Qu’est-ce que la taxe PUMa (la taxe des rentiers) ?
La taxe PUMa est un prélèvement méconnu du grand public, qui concerne une catégorie précise de contribuables : les personnes qui perçoivent des revenus du capital importants sans activité professionnelle significative. Surnommée « taxe des rentiers », elle s’appelle officiellement la cotisation subsidiaire maladie (CSM). Le nom « PUMa » vient de la Protection Universelle Maladie. Elle peut coûter plusieurs milliers d’euros par an à certains investisseurs et à certains dirigeants, d’où l’intérêt de bien la comprendre pour l’anticiper.
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Origine et principe de la taxe PUMa
Créée en 2016 avec la réforme de la Protection Universelle Maladie, la taxe a un principe simple : toute personne qui réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé, même sans activité professionnelle. En contrepartie, les personnes qui ne cotisent pas par leur travail mais disposent de revenus du capital élevés participent au financement de l’Assurance Maladie.
Elle est due si deux conditions sont réunies en même temps :
| Condition | Seuil 2026 | Repère |
|---|---|---|
| Revenus d’activité faibles | Moins de 9 612 € | 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) |
| Revenus du capital élevés | Plus de 24 030 € | 50 % du PASS |
Le PASS 2026 est de 48 060 €. Les seuils évoluent chaque année avec lui.
Les revenus du capital pris en compte sont :
- les dividendes et les intérêts ;
- les revenus fonciers (loyers) ;
- les plus-values de cession de titres ou de biens ;
- les bénéfices industriels et commerciaux non professionnels (par exemple la location meublée non professionnelle).
Les retraités, les allocataires du chômage et, plus largement, les personnes percevant des revenus de remplacement ne sont pas concernés.
Qui est concerné par la taxe PUMa et quel est son calcul ?
Les concernés sont :
- Les rentiers : détenteurs de portefeuilles ou de biens locatifs, sans activité.
- Les dirigeants qui se rémunèrent presque uniquement en dividendes (SASU, holding), et c’est la situation la plus fréquente.
- Les jeunes retraités ou les personnes en pause professionnelle, sans revenu de remplacement.
Son calcul :
La taxe ne porte pas sur l’ensemble des revenus du capital. Elle s’applique uniquement à la fraction qui dépasse 24 030 € (50 % du PASS), dans la limite de 384 480 € (8 fois le PASS). Le taux de 6,5 % est un maximum, car la cotisation est dégressive : elle diminue à mesure que les revenus d’activité se rapprochent de 9 612 €, où elle devient nulle.
CSM = 6,5 % × (revenus du capital − 24 030 €) × [1 − (revenus d’activité ÷ 9 612 €)]
Exemples chiffrés (PASS 2026)
| Revenus du capital | Revenus d’activité | Calcul | Cotisation |
|---|---|---|---|
| 20 000 € | 0 € | Sous le seuil de 24 030 € | 0 € |
| 40 000 € | 0 € | 6,5 % × (40 000 − 24 030) | ≈ 1 038 € |
| 50 000 € | 0 € | 6,5 % × (50 000 − 24 030) | ≈ 1 688 € |
| 50 000 € | 3 000 € | 1 688 € × (1 − 3 000 ÷ 9 612) | ≈ 1 161 € |
| 50 000 € | 9 612 € ou plus | Facteur dégressif nul | 0 € |
| 100 000 € | 0 € | 6,5 % × (100 000 − 24 030) | ≈ 4 938 € |
La cotisation maximale théorique, pour 384 480 € de revenus du capital et aucun revenu d’activité, est d’environ 23 400 € par an.
Quand et comment est-elle payée ?
L’Urssaf appelle la cotisation en novembre, sur la base des revenus de l’année précédente (les revenus 2025 pour l’appel de 2026). Il n’y a rien à déclarer en plus : l’administration utilise les données de la déclaration de revenus.
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Les moyens d’optimiser et d’éviter la taxe PUMa
Quelques leviers, tous légaux, permettent de réduire cette cotisation, voire de l’éviter :
- Percevoir au moins 9 612 € de revenus d’activité (environ 800 € par mois) : le facteur dégressif tombe à zéro. Pour un dirigeant, c’est souvent la solution la plus économique : se verser un salaire minimal coûte généralement moins cher que la cotisation. Il faut toutefois vérifier le coût en charges sociales.
- Maîtriser les revenus du capital à 24 030 € ou moins : arbitrer entre dividendes, rémunération et réinvestissement dans la société.
- Privilégier les enveloppes qui capitalisent : sur l’assurance vie ou le PEA, les gains non retirés ne génèrent pas de revenu taxable. Ils ne sont pris en compte que lors d’un retrait ou d’un rachat.
- Étaler les revenus exceptionnels : lissez les cessions de titres ou de biens sur plusieurs années, car une plus-value importante peut faire basculer une année dans le champ de la taxe.
- Piloter les versements de dividendes : décaler un dividende d’une année à l’autre permet de rester sous le seuil.
- Basculer sur un régime de remplacement : la perception d’une retraite ou d’allocations chômage fait sortir du champ de la taxe.
| Levier | Effet | Précaution |
|---|---|---|
| Salaire ou activité de 9 612 € | Taxe supprimée | Charges sociales, impôt sur le revenu |
| Enveloppes AV et PEA | Revenus non imposables tant qu’ils ne sont pas retirés | Les retraits entrent dans la base |
| Étalement des revenus | Reste sous 24 030 € | Dépend de l’horizon et du projet |
Enfin, comparez toujours le coût de la cotisation à celui des alternatives (charges sur salaire, fiscalité des retraits) : l’optimisation n’est utile que si elle est réellement moins coûteuse.
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