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Travailler en Angleterre : le guide complet 2026
Travailler en Angleterre est resté un projet très prisé des diplômés français, malgré les complications introduites par le Brexit. Londres concentre en un seul endroit la finance mondiale, la tech, le conseil en stratégie, les industries créatives et des milliers de sièges sociaux de multinationales – un cocktail introuvable ailleurs en Europe. Mais depuis le 1er janvier 2021, la libre circulation des personnes entre la France et le Royaume-Uni a pris fin. Un Français qui souhaite travailler en Angleterre est désormais soumis aux mêmes règles d’immigration que n’importe quel ressortissant non-européen, avec obligation de visa dans la quasi-totalité des cas.
Ce guide complet détaille les visas disponibles pour travailler en Angleterre en 2026, les démarches concrètes, les salaires par secteur et par ville, la fiscalité franco-britannique, le coût de la vie à Londres et ailleurs, et les alternatives à la capitale pour une expatriation plus abordable.
Travailler en Angleterre après le Brexit : ce qui a changé
Avant le Brexit, tout citoyen français pouvait s’installer en Angleterre, y chercher du travail et signer un contrat, sans aucune autorisation préalable. Cette liberté a pris fin le 31 décembre 2020. Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni applique un système d’immigration par points qui traite les ressortissants européens exactement comme les ressortissants des pays tiers.
Il reste une exception importante : les Français installés au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 et ayant obtenu leur « settled status » ou « pre-settled status » conservent le droit de travailler sans visa. Si vous faites partie de cette catégorie, votre situation est protégée par l’accord de retrait.
Pour tous les autres – ceux qui arrivent depuis 2021 – une autorisation de travail est obligatoire. L’autre nouveauté de 2025 : depuis le 2 avril 2025, une Autorisation Electronique de Voyage (ETA) est requise pour tout ressortissant européen souhaitant se rendre au Royaume-Uni, même pour un séjour touristique. Cette ETA, facturée 10 livres sterling (environ 12 euros), est valable deux ans. Elle n’autorise pas à travailler – c’est simplement une formalité d’entrée.
Les visas pour travailler en Angleterre en 2026
| Visa | Profil | Durée | Condition principale |
|---|---|---|---|
| Skilled Worker Visa | Travailleur qualifié, poste éligible | 5 ans renouvelable | Offre d'emploi d'un employeur sponsor, salaire minimum 38 700 £/an |
| Global Talent Visa | Talent reconnu (tech, science, arts, recherche) | 2 à 5 ans | Endossement par un organisme agréé, sans offre d'emploi nécessaire |
| High Potential Individual | Jeune diplômé d'une université mondiale d'élite | 2 ans | Diplôme d'une université figurant dans une liste approuvée |
| Intracompany Transfer | Salarié d'une multinationale muté au Royaume-Uni | Selon mission | 1 an chez l'employeur dans les 3 années précédentes |
| Graduate Visa | Diplômé d'une université britannique | 2 ans (3 ans pour doctorat) | Avoir étudié au Royaume-Uni avec un visa étudiant |
| Seasonal Worker Visa | Travailleur agricole saisonnier | Jusqu'à 6 mois | Filières agroalimentaires spécifiques |
Le Skilled Worker Visa : la voie principale
Le Skilled Worker Visa (anciennement Tier 2) est le visa de travail de référence pour travailler en Angleterre. Il repose sur un système à points : pour obtenir 70 points (le minimum requis), le candidat doit cumuler une offre d’emploi d’un employeur approuvé (20 points), un poste éligible (20 points) et un salaire minimum (20 points). Des points supplémentaires peuvent être obtenus via le niveau d’anglais, les qualifications ou le secteur d’activité.
Les conditions clés depuis les révisions de 2025 :
- L’employeur doit posséder une licence de parrainage délivrée par le Home Office. Toutes les entreprises ne la détiennent pas.
- Le poste doit correspondre à un niveau de qualification RQF niveau 3 minimum (équivalent d’un Bac), ce qui exclut de nombreux emplois de service (serveur, caissier, vendeur).
- Le salaire doit atteindre 38 700 £ par an depuis les nouvelles réglementations de 2025, sauf exceptions : secteur de la santé (seuil à 20 960 £), titulaires d’un doctorat pertinent (seuil à 34 830 £), et quelques secteurs en pénurie critique.
- Une maîtrise de l’anglais niveau B1 minimum est exigée, prouvée par un test IELTS ou par un diplôme enseigné en anglais.
- Le candidat doit disposer de 1 270 £ sur son compte bancaire pendant 28 jours consécutifs, sauf si l’employeur certifie prendre en charge les premiers mois.
Coût du visa (depuis la France) : 719 £ pour un visa de moins de 3 ans, 1 420 £ pour un visa de plus de 3 ans. À cela s’ajoute une surcharge NHS de 624 £ par année de visa, à régler en totalité au moment de la demande. Un visa de 5 ans représente donc un coût total d’environ 4 540 £ (visa + NHS), généralement pris en charge par l’employeur.
Après 5 ans avec ce visa, la résidence permanente (Indefinite Leave to Remain) peut être sollicitée.
Le Global Talent Visa et le High Potential Individual
Le Global Talent Visa est réservé aux profils reconnus dans leur domaine – chercheurs, ingénieurs tech de haut niveau, artistes, leaders en finance. Il ne nécessite pas d’offre d’emploi préalable et offre une liberté totale de travail une fois obtenu. L’endossement est accordé par des organismes comme le Tech Nation (pour la tech), l’Arts Council England, l’Académie des sciences médicales ou le Royal Society.
Le High Potential Individual Visa (HPI) est une option intéressante pour les jeunes diplômés d’universités figurant sur une liste approuvée par le gouvernement britannique (Harvard, MIT, Sciences Po Paris, HEC Paris, Polytechnique, CentraleSupélec figurent sur cette liste). Ce visa de 2 ans (ou 3 ans pour un doctorat) permet de travailler librement au Royaume-Uni sans sponsor, et peut ensuite mener vers un Skilled Worker Visa si un emploi qualifié est trouvé.
Lire plus : Travailler à l’étranger après un diplôme : mode d’emploi
Salaires en Angleterre : les chiffres officiels
Les données salariales du Royaume-Uni sont publiées par l’Office for National Statistics (ONS), organisme public de référence. Selon les données publiées le 23 octobre 2025 et relayées par Zonebourse, le salaire médian à temps plein au Royaume-Uni a atteint 39 039 £ par an en 2025, soit une hausse de 4,3 % par rapport à l’année précédente. Corrigé de l’inflation, le gain réel s’établit à +1,1 %.
Le salaire hebdomadaire moyen brut toutes catégories confondues s’établissait à 742 £ par semaine en janvier 2026 selon Trading Economics (source ONS). Le National Living Wage (équivalent du SMIC, pour les 21 ans et plus) est fixé à 12,21 £ par heure depuis avril 2025, après une hausse de 6,7 % entrée en vigueur cette année.
Salaires par région
| Région | Salaire annuel moyen (brut) |
|---|---|
| Londres | 45 000 £ et plus |
| Sud-Est de l’Angleterre | 38 000 – 42 000 £ |
| Est de l’Angleterre | 34 000 – 37 000 £ |
| Midlands / Centre | 30 000 – 34 000 £ |
| Nord de l’Angleterre | 28 000 – 33 000 £ |
| Écosse | 32 000 – 36 000 £ |
| Pays de Galles | 27 000 – 31 000 £ |
| Irlande du Nord | 26 000 – 30 000 £ |
Sources : ONS ASHE (Annual Survey of Hours and Earnings) 2025, PGE /salaire-moyen-smic-royaume-uni.
Salaires par secteur à Londres
Les diplômés d’écoles de commerce françaises trouvent à Londres des débouchés particulièrement attractifs dans plusieurs secteurs :
| Secteur | Fourchette salariale (1-2 ans d’expérience) |
|---|---|
| Finance (M&A, Private Equity, IB) | 45 000 – 65 000 £ + bonus |
| Conseil en stratégie (MBB) | 55 000 – 75 000 £ |
| Tech (développement, data, IA) | 50 000 – 80 000 £ |
| Conseil (Big Four, firmes de second rang) | 35 000 – 55 000 £ |
| Marketing digital / e-commerce | 30 000 – 45 000 £ |
| NHS (santé publique) | 28 000 – 40 000 £ selon spécialité |
| Hôtellerie et restauration haut de gamme | 25 000 – 35 000 £ |
Lire plus : Salaire moyen et SMIC au Royaume-Uni : tout ce qu’il faut savoir
Fiscalité au Royaume-Uni : ce que paie vraiment un résident français
Le système fiscal britannique est souvent perçu comme plus simple et plus favorable que le système français. Il repose sur trois niveaux d’imposition sur le revenu (Personal Income Tax), auxquels s’ajoutent les cotisations sociales (National Insurance) et l’impôt local (Council Tax).
Barème de l’impôt sur le revenu 2025-2026
- 0 % sur les premiers 12 570 £ (Personal Allowance – exonération de base)
- 20 % de 12 570 £ à 50 270 £ (Basic Rate)
- 40 % de 50 270 £ à 125 140 £ (Higher Rate)
- 45 % au-delà de 125 140 £ (Additional Rate)
La National Insurance (cotisations sociales) s’élève à 8 % des revenus entre 12 570 £ et 50 270 £, et à 2 % au-delà. Le taux patronal est de 13,8 %. Ces cotisations sont notablement inférieures aux cotisations sociales françaises (environ 22 % pour le salarié en France).
Convention fiscale franco-britannique
La France et le Royaume-Uni ont signé une convention fiscale pour éviter la double imposition (Convention du 19 juin 2008, entrée en vigueur en 2010). Les principes généraux : les revenus d’activité sont imposables dans le pays où l’activité est exercée. Si vous résidez et travaillez en Angleterre, votre salaire britannique est imposé au Royaume-Uni. Vous restez néanmoins potentiellement tenu de déclarer vos revenus en France si vous y maintenez votre résidence fiscale (foyer fiscal, famille…).
La résidence fiscale britannique est déterminée par le Statutory Residence Test : vous êtes considéré résident fiscal britannique si vous passez plus de 183 jours par an sur le territoire, ou si vous y avez un « seul domicile ». Une fois résident fiscal britannique, vous êtes imposable au Royaume-Uni sur l’ensemble de vos revenus mondiaux.
Le Council Tax
L’impôt local britannique (Council Tax) finance les services municipaux et varie fortement selon le borough et la valeur du logement. À Londres, une propriété en « Band D » (catégorie moyenne) supporte entre 1 700 et 1 950 £ par an, soit environ 140 à 165 £ par mois. Certains boroughs comme Wandsworth appliquent des taux historiquement bas (environ 1 000 £/an), d’autres dépassent 2 000 £.
Coût de la vie en Angleterre : budget réel par ville
Le Royaume-Uni et en particulier Londres est l’une des destinations les plus chères d’Europe. Selon les données disponibles pour 2026, le coût de la vie à Londres est en moyenne 47 % plus élevé qu’en France, avec les transports 72 % plus chers et le logement 141 % plus cher.
Tableau de comparaison des loyers par ville (1 chambre en centre-ville)
| Ville | Loyer mensuel centre-ville | Loyer mensuel périphérie |
|---|---|---|
| Londres | 2 000 – 2 500 £ | 1 200 – 1 500 £ |
| Édimbourg | 1 200 – 1 500 £ | 900 – 1 100 £ |
| Manchester | 1 000 – 1 300 £ | 750 – 950 £ |
| Birmingham | 900 – 1 200 £ | 700 – 850 £ |
| Bristol | 1 100 – 1 400 £ | 800 – 1 000 £ |
| Leeds | 850 – 1 100 £ | 650 – 800 £ |
| Cardiff | 750 – 950 £ | 600 – 750 £ |
| Belfast | 700 – 900 £ | 600 – 700 £ |
Sources : Statista UK rental data, cyriljarnias.com (données 2025), expat.com.
Budget mensuel total selon la ville
Pour une personne seule (hors visa et cotisations NHS) :
- Londres : 3 500 à 4 500 £/mois (logement, transport, alimentation, loisirs)
- Manchester, Birmingham, Bristol : 2 000 à 2 800 £/mois
- Édimbourg : 2 200 à 3 000 £/mois
- Cardiff, Belfast : 1 600 à 2 200 £/mois
Le budget londonien est particulièrement impacté par le transport : un abonnement mensuel (Travel Card zones 1-2) coûte environ 170 £. En dehors de Londres, les villes comme Manchester ou Birmingham proposent des pass à 80-100 £/mois. Le NHS est accessible gratuitement une fois la surcharge NHS payée avec le visa – ce qui représente un avantage considérable par rapport au système américain.
Travailler en Angleterre : les secteurs qui recrutent
Le marché de l’emploi britannique reste profondément attractif pour les profils qualifiés. Plusieurs secteurs présentent une demande structurelle qui compense la complexité des démarches de visa.
- La finance à Londres (City, Canary Wharf) maintient son statut de premier centre financier européen malgré le Brexit, avec des acteurs comme Goldman Sachs, JP Morgan, HSBC, Barclays et les grands fonds alternatifs. Les profils issus des grandes écoles françaises (HEC, ESSEC, ESCP) y sont historiquement bien perçus pour les postes en M&A, private equity, trading et gestion d’actifs.
- La tech londonienne constitue la deuxième place mondiale après la Silicon Valley selon plusieurs classements. Les hubs de Shoreditch, Old Street et l’East London Tech City concentrent des milliers de start-up et de scale-up dans la fintech, la proptech, l’IA et les médias numériques. Les entreprises tech peuvent sponsoriser des Skilled Worker Visas pour des profils en développement, data, cybersécurité et product management.
- La santé et le NHS souffrent d’une pénurie chronique de personnel depuis des années. Le gouvernement britannique a introduit le Care Visa spécifiquement pour les professionnels de la santé, avec un seuil salarial abaissé à 20 960 £. Médecins, infirmiers et personnel soignant formés à l’étranger peuvent obtenir des visas relativement rapidement.
- Le conseil en stratégie (McKinsey, BCG, Bain, Oliver Wyman) et les Big Four (Deloitte, PwC, EY, KPMG) maintiennent de grandes équipes londoniennes. Ils peuvent sponsoriser des visas pour des recrues internationales, en particulier pour des profils MBA ou grandes écoles avec une spécialisation en finance, opérations ou tech.
- L’hôtellerie et la restauration haut de gamme recrutent régulièrement des profils français, particulièrement pour les établissements qui recherchent des collaborateurs bilingues ou les grandes maisons où la culture française est un atout. Attention cependant : ces postes sont généralement sous le seuil de 38 700 £ requis pour le Skilled Worker Visa. Ils sont plus accessibles via le Graduate Visa ou en remontant en gamme vers des postes de management.
Les alternatives à Londres pour travailler en Angleterre
Londres concentre l’essentiel de l’attention, mais le reste de l’Angleterre – et du Royaume-Uni – offre des alternatives sérieuses avec un coût de la vie nettement plus faible.
Manchester s’est imposée comme le deuxième pôle économique du Royaume-Uni, avec un secteur financier en croissance (KPMG, Deloitte, Barclays y ont des bureaux importants), une tech émergente et une scène créative dynamique. Les salaires sont inférieurs de 20 à 30 % à Londres, mais le loyer est 50 à 60 % moins cher, ce qui améliore considérablement le reste à vivre.
Edinburgh (Édimbourg) est le hub financier écossais, avec une présence bancaire forte (Royal Bank of Scotland, Standard Life Aberdeen) et un secteur tech en développement. La qualité de vie y est régulièrement classée parmi les meilleures du Royaume-Uni.
Birmingham bénéficie d’importants investissements dans les infrastructures depuis les années 2020 (HSBC y a transféré son siège social britannique) et propose des loyers parmi les plus abordables des grandes villes anglaises.
Bristol attire des profils créatifs, tech et dans les sciences de la vie (Airbus y a un site important, ainsi que plusieurs entreprises biotech).
Lire plus : Les 10 pays qui offrent les meilleurs salaires pour les expatriés
Trouver un emploi en Angleterre : les codes du marché
Le marché de l’emploi britannique a ses propres codes, différents du marché français. Le CV britannique (une à deux pages, pas de photo, pas d’informations personnelles comme la date de naissance ou la situation familiale) privilégie les réalisations concrètes et chiffrées plutôt que les descriptions de poste. La lettre de motivation est plus courte qu’en France et plus directe.
L’anglais doit être fluide et, à Londres en particulier, adapté aux codes de communication professionnelle britannique – qui valorise la litote, l’humour discret et la capacité à naviguer des échanges où le « no » peut se cacher derrière un « that’s interesting ». Ce n’est pas l’anglais fonctionnel du TOEIC qui suffira pour des postes de conseil ou de finance. Il s’agit de maîtriser les nuances. Pour autant, comme l’explique un guide récent sur le travail à l’international sans anglais parfait, la grande majorité des interactions se font dans un anglais fonctionnel qui s’acquiert rapidement en immersion.
Les plateformes de recherche les plus utilisées sont LinkedIn, Indeed UK, Reed.co.uk, Totaljobs et, pour la finance, eFinancialCareers. Le réseau professionnel joue un rôle déterminant : de nombreux postes, notamment en finance et conseil, se pouvoient par cooptation ou via les réseaux des grandes écoles et universités.
Le droit du travail britannique est moins protecteur que le Code du travail français. La période de probation (généralement 3 à 6 mois) peut se terminer sans explication, et les procédures de licenciement sont plus souples qu’en France. En contrepartie, la culture professionnelle valorise davantage la mobilité et l’évolution rapide : il n’est pas inhabituel de changer d’employeur tous les deux ou trois ans sans que cela soit perçu négativement.
FAQ – travailler en Angleterre
Un Français peut-il encore travailler en Angleterre librement après le Brexit ? Non. Depuis le 1er janvier 2021, la libre circulation entre la France et le Royaume-Uni a pris fin. Tout Français arrivé après cette date doit obtenir un visa de travail pour travailler légalement en Angleterre. La seule exception concerne les ressortissants français qui vivaient au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 et ont obtenu leur settled ou pre-settled status.
Quel salaire minimum faut-il pour obtenir un Skilled Worker Visa ? Depuis les révisions réglementaires de 2025, le salaire minimum général requis pour un Skilled Worker Visa est de 38 700 £ par an. Des exceptions s’appliquent pour le secteur de la santé (seuil à 20 960 £), les titulaires d’un doctorat pertinent (34 830 £) et certains secteurs en pénurie critique. Ce seuil élevé exclut de nombreux postes des secteurs du service et de l’hôtellerie, qui ne peuvent donc pas servir de base pour obtenir ce visa.
Combien coûte un visa de travail pour l’Angleterre ? Depuis la France, le Skilled Worker Visa coûte 719 £ pour moins de 3 ans et 1 420 £ pour plus de 3 ans. À cela s’ajoute la surcharge NHS de 624 £ par année de visa, payée en totalité au moment de la demande. Pour un visa de 5 ans, le coût total avoisine 4 540 £. Ces frais sont légalement à la charge du candidat, mais la grande majorité des employeurs qui sponsorisent des visas les prennent en charge.
Faut-il trouver un emploi avant de partir ? Oui, dans la majorité des cas. Le Skilled Worker Visa (le plus courant) exige une offre d’emploi confirmée d’un employeur titulaire d’une licence de parrainage. Il est donc nécessaire de sécuriser son poste avant de faire sa demande de visa. Seuls le Global Talent Visa et le High Potential Individual Visa permettent de se rendre au Royaume-Uni sans offre d’emploi préalable, mais ils exigent soit une reconnaissance d’excellence, soit un diplôme d’une université d’élite figurant sur la liste approuvée.
Le NHS est-il accessible pour un expatrié français ? Oui, à condition d’avoir payé la surcharge NHS (Immigration Health Surcharge) au moment de la demande de visa – soit 624 £ par année de visa pour les adultes. Une fois cette surcharge réglée, l’accès au NHS est identique à celui d’un résident britannique : consultations chez le généraliste, spécialistes, hospitalisation, tout est couvert sans supplément. C’est un avantage significatif par rapport à d’autres destinations d’expatriation comme les États-Unis.
Peut-on travailler en Angleterre en télétravail pour un employeur français ? C’est un cas complexe. Le Royaume-Uni n’a pas de visa « digital nomad ». Si vous vivez au Royaume-Uni et travaillez pour un employeur français en télétravail, vous n’avez pas besoin de visa de travail britannique (vous n’exercez pas pour un employeur britannique). Mais vous devez régulariser votre situation de résidence (au-delà de 6 mois, un visa approprié est nécessaire) et anticiper les implications fiscales – à la fois en France et au Royaume-Uni – qui dépendent de votre statut de résidence fiscale.
Ce qu’il faut retenir
Travailler en Angleterre reste accessible pour les profils français qualifiés, mais le Brexit a introduit une complexité administrative substantielle. Le Skilled Worker Visa est la voie principale : il exige une offre d’emploi d’un employeur sponsor, un poste qualifié et un salaire d’au moins 38 700 £ par an depuis 2025. Pour les jeunes diplômés de grandes écoles françaises figurant sur la liste approuvée (HEC, Polytechnique, CentraleSupélec, Sciences Po), le High Potential Individual Visa offre une voie d’accès sans offre d’emploi préalable pour 2 ans.
Sur le plan financier, Londres reste la ville la plus rémunératrice du Royaume-Uni (salaire moyen supérieur à 45 000 £) mais aussi la plus chère. Le salaire médian national a atteint 39 039 £ en 2025 selon l’ONS. Les alternatives à Londres (Manchester, Birmingham, Édimbourg, Bristol) offrent un équilibre coût-opportunités souvent plus favorable pour une première expatriation.