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 La filière nucléaire recrute : quelles opportunités pour les ingénieurs ?

La filière nucléaire recrute : quelles opportunités pour les ingénieurs ?

Longtemps discret, le nucléaire est redevenu l’un des plus gros recruteurs de l’industrie française. Portée par la relance du programme électronucléaire – six nouveaux réacteurs EPR2, prolongation du parc existant, petits réacteurs modulaires -, la filière prévoit de recruter environ 100 000 personnes d’ici 2035. Une part importante de ces postes concerne des ingénieurs, ce qui en fait une voie d’avenir pour les étudiants des écoles d’ingénieurs.

Pourquoi ce besoin massif, quels métiers d’ingénieur sont recherchés, à quels salaires et par quelles formations y accéder ? Le point sur une filière redevenue stratégique.

Pourquoi le nucléaire recrute-t-il autant ?

Le contexte a radicalement changé depuis le début de la décennie. La relance du nucléaire, portée par l’État et confirmée par la loi d’accélération, s’est traduite par le lancement de plusieurs grands chantiers. Le programme EPR2 prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération, à commencer par le site de Penly, en Normandie, avec une mise en service visée autour de 2035. S’y ajoutent le Grand Carénage, vaste programme de prolongation de la durée de vie des 56 réacteurs existants, le développement de petits réacteurs modulaires (SMR) et les opérations de démantèlement des installations arrêtées.

À cette montée en charge industrielle s’ajoute un facteur démographique : une part importante des salariés actuels partira à la retraite dans les prochaines années. La filière doit donc à la fois accompagner sa croissance et remplacer les départs. Comme le résume le secteur lui-même, un salarié sur deux qui travaillera dans le nucléaire en 2030 n’y travaille pas encore aujourd’hui.

 

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100 000 recrutements d’ici 2035 : les chiffres

Les besoins sont désormais chiffrés précisément. Selon le rapport Match du GIFEN (Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire), la filière – troisième filière industrielle française, avec environ 250 000 emplois directs et indirects – prévoit de recruter près de 100 000 personnes d’ici 2035, pour atteindre un total d’environ 300 000 emplois. La moitié de ces recrutements accompagne la hausse d’activité, l’autre moitié remplace les départs.

Deux tiers de ces embauches concernent des métiers de techniciens, du CAP au bac+3. Mais le dernier tiers, très qualifié, cible massivement les ingénieurs : parmi ses vingt métiers les plus recruteurs, la filière compte plusieurs postes d’ingénieur (sûreté nucléaire, étude et conception, génie civil, contrôle-commande, chef de projet). Pour un diplômé d’école d’ingénieurs, l’éventail des débouchés est donc large.

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Quels métiers d’ingénieur dans le nucléaire ?

Les ingénieurs interviennent à toutes les étapes, de la conception d’un réacteur à son exploitation.

Métier d’ingénieur Mission principale
Ingénieur sûreté nucléaire Garantir le respect des normes de sûreté à chaque étape
Ingénieur étude / conception (mécanique, génie civil) Concevoir et dimensionner les réacteurs et les installations
Ingénieur contrôle-commande Piloter les systèmes de commande et d’automatismes
Chef de projet Coordonner les grands chantiers : budgets, délais, équipes
Ingénieur exploitation / maintenance Assurer le fonctionnement et la maintenance du parc

Le point commun de ces métiers : une exigence de sûreté nucléaire qui structure tout le travail, de la conception à la maintenance. Côté rémunération, un ingénieur débutant dans le secteur perçoit de l’ordre de 3 200 € brut par mois, souvent complété par des primes liées aux contraintes spécifiques (radioprotection, déplacements). Les profils spécialisés en sûreté ou en gestion de grands projets sont particulièrement recherchés.

 

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Comment se former au nucléaire en école d’ingénieurs ?

La plupart des grandes écoles d’ingénieurs généralistes permettent de s’orienter vers le nucléaire, via une spécialisation ou une option en énergie, en génie mécanique ou en génie des procédés. Certaines écoles proposent des cursus dédiés : l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), rattaché au CEA, ou des établissements comme Grenoble INP-Phelma, les Mines ou Centrale forment spécifiquement aux métiers du secteur.

Face à l’ampleur des besoins, l’offre de formation se renforce. Dans le cadre du plan France 2030 et de son volet « Compétences et Métiers d’Avenir », plusieurs écoles et universités développent ou étoffent leurs formations en génie nucléaire. La filière multiplie par ailleurs les passerelles – masters spécialisés, mastères, formations en alternance – pour élargir le vivier de candidats.

 

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Le nucléaire, une filière d’avenir pour les jeunes ingénieurs ?

Pour un jeune ingénieur, le nucléaire cumule plusieurs atouts : des recrutements garantis sur au moins une décennie, des projets techniques d’envergure et un rôle affiché dans la souveraineté énergétique et la décarbonation du pays. La filière met aussi l’accent sur l’ouverture, notamment la féminisation des métiers, avec des initiatives comme Women in Nuclear.

Le revers de la médaille tient aux exigences propres au secteur : rigueur, culture de la sûreté et habilitations spécifiques encadrent strictement l’activité. Mais c’est précisément cette technicité qui rend les profils d’ingénieurs aussi recherchés – et qui fait du nucléaire l’une des filières industrielles les plus dynamiques à la sortie d’une école d’ingénieurs en 2026.

 

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Questions fréquentes

Combien de personnes la filière nucléaire va-t-elle recruter ?

Environ 100 000 d’ici 2035, selon le GIFEN, pour porter les effectifs de la filière à quelque 300 000 emplois. La moitié de ces recrutements accompagne la relance du secteur, l’autre moitié remplace les départs à la retraite.

Le nucléaire recrute-t-il des ingénieurs ?

Oui, en grand nombre. Si deux tiers des embauches concernent des techniciens, le dernier tiers cible des profils très qualifiés, dont de nombreux ingénieurs : sûreté nucléaire, étude et conception, génie civil, contrôle-commande, chef de projet.

Quel salaire pour un ingénieur dans le nucléaire ?

Un ingénieur débutant perçoit de l’ordre de 3 200 € brut par mois, souvent complété par des primes liées aux contraintes du secteur (radioprotection, déplacements). Les rémunérations progressent rapidement pour les profils spécialisés en sûreté ou en gestion de projet.

Quelles écoles forment aux métiers du nucléaire ?

La plupart des écoles d’ingénieurs généralistes proposent une spécialisation en énergie ou en génie nucléaire. Des cursus dédiés existent aussi, notamment à l’INSTN (rattaché au CEA), à Grenoble INP-Phelma, aux Mines ou à Centrale.

Pourquoi le nucléaire recrute-t-il autant en ce moment ?

En raison de la relance du programme électronucléaire : construction de six réacteurs EPR2, prolongation du parc existant (Grand Carénage), petits réacteurs modulaires et démantèlements. À cela s’ajoutent de nombreux départs à la retraite à compenser.

Le nucléaire est-il une filière d’avenir ?

Pour un ingénieur, oui, à horizon d’au moins une décennie : les besoins de recrutement sont massifs et durables, les projets techniques ambitieux, et le secteur est présenté comme central pour la souveraineté énergétique et la décarbonation.

Ce qu’il faut retenir

Longtemps en retrait, le nucléaire s’impose de nouveau comme l’un des grands recruteurs de l’industrie française. Avec près de 100 000 postes à pourvoir d’ici 2035, dont une part importante d’ingénieurs, la filière offre aux diplômés des écoles d’ingénieurs des débouchés nombreux et durables, dans des métiers exigeants mais porteurs de sens. Pour en profiter, une piste : choisir, dès l’école, une spécialisation en énergie ou en génie nucléaire, ou viser l’un des cursus dédiés. Dans un secteur où un salarié sur deux de 2030 n’est pas encore recruté, les opportunités n’ont jamais été aussi ouvertes.