Classement PISA 2026 : la France chute à son niveau le plus bas, la Chine domine le palmarès mondial
Classement PISA 2026 : la France chute à son niveau le plus bas, la Chine domine le palmarès mondial
L’OCDE a publié ce mardi 8 septembre 2026 les résultats de la neuvième édition de son enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Réalisée auprès de 760 000 élèves dans 91 pays et territoires, cette édition confirme une tendance déjà observée en 2022 : le niveau moyen des élèves français atteint son point le plus bas depuis le lancement de l’enquête il y a plus de vingt ans.
Le classement PISA 2026 – parfois désigné « PISA 2026 » en référence à l’année de sa publication – place la France dans la moyenne de l’OCDE mais sur une pente descendante continue depuis dix ans. Ce recul s’inscrit toutefois dans un mouvement plus large : le niveau moyen des 91 pays et territoires testés est lui aussi en repli sur les trois grandes matières évaluées.
Les résultats de la France au classement PISA 2026
Selon l’OCDE, les élèves français obtiennent un score moyen de 458 points en mathématiques, contre 474 points lors de l’édition 2022, soit un recul de 16 points en trois ans. Ce score place la France au 34e rang sur 91 pays, loin de la moyenne OCDE établie à 463 points.
En compréhension de l’écrit, le score moyen s’établit à 456 points, contre 474 points en 2022 – une baisse de 18 points qui porte la perte cumulée à plus de 40 points en dix ans. La France se classe au 28e rang dans cette matière, pourtant transversale à tous les apprentissages scolaires.
Les sciences résistent mieux : le score moyen recule de 4 points seulement, de 487 à 483 points, plaçant la France autour de la 26e-27e place. C’est la matière où le décrochage français est le moins marqué.
Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE, a résumé la situation en soulignant que la France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE mais que ses scores ne cessent de se dégrader édition après édition.
Ce qu’il faut retenir des trois scores PISA France 2026 :
| Matière | Score France 2026 | Score France 2022 | Évolution | Moyenne OCDE 2026 | Rang France |
| Mathématiques | 458 | 474 | -16 points | 463 | 34e |
| Compréhension de l’écrit | 456 | 474 | -18 points | 461 | 28e |
| Sciences | 483 | 487 | -4 points | 482 | 26e-27e |
Une baisse continue depuis dix ans au PISA, pas un accident isolé
Le repli 2026 n’est pas un phénomène ponctuel. Depuis l’édition 2015, la France a perdu plus de 40 points en compréhension de l’écrit et près de 30 points en mathématiques depuis 2018. L’OCDE relève également que la proportion d’élèves peu performants – ceux qui n’atteignent pas le niveau 2 de compétence, seuil considéré comme le minimum pour « participer pleinement à la vie dans la société moderne » – a augmenté de 11 à 12 points de pourcentage en mathématiques et en compréhension de l’écrit par rapport à 2015.
Cette érosion progressive traverse plusieurs réformes du système éducatif français, la crise sanitaire du Covid-19, puis l’irruption rapide de l’intelligence artificielle générative dans les usages scolaires. L’OCDE établit d’ailleurs une corrélation entre l’usage intensif de l’IA par les élèves et de moins bons résultats en sciences, un signal que l’organisation appelle à surveiller de près dans les prochaines éditions.
Le classement mondial : la domination asiatique se confirme
Le palmarès 2026 confirme la suprématie des systèmes éducatifs est-asiatiques sur les trois matières évaluées. La Chine (via les provinces de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang), Singapour, Macao et Taïwan trustent systématiquement les quatre premières places, loin devant la moyenne OCDE.
| Rang | Sciences | Mathématiques | Compréhension de l’écrit |
| 1 | Chine* (597) | Chine* (612) | Singapour (535) |
| 2 | Singapour (560) | Singapour (563) | Chine* (527) |
| 3 | Macao (541) | Macao (549) | Taïwan (508) |
| 4 | Taïwan (540) | Taïwan (546) | Japon (503) |
| 5 | Japon (538) | Japon (525) | Corée du Sud / Macao (501) |
| 6 | Estonie (527) | Corée du Sud / Hong Kong (522) | – |
| 7 | Corée du Sud (526) | – | Irlande (500) |
| 8 | Royaume-Uni (511) | Estonie (508) | Estonie (499) |
*Provinces de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang.
En Europe, l’Estonie reste le modèle de référence, se hissant régulièrement dans le top 10 mondial toutes matières confondues et occupant la première place du continent. La France, elle, se retrouve derrière des pays comme la Slovénie ou la Suède, tout en devançant de justesse l’Italie et le Portugal.
Le vrai sujet du classement PISA : une fracture entre excellence et démocratisation
Au-delà du classement brut, plusieurs experts de l’éducation appellent à ne pas se focaliser uniquement sur la position de la France dans le palmarès. Oussama Ouriachi, professeur de mathématiques à l’ESIEA, école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique, invite ainsi à dépasser la simple lecture comptable des résultats. Selon lui, la France ne fait pas face à un effondrement généralisé de son système éducatif, mais à une tension croissante entre un pôle d’excellence qui continue de bien fonctionner et un échec persistant à démocratiser l’accès aux savoirs. C’est cette fracture, plus que le score en lui-même, qui devrait selon lui inquiéter les décideurs publics.
Cette lecture rejoint les données de l’OCDE sur les inégalités sociales : en France, l’origine sociale des élèves pèse plus lourdement sur leurs résultats que dans la moyenne des pays de l’OCDE, un écart qui n’a pas évolué de manière significative depuis les précédentes éditions. Pour Ouriachi, cette situation ne peut plus se réduire à un simple constat statistique. Il estime que la maîtrise des sciences et du numérique est devenue un enjeu déterminant pour l’avenir économique et démocratique du pays, citant en exemple la stratégie chinoise de construction d’une puissance scientifique populaire, et plaide pour que la démocratisation de la culture scientifique s’impose comme un sujet central de la prochaine élection présidentielle.
Comment les écoles d’ingénieurs s’adaptent à l’hétérogénéité des profils
Face à des écarts de niveau de plus en plus marqués entre élèves à l’entrée du supérieur, certaines écoles ont fait évoluer leur pédagogie d’accueil. C’est le cas de l’ESIEA, qui a mis en place un dispositif de remise à niveau baptisé PASS ESIEA : trois semaines de remise à niveau en mathématiques et en physique dès la rentrée, proposées à l’ensemble des nouveaux élèves quelle que soit leur spécialité suivie au lycée. Selon Oussama Ouriachi, ce tronc commun permet à chaque étudiant d’en tirer des enseignements différents selon son niveau de départ, tout en garantissant une égalité des chances au sein de l’école. Ce type de dispositif illustre une tendance plus large dans l’enseignement supérieur français, où la réussite scolaire au collège et au lycée conditionne de plus en plus la préparation des élèves aux exigences du supérieur.
Lire plus : ESIEA : une école d’ingénieurs qui repense la formation à l’ère de l’intelligence artificielle
L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul cas de l’ESIEA. À mesure que l’intelligence artificielle s’installe dans les usages pédagogiques – et que l’OCDE pointe justement sa corrélation avec des résultats en baisse -, la question de son intégration raisonnée dans l’enseignement secondaire et supérieur devient centrale.
FAQ – classement PISA
Qu’est-ce que le classement PISA ?
PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est une enquête de l’OCDE menée tous les trois ans auprès des élèves de 15 ans dans les pays membres et partenaires. Elle évalue les compétences en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences, plutôt que la simple restitution de connaissances scolaires.
Quelle est la place de la France dans le classement PISA 2026 ?
La France se classe autour de la 27e-28e place sur 91 pays et territoires testés, avec des variations selon la matière : 34e en mathématiques, 28e en compréhension de l’écrit et 26e-27e en sciences. Elle reste dans la moyenne de l’OCDE mais sur une tendance baissière continue depuis 2015.
Combien de points la France a-t-elle perdu depuis 2022 ?
Selon l’OCDE, les élèves français ont perdu 16 points en mathématiques (de 474 à 458) et 18 points en compréhension de l’écrit (de 474 à 456) entre 2022 et 2026. Les sciences reculent plus modérément, de 4 points seulement.
Quels pays dominent le classement PISA 2026 ?
La Chine (via Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang), Singapour, Macao et Taïwan occupent systématiquement les quatre premières places dans les trois matières. En Europe, l’Estonie reste la référence, se classant régulièrement dans le top 10 mondial.
Pourquoi le niveau des élèves français baisse-t-il ?
L’OCDE et plusieurs experts de l’éducation pointent une combinaison de facteurs : réformes successives du système éducatif, impact durable de la crise Covid sur les apprentissages, et une fracture croissante entre un pôle d’excellence préservé et un accès aux savoirs de moins en moins démocratisé, notamment lié aux inégalités sociales.
Existe-t-il un lien entre intelligence artificielle et résultats PISA 2026 ?
Oui. L’OCDE observe une corrélation entre l’usage intensif de l’intelligence artificielle par les élèves et de moins bons résultats en sciences, sans pour autant établir de lien de causalité formel. Le sujet est identifié comme un axe de vigilance pour les prochaines éditions de l’enquête.
Quand seront publiés les prochains résultats PISA ?
L’enquête PISA suit un cycle triennal. La prochaine édition, PISA 2028, devrait être publiée fin 2029 selon le calendrier habituel de l’OCDE.
Ce qu’il faut retenir
Le classement PISA 2026, publié le 8 septembre 2026, confirme un recul historique des élèves français en mathématiques (458 points, -16 depuis 2022) et en compréhension de l’écrit (456 points, -18 depuis 2022), tandis que les sciences résistent mieux (483 points, -4). La France se maintient dans la moyenne OCDE mais glisse au 27e-28e rang mondial sur 91 pays, largement distancée par le bloc asiatique emmené par la Chine, Singapour, Macao et Taïwan. Au-delà du classement, le sujet de fond identifié par les experts est celui d’une fracture croissante entre un pôle d’excellence qui résiste et une démocratisation de l’accès aux savoirs qui recule, dans un contexte où l’usage de l’intelligence artificielle par les élèves est désormais scruté par l’OCDE elle-même.