L’ombre et la plume, des étudiants s’engagent en faveur du milieu carcéral

 L’ombre et la plume, des étudiants s’engagent en faveur du milieu carcéral

Bonjour, peux-tu te présenter ?

Salut ! Moi c’est Anne, je suis étudiante en M1 du Programme Grande Ecole de l’EDHEC BS et je suis la présidente de L’Ombre et la Plume pour le mandat 2020-2021

 

En quoi consiste L’Ombre et la Plume ? 

L’Ombre et la Plume est une association créée il y a 20 ans par des étudiants de l’EDHEC. Sans prétendre pourvoir répondre à l’ensemble des enjeux du milieu carcéral, nous avons un double objectif : casser les préjugés dont le monde carcéral fait souvent l’objet et faciliter la réinsertion de détenus mineurs et majeurs.

 

Quelles sont les actions que vous réalisez tout au long de l’année ?

Nous menons des actions très diverses, organisées autour de 2 axes majeurs : la réinsertion et la sensibilisation.

Nous agissons en lien avec l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs de Quiévrechain, le Centre de Semi-Liberté d’Haubourdin, la Maison d’Arrêt de Nice mais aussi avec le Centre de la Réconciliation de Lille et les Unités Educatives d’Hébergement Collectif de Liévin et d’Arras.
Nous intervenons à l’EPM de Quiévrechain deux fois par semaine : nous débattons avec les détenus autour de sujets d’actualité et organisons des interventions spéciales portant sur des thèmes tels que le théâtre, le cinéma, la musique, la cuisine…      

En parallèle des interventions, nous organisons des conférences visant à sensibiliser les citoyens au milieu carcéral. Nous mettons aussi en place des événements à l’EDHEC, où sont conviés les étudiants mais aussi les habitants de la région intéressés par nos projets. Depuis peu, et à cause de la crise du Covid-19 qui a ralenti notre travail, nous rédigeons des articles de sensibilisation sur le thème de l’univers carcéral que nous partageons sur les réseaux sociaux, et nous produisons un podcast disponible sur toutes les plateformes d’écoute, la Voix de l’Ombre, qui a le même objectif.

 

Concrètement, qu’apprenez-vous à travers L’Ombre et la Plume ?

Notre travail au sein de l’association est extrêmement formateur et ce, sous plusieurs aspects. Il mêle en effet des éléments traditionnels du fonctionnement d’une organisation solidaire (démarchage d’invités, recherche de financements, production de contenus de sensibilisation etc) et des éléments plus « inhabituels », directement liés à notre action en prison, comme par exemple la conception d’interventions pour des mineurs ou l’apport d’une aide administrative à des majeurs. Le public que nous rencontrons est très exigeant et requiert beaucoup d’adaptation et de flexibilité de notre part, autant de qualités que nous apprenons à développer durant notre engagement au sein de l’OP.

Vous êtes une des seules associations de France à faire ça, quelles sont vos idées pour démocratiser ce que vous faites ?

Notre domaine d’action reste en effet encore assez confidentiel à l’échelle des associations étudiantes, mais aussi dans le débat public, puisque le monde carcéral et ses enjeux n’y sont que rarement abordés, ou sous un angle très partiel.

Nous menons donc des activités de sensibilisation pour palier ce problème, à la fois à l’échelle de l’EDHEC, au travers de conférences au cours desquelles nous donnons la parole à d’anciens détenus, et à une échelle plus large, via notre présence sur les réseaux sociaux, nos publications régulières d’articles et bien sûr notre podcast. Nous soignons donc beaucoup cet aspect de communication, de manière à créer des contenus sur le monde carcéral qui soient les plus sérieux et fiables possibles et à les rendre les plus accessibles et visibles possible. L’idée est d’informer, de mettre en avant les enjeux liés à l’incarcération et les besoins des populations qui sont dans cette situation pour éventuellement faire naître des initiatives.

 

Comment se déroulent les recrutements au sein de l’ombre et la plume ?

Nos recrutements se déroulent en deux tours. Le premier round d’entretiens consiste principalement à apprendre à connaître un peu mieux le candidat, sa personnalité et sa connaissance de notre projet. L’objectif y est avant tout de passer un bon moment et de mettre le candidat à l’aise.

Le deuxième round est plus professionnel et « cadré » : chaque responsable de pôle donne en amont des entretiens des travaux à réaliser et le candidat prépare ces tâches pour chaque pôle qu’il souhaite intégrer. Nous lui faisons ensuite un retour en direct et approfondissons certains points avec lui. L’objectif ici est de cerner au mieux les appétences du candidat pour tel ou tel pôle, afin de garantir par la suite une répartition optimale.

 

Quels sont vos projets pour les mois, années à venir ?

Nous souhaitons poursuivre les actions mises en place cette année (le projet podcast, l’écosystème d’entreprises disposées à embaucher des anciens détenus) et étendre notre action sur le territoire, notamment en distribuant notre livret de réinsertion dans d’autres régions de France et en nouant de nouveaux partenariats.

 

En tant que Présidente d’association, quelles ont été tes principales missions, qu’en retires-tu ?

En tant que Présidente, mes principales missions sont d’encadrer les 35 bénévoles de l’association, assurer la bonne communication entre les responsables de pôles et de communiquer avec l’administration de l’EDHEC. Le contexte sanitaire actuel a rendu ses missions d’autant plus importantes qu’il nous a forcés à travailler à distance.

Mon mandat, même s’il n’est pas encore terminé, a donc été un peu frustrant mais aussi extrêmement formateur.