Présidentielles 2022 : analyse de tout ce qu’il faut savoir !

 Présidentielles 2022 : analyse de tout ce qu’il faut savoir !

Après plusieurs mois de campagne électorale, le résultat, tant attendu, des deux candidats finalistes est enfin tombé : Emmanuel Macron récolte 27,84 % des voix pendant que Marine Le Pen en obtient 23,15 %. Ce duel rappel fortement celui de 2017, où les deux candidats s’étaient déjà affrontés lors du second tour des élections présidentielles.

Pendant ces deux semaines d’entre-deux tour, ils devront décupler leurs efforts pour capter les voix des autres candidats et ainsi espérer accéder (ou « ré-accéder ») au palais de l’Élysée.

 

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Quelques chiffres à retenir pour cette campagne

  • 42 % des 18-24 ans ne sont pas allés voter.
  • 37,5 % des plus de 65 ans ont voté pour Emmanuel Macron.
  • L’extrême droite représente 32 % des votants.
  • En 10 ans, les partis traditionnels ont perdu en poids dans l’urne : 55,8 % en 2012… 6,6 % en 2022.
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Un premier tour plein de rebondissements

Derrière les deux candidats gagnants, Jean-Luc Mélenchon atteint la barre des 20 % en en surprenant plus d’un. Le dirigeant de La France Insoumise a profité d’un engouement récent, notamment auprès des jeunes, pour remporter plusieurs grandes villes comme Toulouse, Montpellier, Lille et Rennes, et atteindre la majorité absolue en Guadeloupe, Martinique et en Guyane.

Il a réussi a être le représentant d’une gauche divisée dans les urnes, même si le « vote utile » a également eu son rôle à jouer lors de ce premier tour.

 

Loin derrière Jean Luc Mélenchon, l’ex polémiste Eric Zemmour atteint 7,07 %. Ce score lui permet d’avoir sa campagne remboursée par l’État. Même si ce chiffre semble faible comparé à ce que certains sondages pouvaient annoncer, Eric Zemmour est passé devant des représentants de partis historiques comme Valérie Pécresse (LR) et Anne Hidalgo (PS)… alors même, que son parti n’existe que depuis peu. 

Seulement 4 candidats sur 12 vont bénéficier de l’aide de l’Etat pour rembourser leurs frais de campagne, chacun cumulant au moins 5% des votes. Parmi les 8 candidats restants, plus de la moitié sont de gauche.

Nom du candidatNombre de voix% obtenu
Emmanuel MACRON9 785 57827,84
Marine LE PEN8 136 36923,15
Jean-Luc MÉLENCHON7 714 94921,95
Éric ZEMMOUR2 485 9357,07
Valérie PÉCRESSE1 679 4704,78
Yannick JADOT1 628 3374,63
Jean LASSALLE1 101 6903,13
Fabien ROUSSEL802 6152,28
Nicolas DUPONT-AIGNAN725 3562,06
Anne HIDALGO616 6511,75
Philippe POUTOU268 9840,77
Nathalie ARTHAUD197 1840,56
Source : Ministère de l’Intérieur

 

Dédiabolisation de l’extrême droite et ras-le-bol des partis traditionnels ?

Deux faits marquants sont à souligner durant cette campagne : le faible score des partis traditionnels comme le Parti Socialiste et le parti Les Républicains et la forte présence de l’extrême droite dans les urnes.

Pendant toute la campagne (et même avant), l’extrême droite a su gagner le cœur de nombreux électeurs et se faire peau neuve : en additionnant les scores de Marine Le Pen (Rassemblement National), d’Eric Zemmour (Reconquête) et de Nicolas Dupont Aignan, ce sont 33 % de Français qui sont représentés.

 

A l’opposé, les partis traditionnels de gauche et de droite ne font même pas 10%, là où en 2017 François Fillon récoltait 20,01 % des voix tandis que Benoît Hamon est monté jusqu’à 6,36 %. Est-ce le signe d’une droite déchue et d’une gauche fracturée ?

Ce que l’on peut en tout cas dire, est que ces deux partis ne sont désormais plus majoritaires dans les urnes et que des solutions alternatives ont été privilégiées.

 

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Les enjeux de l’entre-deux tour

Un élément sera obligatoirement à prendre en compte lors de ce second duel Marine Le Pen – Emmanuel Macron : les 5 dernières années sous la présidence du candidat de La République En Marche. Peu connu du grand public en 2017, il évoque désormais chez chaque Français un avis différent.

Emmanuel Macron a l’avantage d’avoir pour lui une expérience et un bilan à défendre. Mais ce bilan pourrait aussi être la source de ses difficultés. Il a traversé plusieurs crises et scandales tout au long de son mandat et a vivement été critiqué par ses opposants politiques et une partie des Français. Il a réussi malgré tout à améliorer son score de 2017 de 3 % (le précédent étant 24 %), preuve qu’il bénéficie tout de même d’un soutien solide.

Marine Le Pen part, elle, dans une position plus favorable qu’en 2017. Les cartes semblent être rebattues et après avoir fait une belle campagne, elle bénéficie d’une véritable popularité auprès d’électeurs lassés du précédent quinquennat.

 

Les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages : selon un sondage du Parisien, Emmanuel Macron obtiendrait 54 % des votes contre 46 % pour Marine Le Pen. Le combat s’avère rude pour les deux prétendants car il existe un double enjeu : convaincre les électeurs indécis et/ou orphelins de leur candidats et mobiliser tous les leviers possibles pour se faire élire.

Crédits photos : AFP - LUDOVIC MARIN

Et maintenant ?

Le second tour de la présidentielle se déroulera le 24 Avril 2022. Jusqu’à cette date, les deux candidats seront à nouveau en campagne. Les autres eux, ont déjà commencé a donner leurs consignes de vote :

 

  • Yannick Jadot : « J’appelle les électeurs écologistes à faire barrage à l’extrême droite ».
  • Jean-Luc Mélenchon : « Nous savons pour qui nous ne voterons jamais, pour le reste, comme je vous l’ai dit il y a cinq ans, les Français sont capables de décider ce qu’il est bon de faire ».
  • Eric Zemmour : « Reconquête n’abandonnera rien tant que Reconquête ne sera pas reconquise. Je suis déterminé à poursuivre le combat et je vous dirai la forme que prendra mon combat. Je ne peux pas rester les bras croisés devant les maux de la France. J’appelle mes électeurs à voter Marine le Pen ».
  • Valérie Pécresse : « Je crois comme Jacques Chiraq que tout, dans l’âme de la France, dit non à l’extrémisme ».
  • Jean Lasalle : Pas de consigne de vote. « Cette fois-ci, je vote, mais mon vote n’intéressera que moi, car je redeviens ce soir et à cet instant un simple citoyen ».
  • Nicolas Dupont-Aignan : « J’appelle les Francais à tout faire pour faire barrage à Macron. C’est pourquoi je voterai Marine Le Pen ! »
  • Anne Hidalgo : « Pour que la France ne bascule pas dans la haine de tous contre tous, je vous appelle avec gravité à voter le 24 avril contre l’extrême droite de Marine Le Pen en vous servant du bulletin de vote Emmanuel Macron ».
  • Fabien Roussel : « J’appelle ce soir à battre l’extrême droite, à la mettre en échec, en se servant du seul bulletin à notre disposition ».
  • Phillipe Poutou : « Pas une voix ne doit aller à l’extrême droite ».
  • Nathalie Arthaud : Pas de consigne.

 

Globalement, des « alliances » bon gré mal gré se dessinent pour ce second tour, sachant que chaque candidat va aussi devoir combattre l’abstention (26,31 % au 1er tour). Il existe un risque que cette tendance s’installe le 24 avril en rejet du programme de Marine Le Pen et/ou du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Ce premier tour de la campagne présidentielle a confirmé le déclin des grands partis traditionnels, cumulant à peine 7 % des suffrages (Jean Lasalle qui fait plus que Anne Hidalgo par exemple), Jean Luc Mélanchon à moins de 2 % du second tour…

Ces élections peuvent être historiques si Marine Le Pen accède au pouvoir, ce qui serait une première en France et le résultat d’un long travail de fond. Emmanuel Macron va devoir faire des concessions sur des mesures polémiques, comme la réforme des retraites pour espérer récupérer d’autres électeurs.

 

Présidentielles 2022 : les résultats finaux le 24 avril 2022

D’ici deux semaines, la France connaitra son représentant, nous verrons un second duel entre ces deux candidats dans un contexte totalement différent de celui de 2017. Le président de la république, plutôt décrié lors de son mandat devrait asseoir sa courte avance dans les sondages pour espérer passer face à une Marine Le Pen plus dangereuse qu’en 2017.

Cette dernière possède une véritable côte de popularité et bénéficie du ras-le-bol général sur Emmanuel Macron.

Rendez-vous dans deux semaines pour suivre le dénouement de ce duel pour la présidence de la France des 5 prochaines années. Et n’oubliez pas d’aller voter : nous avons tous un rôle à jouer !

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Rédacteur en chef adjoint pour Planète Grandes Ecoles et Mister Prépa. J'aime écrire et si vous me lisez c'est que vous êtes au bon endroit :)