Louise PIDOUX – Consultante Junior secteur public chez Deloitte

 Louise PIDOUX – Consultante Junior secteur public chez Deloitte

Le conseil est l’un des secteurs les plus prisés par les étudiants d’école de commerce. Nous sommes partis à la rencontre de Louise Pidoux, ancienne étudiante d’Audencia et consultante junior secteur public chez Deloitte.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Louise Pidoux, je viens d’être diplômée d’Audencia, en majeure conseil, que j’ai intégrée après une prépa ECS au lycée Fabert de Metz. J’ai été embauchée en tant que consultante junior secteur public chez Deloitte après mon stage de fin d’étude. Mon projet professionnel s’est construit petit à petit : j’étais d’abord attirée par le milieu culturel puis me suis orientée vers le secteur public. Pendant mon cursus à Audencia, j’ai fait mon premier stage chez Communic’art puis ma césure chez Mazars Paris et chez PwC Luxembourg, année pendant laquelle j’ai découvert le monde du conseil et plus particulièrement dans le secteur public.

 

Comment avez-vous trouvé vos stages et qu’en avez-vous retenu ?

J’ai rejoint Communic’art (agence de conseil en communication spécialisée dans l’art) en tant que chargée de développement à la suite d’une candidature spontanée. J’étais la première étudiante d’école de commerce à y faire mon stage. Mes collègues me faisaient découvrir les enjeux de la communication pour l’Art pendant que j’étais chargée de prospecter de nouveaux clients, avec un regard plus « business ». J’en garde un excellent souvenir ! Petit à petit, je me suis rendu compte que le privé avait beaucoup à apporter au public (et vice versa !). Pour ma première partie de césure, j’ai donc fait une nouvelle candidature spontanée pour rejoindre cette fois-ci la fondation Mazars. Rattachée à la direction générale de Mazars, j’ai eu la chance, grâce à une maitre de stage formidable, de découvrir les dessous d’un grand cabinet de conseil en plus de mes missions d’assistante cheffe de projets. J’ai ensuite fait ma deuxième partie de césure chez PwC au Luxembourg en tant que consultante pour les institutions de l’Union Européenne. Ce stage a confirmé mon envie de faire du conseil pour le secteur public ! J’ai ainsi rejoint Deloitte pour mon stage de fin d’étude en tant que consultante secteur public. L’expérience m’a énormément plu et se poursuit aujourd’hui en CDI !

 

Que vous a apporté votre vie associative dans votre vie professionnelle ?

J’ai d’abord été présidente de la liste BDA perdante. On a gagné de belles batailles malgré la défaite finale. Même si l’on a construit le plus petit budget de l’histoire des listes d’Audencia, on a réalisé un travail gigantesque en équipe ! Cela nous a permis de mettre en pratique ce qu’on apprenait en cours et de présenter nos passions au reste de l’école tout en faisant de belles rencontres. A la fin des campagnes on était lessivé ! Les campagnes nous apprennent à dépasser nos limites (pensées aux camarades Aphrodisi’Art, nothing can stop you) !

J’ai ensuite passé les recrutements d’Isegoria, la tribune de l’école, où j’ai été élue présidente – la première fille de l’asso à ce poste ! Depuis deux autres présidentes ont tenu les rênes d’Isegoria. J’aimerais d’ailleurs dire aux étudiantes de Grande Ecole de ne pas se censurer : les filles n’hésitez pas à vous lancer et à vous porter candidates pour rejoindre les bureaux des assos ! Gérer le collectif, superviser les différents pôles et projets, représenter l’asso, autant de responsabilités mobilisables en début de carrière ! D’un point de vue intellectuel, c’était aussi très stimulant : j’ai eu la chance de rencontrer des personnalités intéressantes, de participer à une MUN et de débattre avec les camarades d’asso… bref, d‘éveiller mon esprit critique, sans doute l’un des objectifs premiers d’Isegoria.

 

Comment définiriez-vous le conseil ? Comment se passe une mission ?

Le conseil, c’est très large, j’ai moi-même du mal à le définir. Pour caricaturer, les consultants sont un peu les « médecins de l’organisation ». Quand une organisation a un problème, elle fait appel à des cabinets de conseil pour faire un diagnostic (si le besoin n’est pas déterminé) et une prescription (les recommandations). Les organisations ont recours à des consultants lorsqu’elles n’ont pas les ressources et/ou les compétences en interne pour traiter le problème. Le client est donc au centre de notre action.

Une mission se déroule généralement en trois grandes étapes : d’abord un cadrage des besoins puis le déroulement de la mission et enfin la clôture. Les missions peuvent durer de quelques semaines à plusieurs mois (voire années), c’est très variable. L’essentiel dans une mission de conseil est de bien analyser le besoin et de bien cadrer la méthodologie du projet !

Au sein des cabinets, il y a une hiérarchie des responsabilités assez forte : les consultants juniors sont encadrés par un senior, un manager organise la mission et l’associé représente Deloitte. Pour ma part, je suis majoritairement autonome mais si j’ai un doute je n’hésite pas à demander, mon équipe se tient toujours disponible pour m’aider. Cela permet au consultant junior d’apprendre beaucoup.

Pourquoi avoir choisi la majeure consulting ?

En majeure consulting, il y a deux types de profils d’étudiant. Les premiers ont déjà fait du conseil en césure et veulent en faire leur métier. La majeure leur permet de prendre du recul par rapport à leur césure et d’approfondir leurs connaissances. Les autres ont déjà commencé à se spécialiser sur un métier avec des premiers stages en marketing, en finance, en achats… et souhaitent être consultant dans ce domaine précisément. La majeure leur permet par exemple d’acquérir des méthodes de gestions de projet qu’ils n’auraient pas appréhendé au cours de leurs expériences passées. Il est important de bien faire la distinction entre les métiers (marketing, RH, finance, achats, SI…) et le secteur (public, agro-alimentaire, banques, énergies…). Bien souvent dans le conseil, on peut passer d’un secteur à l’autre avec des compétences sur un métier. Pour les étudiants qui ne seraient pas sûrs de ce qu’ils veulent faire, le conseil permet de continuer à découvrir des secteurs.

 

Comment s’est passé votre recrutement chez Deloitte ?

Un an avant mon stage de fin d’étude, Audencia organisait un forum du conseil au cours duquel j’ai pu échanger et déposer plusieurs CV dans des cabinets. J’ai eu la chance d’avoir été rappelée par plusieurs d’entre eux dont Deloitte.

Le recrutement chez Deloitte se fait en 3 étapes. Le premier entretien a lieu avec un manager et consiste, en plus d’un entretien de personnalité, à réaliser un cas pratique à l’oral, comme si tu étais en réunion de cadrage avec ton équipe et que vous deviez analyser les besoins du client et formaliser une proposition. Le deuxième entretien se déroule avec un associé qui teste ta motivation et te pousse dans tes retranchements. Il faut aussi voir cela comme une opportunité d’échanger avec quelqu’un qui est dans l’entreprise depuis un certain temps et d’en apprendre plus sur son métier. Enfin, le dernier est un entretien RH classique : il est demandé de se décrire, d’exposer nos attentes… on teste notre personnalité. Il y a aussi un test en anglais en ligne à réaliser au préalable des entretiens mais rien de bien difficile.

Je m’étais beaucoup préparée à ces entretiens. J’ai contacté une ancienne étudiante en poste chez Deloitte pour avoir sa vision interne à l’entreprise, son retour d’expérience sur ses missions, le département secteur public, le format des entretiens … Je me suis également informée sur les clients, leurs actualités et leurs enjeux.

Je garde un très bon souvenir de cette phase de recrutement chez Deloitte et notamment l’humilité du manager lors du premier entretien (il n’a pas cherché directement à me convaincre de les rejoindre mais m’a plutôt expliqué ce qui lui plaisait dans son travail). Un déclic ! C’est important de prendre en compte son ressenti, si ça fit comme on dit, il faut y aller !

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le conseil ? chez Deloitte ?

L’idée qu’il y a un problème et qu’on va donner le maximum de nous-mêmes pour le résoudre ! C’est comme un jeu, il y a un côté challengeant. C’est aussi le fait qu’on apprenne en permanence. J’ai appris à formaliser ma réflexion et acquis aussi des compétences plus techniques sur des sujets que je n’avais pas forcément étudiés en école. C’est très stimulant ! Il y a également un travail d’équipe très fort et on est toujours au contact du client.

Deloitte est l’un des plus (si ce n’est le plus) gros cabinets de conseil secteur public en France. Les problématiques des missions sont très intéressantes, les clients prestigieux, les collègues soudés, la formation continue ! Chez Deloitte, on cherche à délivrer l’excellence à nos clients et à avoir un impact qui a du sens, c’est notre devise. Il y a également un bon équilibre vie pro / vie perso. Je suis rarement prise le soir tard et jamais le week-end.

A quoi ressemble le quotidien d’un consultant ? Quelles sont les particularités du secteur public ?

Il y a des récurrences selon comment est organisée la mission mais pas de journée type. Il y a des jours où l’on fait passer des entretiens, d’autres où l’on fait des ateliers, un comité de pilotage, des journées où l’on rédige des livrables entre deux cafés avec le client. Il faut être adaptable.

Ce qui est différent dans le conseil pour le Secteur Public, ce sont les clients et les enjeux auxquels la sphère publique est confrontée (améliorer la qualité de service rendu, personnaliser son offre de service, assurer la transparence vis-à-vis des usagers, rééquilibrer les finances …). Il y a aussi quelques spécificités organisationnelles qui dépendent aussi du type d’institutions, ministères, administrations (parcours de validation longue, manque de ressource RH, sensibilités des données …). Par ailleurs, il y a plusieurs échelles pour le secteur public : le local, le national et l’international. Il est bien de se poser en amont la question de pour qui on souhaite travailler car les cabinets ont leurs spécificités.

En ce moment, ma mission consiste à accompagner la transformation numérique d’un grand ministère. Mon rôle consiste à définir les axes stratégiques avec le client et de les décliner de manière plus opérationnelle au niveau des métiers. Dans le secteur public, on peut à la fois faire de la stratégie et de l’organisation, c’est propre aux missions, une chance de pouvoir appréhender les deux pour avoir une réflexion plus globale.

 

L’international chez Deloitte, c’est comment ?

Deloitte propose des programmes de mobilité et l’opportunité de collaborer jusqu’à trois ans dans un autre bureau de son réseau à l’étranger. Cela est peut-être moins le cas pour le secteur public puisque l’on travaille davantage à l’échelle française. Tout dépend des besoins du pays d’accueil.

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ?

Savoir ce que l’on souhaite ! Les cabinets cherchent des profils avant tout ! Restez en éveil constant et continuez à vous cultiver et à vous questionner ! Un projet pro se construit petit à petit et il ne faut pas se censurer ! N’hésitez pas à contacter des anciens en regardant dans l’annuaire de votre école, à échanger avec des juniors qui sont plus disponibles et dans les mêmes âges que vous pour avoir leurs retours d’expériences. Enfin, une bonne préparation est primordiale à vos recrutements ! Il est important de s’informer sur l’entreprise pour laquelle on postule, le type du conseil, en connaître leurs actualités, leurs enjeux. Il faut réussir à montrer sa détermination et son enthousiasme. L’entretien peut être un peu stressant mais dites-vous que vous entrez en scène !

Clémence TIFFAINE

Etudiante à l'ESCP Business School et rédactrice Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour aider les étudiants à trouver leur voie et à s'épanouir !