Rencontre avec Alexandre, CEO d’Amenitiz

 Rencontre avec Alexandre, CEO d’Amenitiz

Rencontre avec Alexandre, co-fondateur et CEO d’Amenitiz, une entreprise qui aide les hoteliers indépendants à gérer leur propriété. 

 

Bonjour Alexandre, peux-tu te présenter ?

Hello Thomas, avec plaisir. Je m’appelle Alexandre, je suis l’un des trois cofondateurs d’Amenitiz et mon background c’est l’hôtellerie ! J’ai grandi à Paris puis je suis parti en Suisse pour faire mes études. J’ai fait l’école hôtelière de Lausanne, qui forme les dirigeants dans le monde de l’hôtellerie. J’ai également des parents qui sont hôteliers et qui ont un hôtel dans les montagnes suisses.

L’hôtellerie a toujours été ma passion mais ce n’est pas ce que j’ai fait directement. J’ai commencé ma carrière en tant que contrôleur de gestion chez P & G, donc plutôt une grosse boîte. Ça a été une expérience hyper intéressante, hyper enrichissante mais c’est aussi ce qui m’a fait découvrir que la grosse boite un peu corporate, ce n’est pas forcément mon univers.

J’ai réussi assez rapidement à automatiser la plupart de mon travail avec Excel et VBA et finalement, je bossais que quelques heures par jour et je n’avais pas suffisamment de choses à faire. Avec tout le temps libre que j’avais à l’époque, j’ai commencé à réfléchir et à penser à ma première boite.

 

Avez-vous lancé d’autres projets entrepreneuriaux avant Amenitiz ?

Oui ! Avant Amenitiz, j’ai eu deux sociétés. J’ai d’abord lancé en Suisse une franchise qui faisait de la réparation mobile. Ça a aussi été mon premier échec, et ça a été un peu mon MBA en termes d’apprentissage.

Ma 2ème start-up était une liste de mariage en ligne que j’ai monté avec Emmanuelle ma femme. Le concept de Wedzem était une liste de mariage participative ou les invités finançaient une partie du mariage, concept assez novateur à l’époque. L’entreprise a très vite très bien fonctionné mais il y avait un plafond de verre. Le milieu du mariage est assez petit et assez logiquement l’acquisition des clients (futurs mariés) est non seulement très compliquée mais forcément il n’y a pas de « repeat business ». On aurait pu faire une belle boite, mais pas à la hauteur des ambitions de développement que nous avions déjà à l’époque. Après 3 ans, on a décidé de vendre Wedzem et de se lancer dans un nouveau challenge : Amenitiz.

 

Peux-tu nous présenter Amenitiz ?

Chez Amenitiz on construit une plateforme qui permet aux petits hôtels indépendants, gîtes et chambres d’hôtes de gérer tous les outils dont ils ont besoin pour faire tourner leur propriété. En partant de la création du site internet, aux réservations en direct, le marketing en ligne, mais aussi tout ce qui est la gestion des réservations et de la propriété au jour le jour. Amenitiz est vraiment l’outil tout-en-un qui permet aux indépendants de gérer leur propriété hyper facilement et en gagnant un maximum de temps.

 

Comment vous est venue l’idée de cette start-up ?

L’idée derrière Amenitiz a mis assez longtemps à mûrir. La première fois que j’ai été confronté à la complexité des outils dans le monde hôtelier a été lorsque mes parents ont acheté leur hôtel en Suisse. Nous avions la chance d’avoir une clientèle d’habitués qui venait d’une année sur l’autre. Puis avec la crise de 2008 nous avons dû, comme la majorité des hôtels, investir dans des outils qui nous permettraient de mieux gérer l’hôtel et d’être plus visible en ligne, un nouveau site internet, se référencer sur Booking et Expedia. Et d’un coup, mes parents qui n’étaient pas du tout hôteliers de métier ont dû mettre en place tous ces outils-là, se former, trouver des boîtes qui faisaient ça, les connecter ensemble… etc. Ils ont mis 6 mois, c’était un véritable parcours du combattant et ça a vraiment été ma première expérience d’à quel point la technologie dans les hôtels c’est quelque chose qui n’avait pas évolué. Il n’y avait pas de solution vraiment simple qu’un hôtelier pouvait mettre en place sans que ce soit une usine à gaz.

Une dizaine d’années plus tard, pendant que je faisais le wagon, une école de code, Emmanuelle, mon associée a décidé de lancer un site e-commerce de sac à main. Elle a fait ça sur Shopify, qui te permet de tout gérer sur une seule plateforme : La création du site internet, les envois, les stocks, les paiements. Via Shopify, Emmanuelle avait, en moins d’une journée, mis en ligne un site canon et pouvait commencer à recevoir des commandes, tout en ayant une gestion des stocks hyper facile. On a commencé à en discuter, et c’est là qu’on a eu un déclic avec ce que j’avais vécu dix ans plus tôt. Nous voulions développer une plateforme qui permettrait à un hôtelier qui n’a aucune compétence informatique, de pouvoir avoir un site spécialisé pour la réservation de nuitées, et de booster ses réservations en ligne de manière hyper simple, tout en ayant un espace administrateur ultra-intuitif pour gérer ses réservations.

On voulait vraiment un outil à la portée de tous.

 

Comment est organisée votre entreprise ?

On a 4 pôles chez Amenitiz :

Le pôle produit, qui analyse et définit les besoins du client jusqu’au développement des nouvelles fonctionnalités avec nos ingénieurs.

Le pôle acquisition, composé des équipes de sales et marketing qui est en charge de l’acquisition de nouveaux clients

Le pôle Customer Success, responsable du bien-être et de la satisfaction client du moment où il rejoint Amenitiz et également au jour le jour

Le pôle People qui s’assure que nous recrutons les meilleurs talents et que nos équipes soient heureuses et motivées !

 

Comment se passe la croissance de votre entreprise ?

Tu sais, quand tu montes une boite, il faut toujours être un peu schyzo car tu es toujours partagé entre l’idée que ta start-up à le potentiel d’être une énorme boite (sinon tu ne le fais pas) et en même temps tu es quand même assez réaliste et tu te dis que si tu signe 10/15 clients la première année, ce serait déjà génial. Ce qu’on a découvert assez vite c’est qu’on avait un vrai product market-fit, un produit qui répond à un vrai besoin client et pour lequel les clients sont prêts à payer. Sur les 6 premiers mois de commercialisation nous avons finalement signés plus de 80 clients et on double le nombre de clients tous les 6 mois

 

Des postes à pourvoir ?

Oui justement ! Cette année, on quadruple la taille de l’équipe en recrutant 140 personnes. On recrute pour tous les pôles mais principalement en Sales, en Marketing et en Customer Success. On est également en train de pousser sur des nouveaux marchés, notamment l’Italien et l’Angleterre.

Pour des gens qui sortent d’études, je pense qu’il y a deux chemins hyper intéressants et très formateur pour lancer une carrière : Le Sales et le Customer Success, qui sont des métiers qui offrent un accès direct aux clients et permettent développer un sens de l’écoute et de l’analyse de leurs problématiques pour répondre au mieux à leurs besoins. Et pour les étudiants qui nous lisent et sont à la recherche d’une première expérience en sales, chez Amenitiz on est en train de monter une sales académie. On recrute des stagiaires ou des fins d’études et on leur apprend les bases du métier.

 

Un dernier conseil pour les étudiants qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise ?

Rien ne remplace l’expérience et je pense qu’il faut avoir le courage de se lancer ! Si je n’avais pas fait autant d’erreurs et autant appris sur mes boites précédentes, nous n’aurions pas pu monter et développer Amenitiz aussi rapidement. Se lancer et ne pas réussir, ce n’est pas un problème ! Le plus important c’est d’apprendre des échecs que t’as eu, des erreurs que t’as faites. Grâce à cela, chez Amenitiz on a pu se focus sur des choses qui étaient vraiment importantes, vraiment clés, et faire un peu le tri. On sait aujourd’hui qu’il faut être focus sur l’acquisition des clients, et qu’en fait il n’y a que ça qui compte. Et que tous les prix de startups, les soirées networking ou autre, si tu ne vas pas acquérir du client, ça n’a pas vraiment d’importance.

Donc le plus gros conseil que je pourrais donner, c’est lancez vous ! Faites des erreurs, et vous en ferez, mais surtout apprenez de celles-ci ! On apprend en faisant et en faisant des erreurs.

Thomas Robert