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Rémi Bourgarel – De la direction de VEOLIA à la création de son entreprise

 Rémi Bourgarel – De la direction de VEOLIA à la création de son entreprise

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, alors je m’appelle Rémi Bourgarel et je suis ingénieur Supélec, diplômé en 1990. J’ai travaillé plus de 25 ans au sein de l’entreprise multinationale VEOLIA dont 15 à l’étranger. Il y a presque un an, nourri de cette expérience professionnelle, j’ai quitté VEOLIA pour lancer “Services For Environment”, une société qui vise, entre-autre, à accompagner les entreprises à s’implanter à l’étranger. 

 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique ?

Je suis diplômé de Supélec promo 1990. Supélec car oui jusqu’à il y a une 10e d’années, Centrale-Supélec était séparée en deux écoles distinctes qui proposaient des parcours différents. 

Mon parcours académique est assez singulier voire même atypique je dirais du fait que j’avais opté pour un DUT à la suite de mon bac, que je trouvais plus professionnalisant qu’une classe préparatoire. Quand je me suis orienté vers le DUT, j’avais l’intention de continuer les études par la suite sans bien savoir sur quel cursus (école, universitaire etc.). J’ai fini mon DUT major de ma promotion et j’ai pu entrer à Supélec qui offrait cette passerelle à tous les majors de promo des DUT. Arrivé à Supélec j’ai rejoint une classe composée de 25 majors de toute la France pour une année de “remise à niveau” à Rennes. Cette année “spéciale” m’a permis d’acquérir des connaissances plus théoriques que celles acquises pendant mon DUT à Marseille. Après cette première année, j’ai réintégré le parcours classique pour poursuivre le cursus en 2ème et 3ème année où je me suis spécialisé en partie dans les systèmes d’information.

 

Quelles ont été vos premières expériences professionnelles ?

Comme beaucoup d’ingénieurs sortis d’école à cette époque, mon parcours a débuté par le service national, encore obligatoire à ce moment. J’ai opté pour la coopération, et je suis parti 2 ans en Côte d’Ivoire. Par la suite je suis revenu en France et j’ai cherché un emploi. Je me suis retrouvé à la Compagnie Générale des Eaux (devenue VEOLIA par la suite) à la suite d’un long processus de recrutement. Je voulais faire un métier qui ait du sens, être sur le terrain et au contact des clients. J’ai commencé par une première expérience “opérationnelle” en tant qu’adjoint du chef d’agence en Lorraine, suivie d’une deuxième plus “technique” en tant qu’ingénieur d’études – où j’étais confronté aux techniques du métier comme le traitement de l’eau notamment. 

Par la suite on m’a proposé un poste de Directeur d’Agence en Bourgogne et ce fut ma première grosse expérience avec de vraies responsabilités (un budget à gérer, des comptes à rendre, une équipe de 120 personnes etc.). C’était une réelle opportunité à saisir d’autant plus que l’agence en Bourgogne était l’une des plus grosses à cette époque. C’était un poste très challengeant mais j’avais, après 5 ans à la tête de l’agence, envie de changement notamment débuter une carrière à l’international. 

 

Vous êtes par la suite parti en Afrique puis au Moyen-Orient, pourquoi ce choix et qu’avez-vous fait dans ces différents continents ? 

J’avais envie de changement et j’ai toujours adoré les challenges. Le goût pour l’international me vient de mon expérience de Côte d’Ivoire après ma diplomation. C’était le début de l’internationalisation pour VEOLIA qui proposait peu de postes à l’étranger hormis pour les personnes déjà expérimentées. Au vu de mon profil et de mon envie de partir travailler à l’étranger, je suis parti au Gabon (Afrique) en tant que Directeur de l’équipement de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG), une filiale de VEOLIA. En réalité ce poste n’avait pas de rapport direct avec mes expériences antérieures mais j’ai extrêmement apprécié cette mission ! J’ai eu pendant plusieurs années de belles responsabilités et j’ai travaillé sur de beaux projets. 

On m’a par la suite proposé d’aller au Moyen-Orient, aux Emirats Arabes Unis, basé à Abu Dhabi exactement ; encore une fois je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai foncé. L’objectif était d’ouvrir la filiale au Moyen-Orient, de créer les bureaux, gagner des contrats, démarrer les opérations… globalement de faire du Moyen-Orient une filiale à part entière. J’ai travaillé un peu plus de trois ans là-bas avant de partir à Oman par la suite. Lorsque j’étais arrivé au Moyen-Orient nous étions trois et quand je suis reparti plus de 3 000 ! 

Après une longue expérience de plus de 5 ans au Moyen-Orient, je suis retourné en Afrique, au Niger cette fois, dans la Société d’Exploitation des Eaux du pays en tant que Directeur Général où je gérais plus de 650 salariés. 

 

Pourquoi être par la suite revenu en France ?

J’avais 3 ans enfants étudiants en France et après 15 à bouger souvent, je voulais me poser un peu. J’ai occupé le poste de Directeur Général de la filiale de Marseille (Eaux de Marseille) et j’ai été par la suite Directeur du développement Afrique en restant en France. C’est clairement mon expérience antérieure sur le continent en africain qui m’a permis de décrocher ce poste. A mon sens, c’est bien l’expérience qui créée le parcours. 

Finalement, après ces 25 années au sein de VEOLIA, j’ai eu envie de vivre une autre chose, de créer ma propre société en utilisant toute mon expérience acquise et mon réseau développé pendant ma carrière.

 

De par les multiples continents et pays que vous avez traversé, quelle expérience a été la plus marquante ? 

A vrai dire, je n’ai pas de réponse géographique à apporter à cette question car cela dépend davantage des rencontres, des activités et des intérêts de chaque mission. Dans les 4 pays où j’ai pu travailler (Gabon, Emirats Arabes Unis, Oman, Niger) j’ai trouvé un optimum de ces 3 choses. 

Au Gabon : une équipe très compétente, avec beaucoup de moyens (plus qu’en France) et des challenges énormes.

Au Moyen-Orient (Émirats et Oman) : j’avais beaucoup plus d’appréhensions notamment concernant l’ouverture, la religion, les droits des femmes etc. Mais le challenge était encore plus important qu’au Gabon avec la création d’une filiale en partant de rien, comme je vous l’ai expliqué, nous sommes passés de 3 à 3000 personnes en 5 ans. C’est une expérience très enrichissante et challengeante d’autant plus qu’il y a un contraste énorme entre ces différents pays bien qu’ils fassent partie d’une même région : il y’a des gens, des cultures et un état d’esprit différent. 

À Oman on a fait en sorte que le pays devienne une entité à part entière et autosuffisante (au niveau des ressources, des moyens mis en œuvre) du reste du groupe avec des enjeux techniques et commerciaux, de ressources humaines etc. dans un superbe pays. 

Au Niger : l’objectif dans un des pays les plus pauvres du monde, était de travailler sur le développement de l’accès à l’eau. Contrairement aux autres expériences, on a pu mesurer l’impact de toutes nos actions ; ce qui avait encore plus de valeur dans un pays où les problèmes de compétences et de ressources sont nombreux.

 

Avez-vous observé une différence dans la manière de manager une équipe (France/ à l’étranger) ?  

Oui totalement, j’ai constaté beaucoup de différences. Les processus et méthodes de fonctionnement ne sont pas les mêmes et différent d’un pays à l’autre. Au Moyen-Orient, l’équipe était internationale avec plus de 50 nationalités alors qu’au Niger les salariés avaient beaucoup mins de ressources. Il faut donc être habile et adapter son management en fonction de la région dans laquelle on se situe et de l’équipe dont on dispose. Il est absolument nécessaire de pouvoir s’adapter à son environnement.

 

Durant toute votre carrière vous avez occupé des postes à haute responsabilité, notamment en tant que Directeur Général, quelles sont les qualités exigées ? 

  • Adaptation / Adaptabilité
  • Compréhension des enjeux
  • Réactivité
  • Autonomie dans la décision

Dans un grand groupe international, il y a généralement beaucoup de ressources disponibles en cas de problème et derrière une responsabilité on peut s’appuyer sur le groupe. Il faut savoir à qui s’adresser et où s’adresser, on est un peu le chef d’orchestre de la société et on doit veiller au bon fonctionnement de cette dernière. 

 

Vous avez créé votre propre société “Services For Environment” l’année dernière : pourquoi ce choix et en quoi consiste-t-elle ? 

Quand on occupe un poste au sein de la Direction Générale il y a un gros carquant. Il y a des objectifs et une stratégie d’entreprise à suivre, sans trop d’autonomie ; ce qui n’est pas le cas lorsqu’on est chef de sa propre entreprise. Si on veut s’amuser, on peut le faire à son compte, comme ça on est beaucoup plus libre ! 

Ma nouvelle société est basée à Marseille. L’objectif est de servir des clients à l’international dans le domaine de l’environnement de différentes manières : 

  • Accompagner des entreprises étrangères qui souhaitent s’implanter à l’étranger notamment en Afrique (qui est un marché compliqué lorsqu’on ne le connaît pas bien).
  • Co-développement de projets avec des partenaires financiers, techniques etc. dans le domaine de l’environnement comme la transformation de déchets en énergie par exemple en jouant le rôle de chef d’orchestre dans la gestion de projet.
  • Expertise et assistance technique : missions ponctuelles sur des problématiques techniques particulières en lien avec l’Afrique. 

Je suis pour le moment seul au sein de mon entreprise mais je possède différents partenaires avec des projets dans 5 pays notamment au Nigéria, au Kenya ou encore à Madagascar. Je sollicite des personnes d’autres sociétés et je travaille en binôme et/ou trinôme. 

 

Que conseillerez-vous aux étudiants ingénieurs qui souhaitent se lancer à l’international ? 

Aujourd’hui la situation est différente de celle d’il y a 20 ans… A l’époque il était très rare de débuter à l’international et il fallait 5 à 10 ans d’expérience minimum avant de se lancer à l’étranger, mais maintenant on peut y commencer directement sa carrière. Le VIE pour partir à l’international est une expérience super intéressante par exemple. 

  • L’international est l’opportunité de faire de multiples rencontres mais surtout d’occuper des postes à hautes responsabilités qu’on n’aurait pas pu avoir en France. 
  • Des retours en France sont toujours possibles même s’ils ne sont pas toujours faciles.
  • La France propose des mécanismes et des outils qui facilitent ce processus.

Je n’ai plus qu’une chose à dire, FONCEZ ! 

 

 

Dorian ZERROUDI

Directeur de Mister Prépa et Co-fondateur de Planète Grandes Écoles j'ai à coeur de transmettre et oeuvre pour l'égalité des chances.