Des pays hostiles au Bitcoin : découvrez pourquoi !

 Des pays hostiles au Bitcoin : découvrez pourquoi !

Selon une étude réalisée par Statista, certains pays se montrent hostiles à l’utilisation du Bitcoin. Les cryptomonnaies n’étant pas émises par les banques centrales ou par un gouvernement, leur utilisation peut poser problème avec les institutions financières nationales. Intéressons-nous plus précisément à ces pays et aux raisons pour lesquelles ils interdisent le Bitcoin.

 

Différents degrés de restriction

Le Bitcoin, comme toutes les cryptomonnaies, repose sur la technologie Blockchain, ce qui permet d’avoir des systèmes monétaires totalement indépendants des systèmes bancaires. De plus, le Bitcoin se transforme petit à petit en valeur refuge, puisqu’il n’est pas soumis à l’inflation et devient donc un placement de long terme.

Bien qu’hostiles à l’utilisation du Bitcoin, tous les pays ne vont pas jusqu’à interdire son utilisation. Il existe différents degrés de restriction, que nous allons voir tout de suite :

  • Paiements interdits : la Turquie, l’Indonésie et le Vietnam ont décidé d’interdire les paiements en Bitcoin. Par exemple, la Turquie a décidé d’interdire les paiements en cryptomonnaies en avril 2021 à cause de la dépréciation de la livre turque au profit de la cryptomonnaie.
  • Transactions bancaires interdites : le Canada, la Chine, l’Equateur, le Nigeria, le Cambodge et l’Arabie Saoudite. Ces pays craignent la spéculation liée à l’utilisation des cryptomonnaies et l’impossibilité de contrôler leur usage. En effet, le manque de régulation des cryptomonnaies inquiète les grandes institutions bancaires, notamment à cause de son caractère anonyme (les transactions en Bitcoin peuvent être réalisées de manière anonyme) et de son utilisation souvent à des fins illicites (blanchiment d’argent, entre autres).
  • Bitcoin illégal : la Bolivie, le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, le Népal et le Bangladesh. Les raisons sont globalement les mêmes que pour l’interdiction des transactions bancaires : cela repose sur une peur du manque de régulation.

Les raisons de l’interdiction de l’utilisation du Bitcoin dans ces pays sont souvent similaires : un manque de régulation et un trop fort taux de spéculation qui empêchent tout contrôle de la part des institutions financières nationales.

 

Des raisons avant tout politiques

A cause de l’attrait croissant des populations pour l’utilisation du Bitcoin, les Etats se mettent à vouloir l’employer aussi, mais de façon plus régulée et surveillée. Or, le principe même du Bitcoin étant son caractère anonyme et spéculatif, l’Etat n’a aucune emprise sur son utilisation, son émission et ne peut donc pas le contrôler. Un des exemples les plus parlants est sûrement celui de la Chine, qui crée actuellement sa propre monnaie virtuelle. Attendue pour fin 2021, la monnaie virtuelle chinoise est déjà acceptée par le parti communiste chinois et les grandes enseignes telles que McDonald’s ou Starbucks.

 

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En créant son propre yuan numérique, la Chine devient la première grande puissance économique mondiale à créer sa monnaie virtuelle et le deuxième pays au monde à le faire, juste après les Bahamas. Ce faisant, elle intègre les monnaies virtuelles  à son économie en évitant toute forme de concurrence, puisque la seule monnaie autorisée est le yuan numérique. La Chine contourne donc le problème de la régulation et du contrôle du e-yuan. Bien qu’elle affirme mettre en place un « anonymat contrôlable », pour rester dans la même lignée que le Bitcoin, les analystes s’attendent à ce que le gouvernement chinois contrôle encore plus la façon dont les gens dépensent leur argent.

 

Les monnaies virtuelles nationales à suivre

De nombreux pays sont en train de suivre l’exemple de la Chine et réfléchissent à créer leur propre monnaie virtuelle nationale, pour contrer le Bitcoin et profiter des avantages que propose une monnaie virtuelle. En Inde, en Afrique du Sud, en Thaïlande et au Pakistan, des monnaies nationales sont en développement. Les monnaies virtuelles peuvent notamment servir aux personnes non bancarisées, très présentes dans les pays en développement. Dans ces pays, le Bitcoin est déjà très utilisé (93 millions de personnes en Inde par exemple). La création d’une monnaie nationale devrait donc remplacer le Bitcoin auprès de ses utilisateurs et se répandre auprès des personnes qui n’ont pas de compte bancaire courant. Par conséquent, les analystes prévoient un succès des monnaies virtuelles nationales dans les pays en développement.

 

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Les pays développés sont aussi en train d’étudier la création d’une monnaie virtuelle nationale. La France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie et, plus globalement, la plupart des pays du Nord sont en cours d’étude pour évaluer les avantages que rapporteraient la création de leur propre monnaie virtuelle face aux cryptomonnaies privées. Pour ces derniers, l’objectif est principalement de contrer des monnaies virtuelles privées, comme Libra de Facebook, qui s’échangeraient de particulier à particulier, court-circuitant alors entièrement les institutions bancaires nationales.

Ainsi, bien que l’utilisation du Bitcoin soit réduite et prescrite dans de nombreux pays, le développement des monnaies virtuelles est en plein essor. Cependant, un affrontement entre monnaie publique et monnaie privée risque de se produire puisque le Bitcoin restera une valeur refuge. 

Rédactrice en chef de Planète Grandes Ecoles et étudiante à TBS, j'ai à coeur d'aider les étudiants à mettre toutes les chances de leur côté pour réussir !