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Rencontre de Cyril Flores – Entrepreneur et président du groupe Bordet

 Rencontre de Cyril Flores – Entrepreneur et président du groupe Bordet

Nous avons reçu Cyril Flores, entrepreneur, cofondateur et dirigeant pendant 14 ans de l’entreprise de télésurveillance Mediaveil. Un parcours entrepreneurial très inspirant qui l’a mené aujourd’hui à la présidence du groupe Bordet.

 

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ainsi que votre parcours ?

Je m’appelle Cyril Flores, je suis entrepreneur depuis plus de 20 ans. Ma première expérience a été de cofonder et diriger de 1998 à 2012 une entreprise de service dans la télésurveillance interactive, Mediaveil. J’ai créé ensuite une banque d’affaire VENDOME CONSEILS en 2015 après la cession de MEDIAVEIL, ce qui m’a permis de mettre cette riche expérience au profit d’autres entrepreneurs. J’ai eu la chance entre mes deux aventures entrepreneuriales de vivre une expérience très épanouissante au tribunal de commerce, avant de rejoindre la société BORDET en 2016.

 

Pouvez-vous nous parler de votre première expérience entrepreneuriale ?

On s’est posé la question « Que manque-t-il dans ce domaine, dans la sécurité ? ». Nous avons bâti sur un modèle de société innovante qui a développé plusieurs brevets dont un principal de déclenchement de brouillard sécurisé à distance.

Cette société fut dans les premières à intégrer le programme d’OSEO Excellence (devenue BPI innovation). MEDIAVEIL en quelques chiffres c’est la création d’un parc de près de 20 000 clients en récurrence, des levées de fonds pour le financement des contrats de service auprès d’un pool bancaire (dont la BPI a été leader et d’autres acteurs tel qu’Audacia en TEPA). En 2015 Mediaveil a été acquis par Verisure, le leader du secteur qui a déployé le brouillard opacifiant dans toutes ses offres depuis.

 

En quoi consiste votre métier selon vous et comment le définiriez-vous ?

Pour moi le principe d’entreprenariat est de créer de belles aventures, d’innover. Entrepreneur c’est surtout être chef d’orchestre. Il faut savoir animer, s’entourer de compétences pour mettre en musique des idées parfois folles. Pour ce faire il faut aimer l’entreprise, aimer travailler avec des collaborateurs car on ne peut pas faire sans.

En revanche le métier demande un investissement très important, c’est beaucoup de travail.   

 

Pourquoi avoir choisi l’entrepreneuriat ?

La question ne s’est même pas posée au début, je ne pensais pas que je pouvais faire autre chose. J’ai toujours eu le plaisir de créer, je pense que c’est naturel chez moi. Il fallait juste trouver une idée au départ. Ma première expérience a été dans la cave à vin. J’ai dû choisir ensuite entre la cave à vin et la télésurveillance et j’ai tranché pour cette dernière.

 

Que faites-vous aujourd’hui ?

Je suis actuellement dirigeant de Bordet, un acteur industriel historique (160 ans) adressant à l’origine la métallurgie, et désormais producteur de charbons de bois épurés de très haute qualité. J’ai vu passer beaucoup d’entreprises après avoir cédé MEDIAVEIL celle-là m’a particulièrement attiré.

J’ai compris qu’une pépite se cache derrière cette PMI familiale : son histoire, ses valeurs, un potentiel sans limite. J’ai racheté Bordet et depuis, je mets mon énergie dans la revitalisation nécessaire de l’entreprise : valoriser son savoir-faire durable et redéployer les activités vers de nouveau marchés.

Nous produisons aujourd’hui du charbon de bois pur à plus de 90% (issus de sous-produits de bois nobles provenant de forêts exploitées dans un rayon de 100km). Nous produisons en circuit fermé en recyclant toutes les énergies utilisées (cogénération). Cette entreprise si ancienne a beaucoup d’avenir car elle répond aux grands enjeux de demain dans la dépollution, dans la séquestration des gaz à effet de serre, et beaucoup d’autres applications bien être et santé. Qui aurait cru autant d’usage de cette noble matière souvent appelée l’or noir !

 

Y’a-t-il une journée-type dans votre métier ?

Je ne sais pas si c’est dans notre métier en général mais pour moi oui ! La première chose à faire quand j’arrive le matin est de lancer tout le monde, les motiver ! Je dois tout le temps être très disponible pour ne pas bloquer mes collaborateurs dans leur travail. Je réponds donc très souvent aux mails. Il ne faut pas se centrer sur son travail mais être ouvert surtout aux autres ; l’entreprise c’est tout le monde et pas seulement nous !

 

Quelles qualités faut-il pour être entrepreneur ?

Voici quelques ingrédients pour être entrepreneur selon moi : aimer le commerce, aimer les chiffres, savoir s’entourer, avoir meilleur que soi à côté donc ne pas avoir de mauvais ego. Je pense sincèrement qu’il faut s’ouvrir aux autres, à leurs expériences. L’enjeu est également de réussir à créer une bulle autour de l’entreprise pour que les gens soient heureux de travailler pour et dans l’entreprise. Et enfin je dirais qu’il faut être polyvalent comme un couteau suisse.

 

Quelles sont les difficultés que rencontrent un entrepreneur ?

Une difficulté est qu’au moment où on crée/reprend une boite, on n’a pas le mode d’emploi. C’est à ce moment que notre chef d’orchestre intérieur doit intervenir. Il y a aussi la peur de ne pas arriver à mener cette aventure avec une pensée pesante, en France l’échec est particulièrement mal vu.

La solitude et la prise de décision sont les plus dures à affronter dans ce métier. Je m’explique : quand on prend une bonne décision et que l’entreprise fleurit, c’est le collectif qui reçoit les récompenses car la boite a fonctionné grâce à tout le monde. Si on prend la mauvaise décision et qu’il y a des conséquences négatives pouvant aller jusqu’à la liquidation de la société, alors à ce moment c’est pour nous. Ce qui compte est le résultat. Quand on prend la décision, on est toujours tout seul. Il faut donc être responsable de toutes ses décisions prises. En revanche l’absence de décision est encore pire qu’en prendre une mauvaise, c’est l’immobilisme qui guette !

 

Enfin auriez-vous des conseils pour des étudiants intéressés par l’entrepreunariat ?

Il faut déjà commencer par se demander si on veut être intrapreneur ou entrepreneur, également quelle typologie (dans une entreprise mature, une startup, une entreprise en difficulté). Voyez également la manière dont vous réfléchissez si vous êtes adapté à entreprendre.

Ensuite avoir les qualités énoncées plus haut vous aidera (sachez vous entourer, vous ouvrir aux autres, être polyvalent dans les tâches). Il faut bien se connaître, connaître ses forces et enfin et surtout, croire en ses projets.

 

Le mot de la fin ?

Entreprenez en vous faisant plaisir avant tout, c’est d’une richesse quotidienne !

Julien Bourbé