Rencontre avec Alexis Lecanuet – Directeur Moyen-Orient d’Accenture

 Rencontre avec Alexis Lecanuet – Directeur Moyen-Orient d’Accenture

Nous avons rencontré Alexis Lecanuet, ancien Junior-Entrepreneur et diplôme de Skema BS, aujourd’hui directeur Moyen-Orient d’Accenture.

Bonjour Monsieur Lecanuet, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je suis Alexis LECANUET, ancien étudiant de Skema Lille (promo 1993). Je suis directeur Moyen-Orient d’Accenture, cabinet de conseil mondial pour lequel je travaille depuis 25 ans.

 

Que retenez-vous de votre école et de votre expérience associative ?

Ce que je retiens le plus de Skema est mon passage à la Junior-Entreprise qui s’appelait à l’époque Norétude et qui est désormais Skema Conseil. J’ai d’ailleurs été élu président de la Junior-Entreprise puis directeur régional des Junior-Entreprises et enfin président de la CNJE (Confédération Nationale des Junior-Entreprises). C’était passionnant puisqu’à 23 ans j’étais en charge d’un mouvement national. Après il a fallu démarrer une carrière et revenir sur Terre. À l’époque SKEMA était très axée sur les industries du Nord et sur le retail, j’ai donc baigné dans le milieu de la Grande Distribution très tôt, ce qui fut déterminant pour ma carrière.

 

Quel est votre parcours professionnel jusqu’à ce poste ?

Cela fait désormais 25 ans que je travaille chez Accenture. J’ai démarré ma carrière en m’occupant des clients en Grande Distribution en France. Puis, il y a quelques années j’ai changé de région pour me consacrer au Moyen-Orient. Accenture est divisé en 16 régions géographiques et de fait je m’occupe de l’une d’elles.

Historiquement le Moyen-Orient est beaucoup tourné vers l’énergie. Aujourd’hui ils se rendent compte avec la baisse du prix du pétrole qu’il est nécessaire de changer d’équation économique, ce qui nécessite de nombreux projets de transformation . Les EAU ont pour ambition d’être les meilleurs dans tous les domaines, cette volonté de réinvention ouvre tous les champs des possibles et c’est ce qui me plaît beaucoup.

 

En quoi consiste votre métier et comment le définiriez-vous ?

Mon métier chez Accenture est d’aider les plus grandes entreprises mondiales (par exemple en France : Total, Airbus ou LVMH, ici au Moyen Orient leurs équivalents en tant que leaders mondiaux) à inventer et surtout exécuter la transformation pour réussir dans leur business. Pour cela il faut de la technologie, de nouvelles stratégies ; des compétences et surtout analyser ce que ces transformations vont engendrer : une réduction des coûts, un gain en efficacité, une capacité à accéder à de nouveaux marchés etc.

 

Existe-t-il une journée-type dans votre métier ? Si oui laquelle ?

Une journée type, une semaine type, un mois type dans mon métier ça n’existe pas. Chaque journée est rythmée par les différentes demandes des clients donc aucun jour ne se ressemble.  Je n’ai pas peur de la page blanche, au contraire c’est ce qui m’anime.

 

 

Quelles qualités faut-il selon vous pour être un bon manager ?

Je dirais qu’il y a 2 choses qui sont essentielles pour être un bon manager. Premièrement il faut être authentique, c’est-à-dire savoir ressentir ce que l’on essaye de transmettre. Deuxièmement, pour réussir à être authentique il faut travailler sur ses forces. On dit souvent qu’il faut chercher à combler  ses faiblesses, ce n’est pas totalement faux. Cependant, pour passer de mauvais à médiocre le processus est long et douloureux. Or, si l’on travaille sur une de ses forces : pour passer de bon à excellent c’est du pur plaisir, le rapport énergie-impact est décuplé. C’est le conseil de carrière qui a été le plus déterminant pour moi alors je suis heureux aujourd’hui de le confier aux jeunes étudiants qui s’apprêtent à construire leurs carrières.

 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

Pour moi, la façon dont je vois mon métier, c’est la façon de créer et d’utiliser l’énergie des équipes. Les difficultés, c’est quand on manque d’alignement stratégique : on est moins efficace. Quand on a un manque de collaboration et/ou des affrontements internes, on consomme de l’énergie qui ne produit pas d’impact.

Concrètement les difficultés sur lesquelles je travaille le plus : l’alignement stratégique et ensuite maximiser l’énergie de l’équipe ensemble. Comment tirer la meilleure partie de chacun dans une vision stratégique et ensuite chacun au maximum de ses capacités, cela peut faire des miracles. C’est ça l’équation magique d’un manager.

 

Quel est la partie que vous préférez dans votre métier ?

Objectivement, ce sont les problèmes des clients qui n’ont pas été réglés avant que nous entrions dans la discussion, c’est super stimulant. Cependant, au fur et à mesure que je grandis dans ma carrière, la réalité c’est que ma nouvelle mission, et assurément la plus importante, est de former des équipes de la nouvelle génération. Le faire dans un pays émergent est ce qui me motive encore plus.

 

Comment définiriez-vous la stratégie d’Accenture ?

Notre mission est de délivrer la promesse de la technologie et de l’ingéniosité humaine ensemble, c’est-à-dire la combinaison du meilleur des dernières technologies et de l’humanité. Nous tombons donc dans un réel paradoxe car le monde de demain nécessite de plus en plus de technologies mais au même moment on a besoin de plus de compétences humaines, de gestion des émotions, de gestion du collectif et créativité. On est dans un monde où les hommes doivent être plus humains pour être plus efficaces dans un monde augmenté par la technologie.

 

Le groupe prend-il des engagements responsables ? Si oui lesquels ?

On définit la sustainability comme trois choses : la planète, les people et l’éthique et donc la façon de faire fonctionner cela. Sur la planète on a pris des engagements directs pour réduire les émissions carbones de nos bureaux mais surtout de nos déplacements qui sont les principales externalités négatives. Ensuite on aborde ce que l’on appelle le 360 degres value creation dans nos discussions avec nos clients c’est-à-dire que l’on essaye de leur amener une vision pas simplement axée sur les profits.

Après, pour moi la partie la plus intéressante, c’est qu’on est une « boutique » de 500 000 personnes qui recrute 100 000 personnes par an, et ce chiffre grandit. On est une machine à créer des compétences, de l’employabilité, et ça c’est notre engagement. Moi j’aide le Middle East à créer la workforce du futur car la jeune génération, comme beaucoup de pays émergents, est extrêmement nombreuse. Créer la workforce du futur, c’est pour moi la meilleure façon d’utiliser ce que l’on sait faire en interne  et de s’engager pour ça dans la région.

 

Des conseils pour des étudiants intéressés ?

Le premier conseil c’est de travailler sur ses forces, construire son chemin personnel nécessite de commencer à se connaitre et l’expérience des associations et de l’école est une opportunité pour cela. Le deuxième conseil est pour ceux qui sont excités par le futur, l’application des nouvelles technologies, l’accompagnement de nouvelles solutions a des problèmes complexes, ils sont les bienvenus… on recrute de façon permanente. Donc JOIN the Team.