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Eric Roy : retour sur la carrière de l’entraîneur du Stade Brestois, décédé à 58 ans
Eric Roy, entraîneur du Stade Brestois, s’est éteint le mercredi 17 juin 2026 à l’âge de 58 ans, des suites d’un cancer du pancréas contre lequel il se battait depuis trois ans et demi. Sa famille a annoncé la nouvelle sur Instagram. Pour le football français, c’est une figure marquante qui disparaît : celle d’un homme qui aura connu tous les postes possibles dans l’organigramme d’un club professionnel — joueur, entraîneur, directeur sportif, manager, directeur marketing, consultant — et qui aura signé, en 2024, l’un des plus beaux exploits récents de l’histoire de la Ligue 1 en qualifiant le Stade Brestois pour la Ligue des Champions pour la première fois.
Né le 26 septembre 1967 à Nice, Eric Roy a forgé sa carrière entière sous le maillot des clubs français : milieu de terrain à l’OGC Nice, au Sporting Toulon Var, à l’Olympique lyonnais, à l’Olympique de Marseille, puis brièvement en Angleterre (Sunderland AFC) avant de finir aux ESTAC Troyes et au Rayo Vallecano. Cet article revient sur les moments-clés d’une carrière placée sous le signe de la fidélité à ses clubs et du travail patient.
Eric Roy : un parcours de footballeur entre Nice, Marseille et Lyon
Eric Roy a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à l’OGC Nice, son club formateur. Milieu de terrain de qualité, technique mais surtout reconnu pour son engagement physique et son sens du jeu, il enchaîne ensuite les clubs :
| Période | Club |
|---|---|
| 1988-1993 | OGC Nice |
| 1993-1995 | Sporting Toulon Var |
| 1995-1998 | Olympique Lyonnais |
| 1998-2000 | Olympique de Marseille |
| 2000-2001 | Sunderland AFC (Angleterre) |
| 2001-2003 | ESTAC Troyes |
| 2003-2004 | Rayo Vallecano (Espagne) |
Les moments forts de sa carrière de joueur :
- Vice-champion de Division 1 en 1995 avec le FC Nantes (saison 1994-1995, à Toulon) — la saison qui le révèle
- Finaliste de la Coupe de la Ligue en 1996 avec l’Olympique Lyonnais
- Vice-champion de Division 1 en 1999 avec l’Olympique de Marseille
- Finaliste de la Coupe UEFA en 1999 avec l’OM — défaite face à Parme en finale (sur le score 3-0 à Moscou)
- Sélectionné en équipe de France une fois (en 1997)
Son passage à l’Olympique de Marseille (1998-2000) restera l’un des moments les plus exposés médiatiquement de sa carrière, dans un OM en quête de retour au plus haut niveau après les années Tapie. Sa saison 1998-1999 sous Rolland Courbis se solde par une place de vice-champion et une finale européenne.
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L’aventure brestoise : sauvetage en 2023, qualification historique en Ligue des Champions
C’est la plus belle aventure de la carrière d’Eric Roy. Le 20 janvier 2023, le Stade Brestois 29 est en grande difficulté en Ligue 1 et fait appel à lui. À 55 ans, le coach niçois prend les commandes d’un club qu’il ne connaît pas, dans une région qu’il n’a jamais habitée.
Saison 2022-2023 : la mission sauvetage Eric Roy parvient à maintenir le club en Ligue 1 avec une 14e place finale (44 points, devant le RC Strasbourg). Le contrat est prolongé de 2 ans supplémentaires le 7 juin 2023, soit jusqu’en juin 2025.
Saison 2023-2024 : l’exploit historique C’est la saison de gloire. Eric Roy installe au Stade Brestois un style identifiable : « allant offensif, solidité défensive, intensité dans les duels et convivialité », selon le résumé Wikipédia largement repris. Les résultats sont là :
- 11 février 2024 : record du nombre de matchs sans défaite pour Brest en championnat (10 matchs, puis porté à 13 avant une défaite face au RC Lens)
- 13 mai 2024 : Eric Roy reçoit le Trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 des mains de Didier Deschamps. Premier trophée de sa carrière, première fois aussi qu’un entraîneur brestois reçoit cette distinction.
- Décembre 2024 : élu Entraîneur français de l’année par France Football
- Classement final : 3e place de Ligue 1 avec 61 points, derrière l’AS Monaco et devant le LOSC Lille. C’est le meilleur classement de l’histoire du Stade Brestois en Division 1
- Qualification pour la Ligue des Champions : première fois dans l’histoire du club
Saison 2024-2025 : la découverte européenne Brest dispute sa toute première Ligue des Champions. Le parcours en phase de groupes est honorable :
- Victoire 2-1 contre le SK Sturm Graz
- Victoire éclatante 4-0 à l’extérieur contre le Red Bull Salzbourg
- Match nul 1-1 contre le Bayer Leverkusen, champion d’Allemagne en titre
Saison 2025-2026 : difficile retour à la réalité Le club perd plusieurs joueurs clés au mercato d’été 2025 : Lilian Brassier (12 M €), Mahdi Camara (8 M €), Pierre Lees-Melou (5,8 M €), Karamoko Dembélé (2 M €) et Marco Bizot (500 K €). La saison est plus difficile, avec une défaite marquante 3-1 dans le derby breton face à Rennes (13 décembre 2025) puis une défaite cuisante contre Paris FC le 3 mai 2026, après laquelle Eric Roy avait « tiré la sonnette d’alarme » dans les médias.
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Eric Roy à l’OGC Nice : l’homme aux mille casquettes
Si Brest restera son chef-d’œuvre, son véritable club de cœur est resté l’OGC Nice — où il a grandi, où il a fait ses débuts professionnels, et où il aura occupé presque tous les postes.
La carrière niçoise d’Eric Roy :
- 1988-1993 : joueur professionnel
- 2010-2011 : entraîneur de l’équipe première (18 mois, de mars 2010 à novembre 2011)
- Par la suite : directeur sportif, manager général, directeur du marketing, puis directeur du développement
Il aura aussi été consultant télévisé sur les chaînes spécialisées (RMC Sport, Canal+) et organisateur de tournois de foot-volley, sa passion personnelle.
Roxana Maracineanu, ancienne ministre des Sports, a publié sur X (Twitter) le 17 juin : « Eric Roy aura été l’incarnation d’un football français de la fidélité, du travail et du respect. Le Stade Brestois et l’OGC Nice perdent un homme essentiel. » Plusieurs joueurs actuels et anciens ont rendu hommage à un coach et dirigeant apprécié et respecté dans le milieu.
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Combat contre le cancer et hommages
Eric Roy combattait un cancer du pancréas depuis 3 ans et demi, comme l’a annoncé sa famille sur Instagram le 17 juin 2026. Il avait choisi de continuer à exercer son métier d’entraîneur tout au long de la maladie, même si certains observateurs avaient remarqué une fatigue visible lors des derniers matchs de la saison 2025-2026.
Le cancer du pancréas reste l’un des cancers les plus difficiles à traiter : taux de survie à 5 ans inférieur à 10 %, peu de symptômes en phase précoce, diagnostic souvent tardif. Steve Jobs, Patrick Swayze, Pavarotti en sont morts. Eric Roy aura tenu plus de 3 ans et demi, plus que la moyenne, en continuant à diriger son club au plus haut niveau.
Les hommages se sont multipliés dans les 24 heures qui ont suivi l’annonce :
- Stade Brestois 29 : drapeau en berne au stade Francis-Le Blé, minute de silence prévue lors du prochain match
- OGC Nice : « L’aigle a perdu l’un de ses fils », hommage sur l’Allianz Riviera
- Olympique de Marseille : minute de silence au prochain match au Vélodrome
- Olympique Lyonnais : message officiel sur les réseaux sociaux
- Didier Deschamps : « Un homme du football comme on en croise peu. Un ami fidèle »
- Ligue de Football Professionnel : minute de silence dans tous les stades de Ligue 1 et Ligue 2 lors de la prochaine journée
La question du successeur sur le banc du Stade Brestois se posera dans les prochaines semaines. L’intérim sera probablement assuré par son adjoint principal jusqu’à la reprise de la saison 2026-2027.
Ce qu’il faut retenir
Eric Roy s’est éteint le mercredi 17 juin 2026 à 58 ans des suites d’un cancer du pancréas. Né le 26 septembre 1967 à Nice, il aura été footballeur professionnel de 1988 à 2004 (OGC Nice, Sporting Toulon Var, Olympique Lyonnais, Olympique de Marseille, Sunderland AFC, ESTAC Troyes, Rayo Vallecano), avec en point d’orgue une finale de Coupe UEFA en 1999 et deux titres de vice-champion de Division 1 (1995, 1999). Reconverti dirigeant et entraîneur, il aura occupé presque tous les postes possibles à l’OGC Nice (entraîneur, directeur sportif, manager, directeur marketing, directeur développement). L’apogée de sa carrière : son aventure au Stade Brestois à partir de janvier 2023 — sauvetage du club, Trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 en mai 2024, Entraîneur français de l’année France Football en décembre 2024, et surtout qualification historique en Ligue des Champions (3e de Ligue 1 en 2023-2024, le meilleur classement de l’histoire du club). Premier parcours européen honorable pour Brest en 2024-2025 (victoires contre Sturm Graz et Salzbourg, nul face au Bayer Leverkusen). Pour le football français, c’est une figure de la fidélité, du travail et du respect qui s’éteint, dans le sillage d’une lignée de coachs français formés sur le terrain (Deschamps, Galtier, Genesio, Habran). Les hommages se multiplient dans le milieu, et le Stade Brestois devra trouver un successeur pour la saison 2026-2027.