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Musk vs Altman : le procès qui pourrait tout changer pour OpenAI

Musk vs Altman : le procès qui pourrait tout changer pour OpenAI

Ce lundi 27 avril 2026, le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, ouvre la sélection du jury pour l’un des procès les plus scrutés de l’histoire de la tech. D’un côté, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde. De l’autre, Sam Altman, patron de ChatGPT et d’une entreprise valorisée 852 milliards de dollars. Au cœur du duel : la trahison présumée de la mission originelle d’OpenAI. 

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2015-2018 : naissance et rupture d’une vision commune

L’histoire commence en 2015. Sam Altman convainc Elon Musk de cofonder OpenAI avec lui et quelques autres associés, autour d’une promesse simple et ambitieuse : créer un laboratoire d’intelligence artificielle au service de l’humanité, à but non lucratif, dont la technologie appartiendrait au monde entier.

Musk s’engage à hauteur de 38 millions de dollars entre décembre 2015 et mai 2017. Mais les tensions montent rapidement sur la direction à prendre. En novembre 2017, il écrit en interne : « Si dans trois mois on fait une société commerciale, alors ce serait un mensonge. » En 2018, il claque la porte.

Ce que Musk ne sait pas encore  c’est ce qui se passe juste après son départ. Altman crée une filiale à but lucratif, signe des partenariats avec des géants de la tech et ouvre grand les portes à Microsoft, qui investit d’abord modestement en 2019 avant de porter son engagement à 13 milliards de dollars, une participation désormais valorisée autour de 135 milliards. De son côté, OpenAI rétorque qu’Altman avait répondu par mail à Musk en septembre 2017 : « Je reste enthousiaste à l’égard de la structure à but non lucratif ! » Et que Musk lui-même envisageait à l’époque de fusionner OpenAI avec Tesla pour lui assurer des financements.


Ce que Musk réclame à Altman

La plainte de Musk repose sur une accusation centrale : Altman et son cofondateur Greg Brockman auraient trahi la mission philanthropique originelle d’OpenAI en la transformant en machine à profits, dans son dos et contre ses engagements écrits.

Ses demandes sont multiples et radicales. Il réclame le retour d’OpenAI à son statut non lucratif — ce qui bloquerait net toute perspective d’entrée en Bourse. Il exige la démission d’Altman et de Brockman. Il demande la rupture du partenariat avec Microsoft, dont le patron Satya Nadella est attendu à la barre. Et il estime que son apport initial de 38 millions doit être requalifié en investissement, ouvrant droit à des réparations. Il réclamait initialement jusqu’à 134 milliards de dollars de dommages, avant de faire marche arrière sur une demande personnelle, s’engageant à reverser d’éventuelles réparations à la fondation non lucrative d’OpenAI.

La juge Yvonne Gonzalez Rogers a par ailleurs décidé que le verdict du jury serait consultatif uniquement : c’est elle qui tranchera in fine. Trois questions sont sur la table : OpenAI a-t-elle violé sa mission philanthropique originelle ? S’est-elle enrichie injustement ? Et ses liens avec Microsoft violent-ils le droit de la concurrence ? 

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Derrière le dossier Open AI, une guerre industrielle

Ce procès n’est pas seulement une bataille d’ego entre deux milliardaires. C’est une guerre de positionnement dans la course à l’IA.

En 2023, quelques jours avant de proposer publiquement un moratoire de six mois sur le développement de l’IA, Musk lançait discrètement xAI, son propre laboratoire concurrent d’OpenAI. Un calendrier que l’entreprise d’Altman n’a pas manqué de souligner : « Cette affaire a toujours été motivée par l’ego, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent. »

Les enjeux financiers sont réels. OpenAI prépare son IPO dans un contexte où sa valorisation atteint 852 milliards de dollars. Si Musk obtient gain de cause et force le retour au statut non lucratif, toute cette perspective s’évapore. La branche non lucrative détient aujourd’hui 26 % du capital, soit plus de 180 milliards de dollars : un point central dans les débats juridiques.

De son côté, Musk aborde ce procès affaibli. La juge a réduit le champ de ses griefs et rejeté plusieurs demandes qui auraient orienté les délibérations en sa faveur. Et le mois dernier, un autre jury l’a déclaré responsable d’avoir trompé des investisseurs lors de son rachat de Twitter en 2022. SpaceX prépare par ailleurs son IPO cet été et les révélations sur ses pratiques d’affaires pourraient peser.

Les audiences s’annoncent intenses. Outre Nadella et Brockman, Ilya Sutskever, cofondateur d’OpenAI passé depuis chez ses concurrents, sera appelé à la barre. Tout comme Shivon Zilis, mère de quatre enfants de Musk et ex-membre du conseil d’administration d’OpenAI, dont la crédibilité sera attaquée par la défense.

 

Verdict attendu mi-mai