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La fusion Paramount-Warner à 110 milliards approuvée par les actionnaires

La fusion Paramount-Warner à 110 milliards approuvée par les actionnaires

Game of Thrones, Harry Potter, Top Gun, Mission: Impossible, le DC Universe, CNN, HBO Max, Paramount+, CBS… Tout ça sous le même toit. Ce jeudi 23 avril 2026, les actionnaires de Warner Bros. Discovery ont approuvé à une écrasante majorité le rachat de l’ensemble du groupe par Paramount Skydance pour 110 milliards de dollars, dette comprise. Une étape décisive vient d’être franchie. Mais le deal est loin d’être bouclé.

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Un deal à 110 milliards au bout d’une guerre épique

Tout commence fin 2025. Warner Bros. Discovery se retrouve dans le viseur de deux acheteurs : Netflix, qui propose 72 milliards pour les studios et le streaming, et Paramount Skydance, avec une offre hostile visant l’intégralité du groupe, CNN et Discovery compris. Netflix ne voulait pas des chaînes câblées. Paramount, si.

Le conseil d’administration de Warner soutient d’abord Netflix. Paramount revient à la charge, encore et encore. En février 2026, Netflix jette l’éponge, Warner signe avec Paramount : 81 milliards en valeur d’entreprise, 110 milliards dette comprise. Chaque actionnaire touche 31 dollars en cash par action. Ce jeudi, ils ont voté massivement pour.

Le financement donne le vertige : 47 milliards apportés par la famille Ellison et RedBird Capital Partners, 54 milliards de dette levée auprès de Bank of America, Citigroup et Apollo. Des fonds souverains saoudiens, émiratis et qataris participent également, sans droits de vote dans la future entité.


Ce que ce méga-groupe posséderait

Si la fusion passe, le nouvel ensemble détiendrait une bibliothèque de plus de 15 000 films et des milliers d’heures de programmes. Voilà ce qui se retrouverait sous le même toit :

Côté Warner Bros. Discovery : HBO Max, CNN, DC Studios, Harry Potter, Game of Thrones, Le Seigneur des Anneaux, Barbie, TNT, Discovery Channel, Eurosport, Cartoon Network, Adult Swim…

Côté Paramount Skydance : Paramount+, CBS (première chaîne américaine en audience), CBS News, CBS Sports, Top Gun, Mission: Impossible, Titanic, Le Parrain, Transformers, Star Trek, Nickelodeon, MTV, BET, Comedy Central, Showtime…

Il s’agirait du catalogue de franchises le plus dense jamais réuni chez un seul propriétaire. L’objectif de David Ellison, CEO de Paramount et architecte du deal : devenir le troisième pilier mondial du streaming, face à Disney+ et Netflix.

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Les promesses et les inquiétudes

Ellison a multiplié les gages. Les studios Warner et Paramount resteraient des entités indépendantes. La production cinématographique grimperait à 30 films par an, avec une fenêtre salles d’au moins 45 jours avant la VOD. Paramount+ et HBO Max pourraient à terme fusionner en une seule plateforme.

Ça n’a pas suffi à calmer tout le monde. Des milliers d’acteurs, réalisateurs et scénaristes ont signé une lettre d’opposition, craignant des suppressions d’emplois massives et une homogénéisation des contenus. Zohran Mamdani, le maire de New York, a parlé de « milliers d’emplois à risque ». La sénatrice Elizabeth Warren a été encore plus directe, qualifiant la fusion de « catastrophe antitrust ».

Le cas CNN cristallise les tensions. La chaîne passerait sous le contrôle d’Ellison, fils de Larry Ellison, fondateur d’Oracle et proche de Trump. Le sénateur Cory Booker a résumé la crainte : « Si vous contrôlez ce que les gens voient à la télévision, vous pouvez influer sur leurs opinions. »


Le vrai obstacle : les régulateurs

Le vote des actionnaires, c’est une chose. Mais c’est maintenant que ça se complique vraiment.

Aux États-Unis, le ministère de la Justice doit examiner l’opération. Le procureur général de Californie a annoncé une enquête « vigoureuse ». Onze procureurs généraux républicains ont eux aussi exprimé leurs réserves. En Europe, les régulateurs regardent de près une transaction d’une telle ampleur. D’autres États pourraient s’y ajouter.

Les deux groupes visent une finalisation au troisième trimestre 2026. Mais dans ce type de dossier, le chemin réglementaire peut durer des années, avec des conditions imposées ou un blocage pur et simple à la clé.

Un atout pour Paramount : Ellison entretient des liens étroits avec l’administration Trump, ce qui pourrait faciliter le traitement du dossier côté américain, selon plusieurs analystes.


Hollywood à l’heure de la consolidation

Cette opération dépasse le rachat de la Fox par Disney en 2019 pour 71,3 milliards, jusqu’ici le plus grand deal du secteur. Si elle aboutit, Hollywood ne serait plus dominé par cinq studios mais par quatre géants : Disney, Universal, Sony, et le nouveau Paramount-Warner.

Le verdict des régulateurs dira si ce géant voit le jour. Pour l’instant, il n’existe que sur le papier.