Paul: « Les fonds ESG ont dépassé les fonds non ESG »

 Paul: « Les fonds ESG ont dépassé les fonds non ESG »

Nous avons rencontrés Paul, étudiant en M1 de TBS, qui effectue son premier stage de césure chez Edmond de Rothschild en tant qu’analyste ESG. Il a bien voulu nous accorder cet entretien pour vous faire découvrir son poste.

 

Peux-tu te présenter?

Je m’appelle Paul Thomassin. Je suis actuellement étudiant à Toulouse Business School (TBS) au Programme Grande Ecole en Master 1 après avoir suivi une classe préparatoire ECS à Marseille. J’ai choisi une pré-spécialisation en Finance pour mon premier semestre de M1 pour enchaîner sur une césure. Durant ma première année en école, j’ai fait partie de l’association JIM (Junior Investment Management) en tant que Responsable RSE. Je m’occupais donc de l’analyse des piliers ESG de nos investissements. C’est donc en continuité avec ce parcours que je suis aujourd’hui stagiaire Analyste ESG au sein de l’équipe « Investissement Responsable » chez Edmond de Rothschild Asset Management.

 

 

Comment s’est forgé en toi cette volonté d’allier finance et développement durable?

Les enjeux du développement durable  et notamment l’environnement ont été très importants à mes yeux, depuis le lycée même. Cela s’est confirmé en classe préparatoire. Puis, je souhaitais apporter ma pierre à l’édifice, contribuer à la lutte contre le changement climatique de par ma vie professionnelle. J’étais également intéressé par la finance car d’un point de vue intellectuel, c’était le secteur qui me stimulait le plus. Donc quand j’ai découvert la finance durable, j’ai tout de suite compris que c’était vers cette voie-là que je voulais m’engager. Aussi, ce domaine me permettrait de découvrir de nouveaux enjeux, notamment les enjeux de transparence et de gouvernance, qui sont eux aussi très importants. Finalement, l’investissement responsable, qui allie performance financière sur le long terme et changement positif sur le monde, est ce qui compose notre avenir et c’est pour cette raison là que je me vois y faire ma carrière.

 

Qu’est ce qu’un analyste ESG?

Un analyste ESG analyse les données extra-financières d’une entreprise selon les critères E (Environnement), S (Social) et G (Gouvernance). Il se doit néanmoins de comprendre les données financières, puisque beaucoup de ratios sont basés sur le chiffre d’affaires. Il faut qu’il soit à l’aise avec les processus de gestions d’actifs, le fonctionnement des marchés financiers…

C’est un acteur au coeur de la taxonomie européenne parce que la taxonomie verte, notamment, est présente sur les marchés européens. Il fait donc une veille de l’actualité financière.

En résumé, un analyste ESG doit être un analyste extra-financier et un connaisseur de l’actualité financière, géopolitique, politique.

 

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Pourquoi avoir choisi Edmond de Rothschild?

J’ai choisi d’intégrer l’équipe « Investissement Responsable » d’Edmond de Rothschild Asset Management car c’est une équipe très pointue avec beaucoup d’expérience dans le domaine de l’ISR (Investissement socialement responsable). Elle cumule plus d’une cinquantaine d’années d’expérience et est investie depuis 2010 dans l’engagement responsable. Cette équipe est composée de 4 membres, dont 3 analystes. 

De plus, E. de Rothschild possède 12 fonds labellisés ISR, avec fin 2021, 8,4 milliards d’actifs* sous gestion, liés à des actifs liquides de stratégie ISR. C’est une maison qui est très tourné vers l’investissement long terme à impact sur la société.

Par ailleurs, ils possèdent 85% des en-cours de leurs fonds qui sont conformes à l’article 8 et 9 du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure), qui classe les fonds selon des critères environnementaux et sociaux divers.

L’équipe a aussi son propre système interne de notation ESG. 

C’est pour toutes ses raisons que j’ai décidé de rejoindre Edmond de Rothschild pour ma première partie de césure.

 

Comment s’est déroulé le processus de recrutement?

Au début, j’vais d’ores et déjà pour cible la finance durable. Il faut savoir que c’est un peu difficile lorsqu’on n’a qu’une moitié d’un M1, tandis que la majorité des étudiants commencent leur césure après leur année de M1.

J’ai donc candidaté à une quinzaine – vingtaine d’offres liées à la finance durable. J’ai quand même voulu postuler pour des offres en finance classique pour « sécuriser » mon stage. Mais je suis ravi d’avoir pu effectuer mon stage dans le domaine qui me plaisait le plus, chez mon premier choix.

Le processus de recrutement chez Edmond de Rothschild a débuté par une candidature classique via JobTeaser. J’ai été convié, 3 semaines plus tard, à un entretien avec les 3 analystes de l’équipe. Il y a plusieurs questions liées à mon parcours, la finance durable et l’ESG.

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Quelles sont tes missions quotidiennes en tant qu’Analyste ESG?

Mes tâches quotidiennes sont principalement l’analyse ESG d’entreprises, notamment européennes cotées sur l’indice MSCI EMU. On va donc analyser ces entreprises, de différents secteurs (BTP, boissons alcoolisées, assurances…) selon le pilier E, S, G:

  • E pour Environnement: analyse des émissions de CO2, gestion de l’eau, des déchets
  • S pour Social: politique de diversité, gestion de la chaîne de valeurs, attractivité de l’entreprise, sécurité et santé des employés…
  • G pour gouvernance: respect des droits humains, indépendance des différents conseils, politiques de rémunération…

Puisque nous possédons, au sein de l’équipe, de notre propre système interne de notation, nous arrivons à la fin à une note. Cette dernière va permettre de catégoriser l’entreprise pour l’intégrer aux différents fonds. Selon la note, une entreprise peut prétendre à intégrer le fond Edmond de Rothschild.

J’ai aussi d’autres tâches, plus ponctuelles. J’ai travaillé par exemple sur la collecte de données pour évaluer les dettes souveraines d’un point de vue ESG. Il y aussi un travail sur les politiques d’exclusion: E. de Rothschild possède une politique d’exclusion, notamment sur les armes controversées, le charbon et le tabac. Certaines entreprises, qui sont liées à ces secteurs là, sont alors exclues de nos portefeuilles.

 

Comment décrirais-tu l’ambiance de travail au sein de ton équipe?

L’ambiance de travail est très bonne. En tant que stagiaire, je bénéficie de l’expérience de mes collègues de travail, qui cumulent de longues années d’expérience en investissement socialement responsable. C’est très formateur et enrichissant. Chaque analyste a une sorte d’affinité avec certains secteurs, ce qui permet d’avoir, en tant que stagiaire, d’avoir aussi une approche par secteur qui soit très précise.

Nous travaillons aussi beaucoup en équipe, lorsque nous réalisons les fiches d’entreprise. Nous faisons une relecture avec un autre analyste pour échanger les visions et avoir un consensus.

Je m’épanouis totalement au sein de mon équipe et je leur en suis reconnaissant.

 

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Un mot de fin?

Je voudrais insister sur le fait que la finance durable prenne de plus en plus d’importance au sein de chaque entité. Quant à l’investissement responsable, sa montée est désormais inexorable. Selon l’ESMA (European securities and markets authorities), les fonds ESG ont surperformé les fonds non ESG en 2020. 

Face à l’urgence climatique et sociale dans laquelle nous vivons, Chaque partie prenante dans le processus d’investissement se doit, selon moi, d’inclure les critères liés à l’ESG afin d’allier performance financière sur le long terme et bénéfice pour la société

* Données publiques sur le site d’Edmond de Rothschild