Verkor lève 2 milliards d’euros pour sa Gigafactory à Dunkerque

Verkor lève 2 milliards d’euros pour sa Gigafactory à Dunkerque

La jeune pousse grenobloise Verkor vient de boucler un tour de table de 2 milliards d’euros. Il s’agit de la plus grosse levée de fonds de la French Tech. Verkor dépasse le précédent record qu’avait obtenu la société Sorare avec 680 millions d’euros levés en 2021.

La start-up, qui ambitionne de devenir l’un des principaux fabricants de batteries du vieux continent, ouvrira une Gigafactory d’ici 2025 à Dunkerque.

 

Verkor, la jeune start-up grenobloise à succès

Verkor est une entreprise qui a vu le jour en 2020. Installée sur la presqu’île scientifique de la capitale des alpes, elle développe et produit des batteries pour véhicules électriques.

La naissance de Verkor a été incitée, notamment, par l’Institut européen d’innovation et de technologie dont le siège français se trouve à Grenoble. Ayant obtenu une bonne maîtrise dans le domaine des batteries électriques, des opportunités en Europe ainsi que le soutien de Schneider Electric et du groupe IDEC, tous deux présents à Grenoble, ils fondent ensemble la société anonyme Verkor en juillet 2020.

Dès 2021, Verkor parvient à convaincre et se faire une place dans l’écosystème européen. Cette même année, l’entreprise grenobloise Capgemini entre au capital de Verkor. En juillet, l’entreprise poursuit en parvenant à lever 100 millions d’euros.

En février 2022, le président de la République Emmanuel Macron annonce « la construction à Dunkerque de la première Gigafactory de cellules de batteries bas carbone en France » menée par la jeune pousse grenobloise Verkor.

 

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Verkor lève 2 milliards d’euros pour sa Gigafactory de batterie

Fort de ses ambitions, Verkor vient de boucler une levée de 2 milliards d’euros. Ces devises permettront à l’entreprise de construire sa toute première Gigafactory à Dunkerque. Verkor y lancera la production de cellules de batteries « bas-carbone et haute performance ».

Avec cette levée de fonds, la start-up compte évidemment investir en Recherche et Développement (R&D) afin de développer des batteries dernière génération ainsi qu’améliorer la chaîne de valeur de ses batteries.

 

Le secteur public au premier plan dans cette opération

Dans le détail, cette levée de fonds est le résultat de l’implication d’acteurs privés comme publics.

Verkor va recevoir un prêt de 600 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement ainsi que près de 650 millions d’euros de subventions de l’Etat français (montant comprenant l’appui financier de la région Hauts-de-France et de la communauté urbaine de Dunkerque) dans le cadre du plan « France 2030 ».

Du côté privé, les principaux investisseurs qui ont contribué à cette levée de fonds historique sont l’australien Macquarie, l’un des plus gros fonds mondiaux en infrastructures et le gestionnaire de fonds français Meridiam. Tous deux deviennent les principaux actionnaires de Verkor, dépassant ainsi Renault, qui était jusqu’à présent le principal actionnaire avec 20 % de la participation dans la startup, mais qui voit sa part diluée suite à cette opération.

Enfin, il y a d’autres investisseurs à l’instar de l’armateur marseillais CMA CGM au travers de son fonds énergie PULSE, BPI France, Renault Group ou encore le Fonds stratégique de participations (FSP) qui regroupe les sept grandes compagnies d’assurance françaises. Le Directeur général du FSP, Nicolas Dubourg, a même déclaré auprès de l’AFP : « C’est un investissement très symbolique de ce que peut être la question de la réindustrialisation en France avec une industrie de pointe ».

 

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Un enjeu stratégique

Les batteries lithium-ion sont à présent cruciales pour de nombreuses industries et pour la transition électrique que souhaite le gouvernement. La demande est donc bien réelle !

 

Les retombées de la Gigafactory Verkor

Une fois achevé, le site de Dunkerque va créer 1 200 emplois directs et 3 000 emplois indirects. L’objectif est de produire 16 GWh de batteries, dont Renault a déjà réservé 12 GWh, suite à un engagement pris en avril.

Les batteries produites par Verkor seront notamment utilisées dès 2025 dans les prochains modèles Alpine ainsi que dans des « véhicules des segments supérieurs de la gamme Renault », a déclaré le patron du groupe, Luca de Meo.

 

L’ambition de la France

A l’heure actuelle, la fabrication des batteries et le raffinage des matériaux les composant sont dominés par des géants asiatiques. L’Etat français finance donc ce projet avec la volonté de faire monter en puissance l’industrie européenne de la voiture électrique pour faire face à la concurrence asiatique. De son côté, la région Hauts-de-France aspire à devenir le leader de la production de batteries sur le continent européen.

La Gigafactory qui va sortir de terre à Dunkerque se trouvera dans la « vallée des batteries » où se trouvent déjà d’autres projets d’implantations. On y retrouvera des entreprises comme le taiwanais ProLogium, le chinois Envision ou encore le consortium franco-allemand ACC (regroupant Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz).

Emmanuel Macron déclare « La France attire, se réindustrialise, décarbone son économie, crée des emplois ! ». Pour rappel, il a fixé l’objectif de produire deux millions de voitures électriques produites en France en 2030. Les constructeurs automobiles surveillent donc de près le développement de la « Battery Valley ».

Etudiant à TBS - Chargé d'affaires chez le Petit Tou - Rédacteur Mister Prépa et PGE