais considérer un rendement comme garanti lorsqu’il ne l’est pas. Avant toute décision importante, il peut également être pertinent de se rapprocher d’un professionnel afin de tenir compte de sa situation personnelle, de sa fiscalité et de ses objectifs.