Rencontre avec Marie Lozay – Directrice du Pôle Industriels PGC chez Phénix (1/2)

 Rencontre avec Marie Lozay – Directrice du Pôle Industriels PGC chez Phénix (1/2)

Phénix devient un acteur majeur de la lutte contre le gaspillage alimentaire en permettant aux commerçants de revendre leurs invendus à des prix moindres sur l’application. Nous avons rencontré Marie, directrice du Pôle Industriels PGC, arrivée depuis peu chez Phénix, qui nous raconte son parcours et ses missions dans cette entreprise très éco-friendly!

 

Lire : Rencontre avec Jean Moreau, co-fondateur de Phénix

 

Vocabulaire de l’entreprise:

  • P&L (Profit and Loss): façon de modéliser une affaire donnée afin de faire apparaître la marge qui peut être récupérée
  • BU: Business Unit
  • Test and learn: test au préalable d’une hypothèse et enseignements tirés de cette expérimentation
  • GMS: Grandes et Moyennes Surfaces

 

Pouvez-vous commencer par vous présenter, ainsi que votre parcours scolaire et professionnel ?

Je m’appelle Marie Lozay, j’ai 39 ans, je suis originaire de Rouen, je suis mariée et j’ai trois enfants. Après une prépa à Rouen, j’ai intégré Kedge à Bordeaux. Après l’école, j’ai fait une année en marketing chez Unilever en hors-domicile. Par la suite, je devais devenir chef de secteur, c’est-à-dire que j’étais obligée de passer par du terrain avant de monter sur un poste de chef de produit. Je n’ai pas souhaité faire cela, parce que je voulais consolider mes acquis sur la partie analytique.

J’ai donc décliné l’offre, et je suis allée chez Nielsen, car j’avais vraiment besoin de me réconcilier avec les chiffres et la manipulation de la data, et d’acquérir des bases solides sur la partie analytique. Pendant deux ans et demi, j’ai été bien formée ! J’étais consultante junior, confirmée puis sénior ; j’ai travaillé pour des groupes comme Nestlé, Yoplait, Saint Michel – surtout dans l’agroalimentaire. Je pouvais rencontrer les équipes marketing et commerciales de mes clients, c’était très intéressant. Cela m’a permis de développer ma connaissance des marchés, de me nourrir des stratégies des marques et de bâtir un réseau solide.

Au-delà des compétences analytiques, j’étais une (très) bonne vendeuse d’études, et mon goût pour le commercial s’est confirmé. En parallèle, j’avais envie de mettre à profit mon expérience à l’international que j’avais faite pendant mes études. J’ai donc rejoint Danone au sein de la division Evian-Volvic-Export. J’étais chargée du développement du P&L d’Evian sur l’Europe Centrale.

Il y avait une quinzaine de petits pays qui n’avaient pas vocation à devenir des BUs, donc nous passions par un réseau de 15 distributeurs locaux (par exemple, Pernod-Ricard en République Tchèque, le distributeur de Redbull en Israël…). J’ai fait cela pendant deux ans, et cela reste ma meilleure expérience pro. Une semaine sur deux, j’étais en déplacement sur la zone avec laquelle je travaillais. Je ne parlais ni tchèque, ni hébreu ou encore moins polonais, mais cela m’a permis de découvrir énormément de choses, tant professionnellement que personnellement. 

 

C’était génial, mais très intensif, et je suis devenue maman. Il n’était alors plus question de voyager partout, donc j’ai rejoint « le Groupe » chez Danone, c’est-à-dire les fonctions centrales, sur un poste de Category Manager « Croissance + », au sein d’une cellule d’accélération des business communs de Carrefour et Danone. En effet, il y a 10 ans, Carrefour et Danone avaient créé des entités miroir, « Croissance + », dont la vocation était de faire grossir plus vite les catégories de Danone chez Carrefour, et le business de Carrefour chez Danone. J’avais en charge les promotions RSE pour les deux groupes : un partenariat tripartite entre les Restos du Cœur, Carrefour et Danone, des promos autour des thématiques de santé, … qui existent encore aujourd’hui. A un moment, Carrefour a voulu repenser son concept d’hypermarché ; j’ai pris des fonctions sur cette partie, selon un modèle de « test and learn»  sur différents concepts de magasins. Cette approche de concept magasin a très bien marché et était très intéressante. Chez Danone, on a beaucoup appris en testant ces démarches de nouveaux concepts linéaires et très vite l’équipe a évolué vers un périmètre plus international, avec des clients comme Tesco, Walmart, Seven Eleven, … Passionnant, mais c’était compliqué de concilier le pro et le perso. Normande d’origine, j’avais à cœur de retourner dans ma région. J’ai donc rejoint Ferrero, pour développer le business sur de nouveaux circuits notamment la proximité. J’étais responsable du développement des ventes sur la partie hors domicile, c’est-à-dire la distribution automatique, les grossistes qui alimentent les boulangeries, les bars tabac – en fait tout ce qui n’est pas GMS. Suite à cela, j’ai pris des fonctions au niveau commercial, en tant que compte-clé national. J’ai travaillé sur des centrales d’achat comme « INCAA »  (Intermarché et Casino) et « Horizon » (Auchan et Casino). En plus de cette casquette-là, j’ai pris des responsabilités sur des projets autour du gaspillage alimentaire, en report direct au CFO Ferrero. L’objectif était de réduire le gaspillage sur l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est comme ça que j’ai connu Phénix! Des gens très pro et motivés, une mission qui a du sens… J’ai trouvé ça tellement bien qu’il y a 6 mois, j’ai sauté la barrière, et j’ai rejoint Phénix. Je suis donc directrice de la BU Industriel PGC chez Phénix. 

 

Comment s’est passé votre recrutement chez Phénix ?

Du fait du confinement, cela s’est étalé sur plusieurs mois. J’ai remplacé une personne qui était sortante. Je voulais vraiment trouver du sens dans mon travail sans savoir exactement ce que je voulais faire, et je voulais quitter l’univers des grands groupes. C’est un milieu qui est top, mais qui ne correspondait plus à ce que je voulais faire. Il y avait trop d’inertie et de process. J’avais besoin de pouvoir m’exprimer plus librement, et c’est compliqué dans ce genre de boîte. À ce moment-là quand je suis partie, j’ai été recontactée par Phénix, qui m’a dit que l’entreprise recrutait. Nous avons pris le temps de la réflexion, et le poste s’est libéré au mois de novembre. 

 

Concrètement, en quoi consiste votre mission en tant que directrice du pôle industriel ?

Chez Phénix, nous avons une cause sociétale et une cause environnementale. L’ambition de l’entreprise est d’être le partenaire des industriels sur toutes les problématiques de gaspillage, au service de la solidarité. Phénix avait commencé par s’attaquer au problème du gaspillage alimentaire surtout en GMS, c’est-à-dire magasin par magasin (par exemple dans les Leclerc, les Intermarché, …). Mon objectif aujourd’hui est de développer l’offre la plus adaptée aux différentes typologies de clients industriels, d’avoir les outils pour, de développer toute l’offre commerciale autour de ces sujets là à destination des industriels. Mes clients sont des grandes firmes comme Danone ou Coca-Cola.

Retrouvez la suite de cette interview sur ce lien!