Campus des transitions industrielles : AMU lance son hub de décarbonation à Marseille
Campus des transitions industrielles : AMU lance son hub de décarbonation à Marseille
Face à la transformation industrielle de la zone de Fos-Berre, Aix-Marseille Université (AMU) lance le Campus des transitions industrielles, un hub consacré aux compétences de la décarbonation. Incubé à Polytech Marseille et créé dans le cadre du plan France 2030, il réunit l’université, les entreprises, les collectivités, les étudiants et les salariés. Son lancement officiel a lieu le 1er octobre 2026 sur le technopôle de Château-Gombert, à Marseille.
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Un hub d’Aix-Marseille Université incubé à Polytech Marseille
Le campus fonctionne comme une méthode : il s’appuie sur ce qui existe déjà à l’université pour faire des compétences des transitions une capacité partagée du territoire. Aucun nouveau bâtiment n’est annoncé. Initié autour du pôle d’activité de Fos-Berre, il vise à étendre ses activités à l’ensemble de la région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le projet est porté par Aix-Marseille Université dans le cadre de France 2030. Son budget total s’élève à 5 026 560 euros, dont 2 500 000 euros d’aide, et dix partenaires industriels, économiques et territoriaux l’accompagnent.
Selon Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université, une université peut apporter ce que personne ne peut faire seul : des compétences qui n’existent encore nulle part, parce que les métiers qu’elles servent sont en train de naître. Il estime qu’elles se construisent à plusieurs, entre université, entreprises et collectivités. Pour lui, le campus met en mouvement les 84 000 étudiants, les 123 structures de recherche et les 17 composantes de l’université, tout en préservant sa liberté académique à l’égard de ses partenaires industriels.
Fos-Berre face au mur des compétences
Le pôle d’activité de Fos-Berre est la deuxième zone industrielle de France. Il connaît une transformation industrielle d’ampleur, résumée par quelques chiffres.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Engagements industriels à l’horizon 2030 | Près de 20 milliards d’euros |
| Projets d’implantation en cours | 51 |
| Emplois à créer ou à transformer d’ici 2030 | 10 000 |
| Part de l’industrie dans les émissions de gaz à effet de serre françaises | 20 % |
Le territoire est aussi exposé au dérèglement climatique, avec une hausse des températures supérieure à la moyenne nationale, des canicules plus longues, des sécheresses prolongées et une tension sur la ressource en eau. Un industriel qui souhaite décarboner rencontre alors deux obstacles : le financement et les compétences. Le campus se concentre sur le second, tout en apprenant à ses étudiants où trouver les financements et comment les mobiliser.
Selon Romain Laffont, directeur de Polytech Marseille et vice-président d’AMU chargé du partenariat avec le monde socio-économique, la décarbonation avancera au rythme auquel les personnes qui la mettent en œuvre seront formées. Il rappelle que 10 000 emplois vont naître ou changer d’ici 2030, alors que la filière d’écologie industrielle de Polytech Marseille en forme une vingtaine par an. Il décrit la méthode du campus comme un industriel, un laboratoire et un étudiant réunis autour d’une même table, avec un résultat concret à la sortie.
Sensibiliser, former, accompagner : les trois missions du campus
Le campus remplit trois missions : sensibiliser pour une industrie plus juste, former pour une industrie plus forte et accompagner pour une industrie plus résiliente.
Pour la sensibilisation, il met en place une plateforme de diffusion d’études, d’outils et de ressources, des séminaires et tables rondes, la production d’études et de retours d’expérience locaux, une exposition itinérante pour le grand public et les jeunes (en cours de conception), une journée de la décarbonation sur le modèle des journées de la science et deux nouveaux modules de sensibilisation par an. AMU a par ailleurs adopté en décembre 2024 un schéma directeur de développement durable et de responsabilité sociétale, qui engage l’établissement sur cinq ans autour d’une quarantaine d’actions.
Les formations de Polytech Marseille pour la décarbonation industrielle
Le volet formation s’appuie sur plusieurs cursus de Polytech Marseille, école d’ingénieurs interne à AMU, habilitée par la Commission des titres d’ingénieur et membre de la Conférence des grandes écoles.
| Formation | Description | Calendrier |
|---|---|---|
| Diplôme d’ingénieur Écologie industrielle et environnement | Accessible en formation initiale par apprentissage ou sous statut d’étudiant puis d’apprenti, avec une vingtaine d’étudiants dont dix apprentis chez ArcelorMittal, Airbus Helicopters, STMicroelectronics ou Engie | Ouvert en 2025, deuxième promotion recrutée |
| Mastère Spécialisé Économie circulaire et organisation durable (ECOD) | Bac +6 labellisé par la Conférence des grandes écoles, 10 places par an | En cours |
| Diplôme universitaire Expert de la décarbonation | 120 heures pour construire la trajectoire de décarbonation d’une entreprise aux côtés de sa direction | Ouverture visée en 2027 |
| Mastère Spécialisé Bâtiment en climat chaud | Co-conçu avec l’ESIROI, école d’ingénieurs de La Réunion, avec un enseignement partagé entre Marseille et La Réunion | Rentrée 2027 |
Le cursus ingénieur couvre l’évaluation des impacts environnementaux, le traitement de l’eau et des effluents, le captage et la valorisation du CO₂, l’électrification des procédés, l’efficacité énergétique et la conduite du changement. Ses objectifs sont de 70 diplômés par an à l’horizon 2030 et de 75 % d’insertion professionnelle. Le campus y ajoute des parcours interdisciplinaires, de nouveaux modules intégrables aux formations existantes, la formation de 32 formateurs, des outils de sensibilisation pour les jeunes de la 3e à bac +2 et le soutien à des thèses CIFRE co-portées avec les industriels.
Accompagner les salariés et les entreprises du territoire
Le troisième pilier concerne d’abord les personnes déjà en poste. Le campus prévoit un accompagnement au bilan de compétences sur les enjeux de décarbonation, des formats courts et certifiants sous forme de badges (par exemple trente heures sur la thermique du bâtiment ou sur la captation du CO₂ en sortie d’usine), une offre modulaire ouverte à la validation des acquis de l’expérience et des formations au management et à la conduite du changement.
Pour les entreprises, il donne accès aux laboratoires d’AMU. Lorsqu’une PME ou une ETI identifie un verrou technique qu’elle ne peut pas lever seule, une pré-étude peut démarrer en laboratoire par l’intermédiaire d’un alternant ou d’un doctorant, avec l’ensemble des 123 structures de recherche de l’université. Les formes de collaboration incluent les thèses CIFRE, les thèses appliquées, le prototypage, le dépôt de brevet, les stages de fin d’études et l’apprentissage. Plusieurs entreprises sont déjà nées de ce continuum entre recherche et industrie, notamment dans la récupération de chaleur fatale pour produire de l’électricité.
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Lancement le 1er octobre et comment rejoindre le campus
La cérémonie de lancement se déroule le 1er octobre 2026, de 14h à 16h30, à l’amphithéâtre Néel de Polytech Marseille, en présence d’industriels, de collectivités, de partenaires institutionnels, d’enseignants-chercheurs, d’étudiants et de professionnels en reconversion. Le programme alterne des séquences consacrées à la sensibilisation, à la formation et à l’accompagnement des entreprises.
Plusieurs annonces sont prévues : le lancement des premières formations, l’ouverture du travail sur l’exposition itinérante, le calendrier des ateliers thématiques, un appel à contributions pour les entreprises volontaires, les porteurs de parcours et les projets pilotes, l’ouverture de la gouvernance aux partenaires et un rendez-vous tous les six mois.
Le campus fonctionne avec des participants plutôt qu’avec des adhérents, qui disposent de trois portes d’entrée : exprimer un besoin de compétences, confier un verrou technique ou rejoindre le comité des partenaires, dont les membres se retrouvent tous les six mois.
Ce qu’il faut retenir sur le campus des transitions industrielles
Aix-Marseille Université lance le Campus des transitions industrielles, un hub incubé à Polytech Marseille pour former aux compétences de la décarbonation. Il s’adresse à la zone industrielle de Fos-Berre, qui compte près de 20 milliards d’euros d’engagements industriels et 10 000 emplois à créer ou à transformer d’ici 2030. Le projet, doté de 5 026 560 euros dont 2 500 000 euros d’aide France 2030, repose sur trois missions : sensibiliser, former et accompagner.