Nathan : « j’ai intégré le TOP 3 en candidat libre »

 Nathan : « j’ai intégré le TOP 3 en candidat libre »

Retour sur le parcours de Nathan Granier qui a réussi à intégrer l’ESCP après s’être préparé tout seul, en candidat libre, au concours !

 

Comment résumerais-tu tes années de prépa ? 

J’ai effectué une prépa ECE au lycée Berthollet à Annecy, j’ai adoré ! C’est un moment de la vie où l’on développe sa culture, son intelligence. Il y a énormément de choses à faire, une exigence énorme et on se sent réellement progresser. La première année a été la plus difficile pour moi. En 2A, on est davantage stimulé, ça devient vraiment du concret, c’est beaucoup plus challengeant. Je conseille aux gens de faire la prépa, c’est une voie qui apprend à travailler, qui donne le goût du travail. J’ai commencé la prepa à 16 ans, et j’y ai vraiment grandi.

 

Pourquoi as-tu choisi de repasser les concours ? 

Après mes concours et mon admission à emlyon, j’ai vraiment hésité à cuber, j’ai toujours visé une école parisienne. Lorsque je ne l’ai pas eue, j’ai été très déçu, je l’ai vraiment vécu comme un échec. Plusieurs prépas avaient accepté mes dossiers pour cuber. Finalement, je ne l’ai pas fait. On m’a beaucoup découragé de le faire et il y avait tout de même un risque. On connait tous autour de nous d’excellents élèves qui ont sous-performé, des gens qui ont eu une bonne école en carré et qui ont fait moins bien en cubant, il y a par exemple le risque d’être malade pendant les concours. Sans être concerné le choix semble rationnel, mais le dilemme en réalité est cornélien.

 

As-tu prévenu tes professeurs de prépa que tu souhaitais repasser les concours en candidat libre ? Si oui, comment ont-ils réagi ?

J’ai prévenu 2 professeurs de mon choix, je les avais contactés vers la fin du mois de janvier alors que je venais de débuter ma préparation. Ils ont à peine réagi, cela m’a un peu heurté et m’a découragé d’en contacter d’autres. J’ai senti qu’ils ne me prenaient pas au sérieux. Par la suite, lorsque je repassais réellement les concours, les profs ont vraiment changé de regard sur moi, je pense en particulier à mon professeur d’économie à Berthollet qui m’a beaucoup aidé et conseillé. Alors que ça semblait relativement fou initialement, je sentais les gens plutôt confiants pour moi, voire excessivement confiants parfois. Mes admissibilités à l’ESCP et à l’ENS Paris-Saclay m’ont soulagé et en fin de compte, beaucoup ont retourné leur veste. Le résultat final change toute la vision du processus.

 

Quelles ont été les différences majeures entre ton année de carré et de CL ? 

Ce sont deux années qui n’ont rien à voir. En carré, on sent une montée en puissance. Tu arrives en carré, tu n’as pas du tout le niveau pour passer les concours. C’est petit à petit que tu commences à solidifier ton niveau et à être réellement prêt. Tu te dis à la fin que tu aurais pu être un peumieux préparé, mais pas tant que ça en réalité. En candidat libre, tu te prépares autrement. J’ai commencé petit à petit en janvier et suis monté en puissance dès février. En fait c’est comme quelqu’un qui a eu un accident, un gros problème physique et qui ne peut plus marcher, il ne sait plus faire ce qu’il faisait avant. Petit à petit, grâce à de la rééducation, il va commencer à lever sa jambe, à mettre un pas devant l’autre, à marcher puis à courir ! L’objectif a vite été d’avoir des excellentes notes dans mes matières fortes et de limiter la casse dans mes matières faibles.

Je n’avais pas de prof, il a donc fallu trouver mes propres ressources et me motiver seul.

 

Une semaine type en candidat libre ? 

Une vie de candidat libre, c’est très fatigant. Le dimanche c’était repos, mais plus des lectures et de la mise en ordre que du réel repos, et je faisais mon planning pour la semaine qui venait. J’allais tous les jours à la BU de Lyon 3, je faisais les ouvertures et fermetures (je n’allais presque plus en cours à la fin de l’année). Je savais que j’avais très peu de temps pour me préparer à quelque chose d’énorme, il a donc fallu très vite aller chercher mes limites. Je faisais souvent les maths le matin car les Maths parisiennes demandent une très forte concentration. Concrètement une journée type de préparation ressemblait à cela :

8h30 – 12h30 : Maths parisiennes

12h30-13h30 : Langues (alternance entre LV1 et LV2)

13h30-15H : pause déjeuner où souvent j’écoutais des émissions de radio sur l’actualité économique ou sur le thème de

 15h -17h : Le thème du corps en Culture Générale

18h30 – 21h30 : ESH

De mi-février jusqu’au concours je me suis calé sur sur ce rythme là. Plus le temps passait, plus je me mettais mal. La méthode était simple : travaillerjusqu’à tomber de fatigue.

 

Avec quels supports travaillais-tu ?

J’avais les manuels de référence dans toutes les matières  : 

Economie : le précis d’économie de Combe, le livre U d’Alain Beitonne, un peu plus massif et moins technique toutefois, l’aide-mémoire de Beitonne

Anglais : un manuel de bonnes copies à HEC, cela me servait à me montrer que des copies notées 19 n’étaient pas si exceptionnelles

Maths :livre rouge de Sylvain Rondy, manuel d’annales de Hedy Joulak

Philo : mon objectif était un peu de faire mon propre manuel sur le thème. Je savais que j’avais des facilités en philo, j’ai donc cherché à reprendre les grands auteurs que les manuels mentionnaient et j’ai creusé ces œuvres. Je demandais des références sur le corps à différentes connaissances qui n’étaient pas forcément en prépa et qui allaient être tout à fait originales. Un correcteur en CG ne saura pas que je suis en candidat libre, que je n’ai fait aucun sujet pendant l’année, tout ce qu’il aura, c’est ma copie. Il n’aura que le rendu final qui devait absolument être une merveille. J’ai repris et analysé énormément de rapports de jurys, et cela m’a aidé à faire un énorme carnet d’environ 200 pages que j’ai ensuite fait imprimer et relier, puis j’ai essayé de l’apprendre au maximum.

 

Quelles difficultés as-tu rencontrées ? 

Globalement, mes proches me soutenaient énormément. Mais c’est très dur car on a beau être soutenu, on est quand même tout seul. Des journées entières j’étais seul à travailler et cela pouvait rendre fou. En prépa, il y a quand même ce sentiment de galère collective qui fait que l’on peut prendre un certain plaisir. En candidat libre, tu es vraiment seul, livré à toi même, et tu penses seulement à ton échéance qui parait très loin et dans mon cas souvent inaccessible. Régulièrement je me disais que tout ce travail ne sert a rien. La solitude a donc été ma principale difficulté. Le plus dur n’a pas été la préparation, c’était surtout l’attente qui a été dure et stressante. Avoir l’ESCP était une vraie libération, la fin de nombreux mois de doutes, de solitude, d’efforts.

 

Aux oraux, as-tu parlé de tout cela aux jurys ? Quels oraux as-tu passés ?

J’ai passé les oraux de l’ENS Paris-Saclay et de l’ESCP, m’étant inscrit uniquement aux Parisiennes. J’ai parlé de mon choix à l’ENS Paris-Saclay seulement, mais non à l’ESCP. L’ENS n’étant pas une école de commerce, le changement était assez facile à justifier, en revanche à l’ESCP ça aurait été plus risqué. D’autant plus que l’oral de l’ESCP est assez court, j’avais peur de le dire et que l’entretien se focalise dessus, j’avais vraiment d’autres choses à mettre en avant en fait. Mon raisonnement : trop d’efforts pour prendre des risques inconsidérés.

Je conseille d’ailleurs aux gens d’aller se renseigner sur l’ENS Paris-Saclay ! C’est une voie souvent méconnue des classes prépa HEC.

 

Pour finir, aurais-tu un conseil à donner aux étudiants de prépas ? 

Je dirais aux préparationnaires de profiter de ces moments-là, il faut se dire que c’est dans les moments durs que l’on franchit des étapes, que l’on découvre d’autres facettes de sa personnalité. La prépa permet de solidifier des personnes, il faut se lancer dans cette aventure et la vivre ! Force à vous donc ! Il faut aussi être ambitieux, ne pas hésiter à viser haut dès le début ! Pour les étudiants de petites prépas, il n’y a pas de complexe à avoir, il faut tout donner et y croire à 100%.

Mon cas montre que des candidats libres peuvent réussir à avoir de très bonnes écoles (même si c’est très rare et dur), la prépa n’est donc pas dutout une condition sine qua non de votre réussite !

Hormis cela, profitez vraiment de vos profs, considérez-les avant tout comme une ressource en or, ils peuvent être un soutien énorme dans votrepréparation ! Certes ils ne sont pas tous bons mais une fois que l’on n’en a plus du tout, on les regrette. Profitez-en aussi pour travailler en groupe, bossez avec vos amis et stimulez-vous mutuellement. La classe prépa forge les plus belles amitiés, ce serait dommage de rester dans son coin et nepas en profiter.

Dorian ZERROUDI

Directeur de Mister Prépa et Co-fondateur de Planète Grandes Écoles j'ai à coeur de transmettre et oeuvre pour l'égalité des chances.