Leonis Investissement : le club d’investisseurs pour la Silicon Valley

 Leonis Investissement : le club d’investisseurs pour la Silicon Valley

Si 2020 a bien sûr été marquée par la pandémie COVID-19 et la chute de nombreuses économies, beaucoup d’entreprises, à l’instar de Zoom ou Coursera, ont profité de cette occasion pour augmenter leur valorisation et leur diffusion auprès du grand public, enrichissant au passage leurs investisseurs. Dénicher des start-up en hypercroissance, c’est justement la raison d’être de Leonis Investissement, un club privé réunissant des investisseurs ambitieux. Rencontre aujourd’hui avec Gabriel Jarrosson, qui en est le fondateur.

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Gabriel Jarrosson, je suis ingénieur de formation et fondateur de Leonis Investissement, un club qui permet à des investisseurs d’investir des fonds dans des start-up dans la Silicon Valley, en Californie. L’idée m’est venue de quand j ‘étais jeune, à un moment où je souhaitais investir dans des start-up, mais où j’avais peu de fonds, pas assez d’argent, comme beaucoup d’étudiants en fait. Je me suis donc dit qu’il serait intéressant de réunir des personnes pour augmenter la capacité d’investissement totale. J’ai commencé avec des start-up françaises avant de partir sur des start-up de la Silicon Valley, qui sont différentes sur bien des points.

 

Concrètement, investir, ça consiste en quoi ? 

On investit dans une start-up qui fait une levée de fonds, autrement dit qui a besoin d’argent rapidement pour se développer. Ce n’est pas un prêt ! En échange de cet argent, l’investisseur obtient des parts de la société en misant sur le fait que la start-up grossisse et soit ensuite revendue ou entre en bourse, ce qui est très interessant pour les investisseurs, qui deviennent actionnaires. L’objectif est que nos actions valent de plus en plus cher. 

Il y a une relation spéciale entre les start-up et les investisseurs. Celles-ci font des reportings récurrents sur leur état financier (chiffre d’affaires, REX, coûts etc).

Quand tu investis dans une start-up, tu ne peux pas retirer ton argent à tout moment, c’est à la fois un avantage et un inconvénient. Tu gagnes donc de l’argent lorsque la start-up se fait racheter ou rentre en bourse. C’est la raison pour laquelle nous essayons d’investir le plus tôt possible dans les start-up, pour multiplier la mise initiale par 2, par 5, par 100, par 1000.. Ça arrive ! 

À titre personnel, j’avais investi dans le leader européen de la cryptomonnaie qui s’est fait racheter pour 250M de $ à l’époque. Ma mise avait été multipliée par 5 en 3 ans ! Dans la Silicon Valley, McDonalds avait racheté une start-up d’IA dans laquelle j’avais investi, mon investissement a été multiplié par 2 en 3 mois seulement… Plus la durée va être importante, plus potentiellement tu peux gagner ! 

 

Quelles sont les principales opportunités d’investissement actuellement ? 

La création d’entreprise cartonne en ce moment ! Aux Etats-Unis, c’est vraiment une tendance. Nous avons par exemple investi dans une néo-banque qui permet à ses entrepreneurs de lancer leur projet.

Avec le contexte de confinement, tout le secteur du fitness à la maison est aussi en hausse incroyable, nous avons investi dans quelques unes qui ont ce quelque chose en plus qui va faire la différence…

Enfin, le domaine de la visio-conférence est en pleine expansion.. Des entreprises comme Zoom ont vraiment explosé pendant le confinement ! Toutes les start-up qui tournent aussi autour des améliorations de ces start-up là sont entrainées dans le mouvement ascendant.

 

Vous vous focalisez en particulier sur l’investissement dans les start-up… Pourquoi ce domaine en particulier ? 

On peut à la fois investir dans des sociétés cotées, des start-up et l’immobilier ! Mais le domaine des start-up est un secteur dans lequel les gains peuvent être énormes ! Hormis cela, j’ai toujours été passionné par l’entrepreneuriat. L’investissement en start-up est aussi un moyen d’entreprendre par procuration. Les start-up façonnent le monde de demain ! En particulier lorsque tu es autant immergé dans le monde de la Silicon Valley, tu as le sentiment de participer à ce monde qui émerge et qui évolue.

Vous avez fondé Leonis Investissement en 2017… Pouvez-vous nous en dire plus sur ce club ? 

Le club d’investissement est accessible à tout le monde ! Mon rôle est de trouver des pépites dans la Silicon Valley et de les proposer aux membres de mon club, pour que nous investissions tous ensemble dedans. Je reçois à peu près 3 000 dossiers de start-up par an et en sélectionne une quinzaine. J’investis toujours personnellement dans les start-up que je recommande aux membres de mon club. Nous demandons une somme d’environ 15 000 € par an à investir à chaque membre du club. 

Je propose entre entre 10 et 15 opportunités d’investissements par an sur lesquels les membres du club sont libres d’investir ou non, et choisissent quel montant à investir, qui tourne autour de 1 000€ par investissement en moyenne.

La différence principale avec d’autres plateformes de crowdfunding réside dans le fait que celles ci investissent surtout dans des start-up françaises, tandis que nous proposons des opportunités sur des start-up dans la Silicon Valley. Lorsque j’ai étudié les licornes françaises (Blablacar, Doctolib, Meero…), j’ai réalisé que les start-up qui explosent en France lèvent des fonds directement auprès d’investisseurs institutionnels plutôt que sur des plateformes de crowdfunding.. Et pour investir dans ce genre de start-up, il faut investir pas moins de centaines de milliers d’euros, ce qui n’est pas accessible à tout le monde. 

L’idée de Leonis Investissement est de pouvoir réunir un maximum de personnes pour investir des tickets dans une start-up au dessus de 500 000$. Beaucoup de tours nécessitent un investissement de 500 000$ minimum. L’objectif à terme est de pourvoir rentrer dans des start-up où notre investissement dépassera le million de dollars ! 

 

Vous parlez souvent de la différence entre les dealflow français et américains… Qu’en-est-il réellement ?

J’ai commencé l’investissement par des start-up françaises. À un moment j’ai remarqué que les gens qui rentraient dans mon club exigeaient un fort retour sur investissement. Plus la start-up vaudra cher, plus on va gagner de l’argent. Je suis tombé sur une liste de licornes (start-up valorisées à plus d’1 Milliard de $). Ces licornes sont principalement situées aux Etats-Unis et en Chine. Je connais bien la Chine pour y avoir vécu 2 ans, mais je parle bien mieux anglais que chinois donc mon choix s’est plutôt porté sur les Etats-Unis. Dans ce pays, il y a une vraie culture de l’entrepreneuriat et de l’investissement, l’argent est au centre de tout. Les étudiants des universités américaines sont aussi brillants et viennent de partout dans le monde, ce qui permet des investissements vraiment divers. 

Au niveau des stats : plus d’une centaine de start-up rentrent en bourse par an aux Etats-Unis, tandis qu’il n’y en a pas en France.

Cela m’a pris plusieurs années pour me constituer mon réseau aux Etats-Unis. J’ai commencé par m’envoler là-bas sur un coup de tête et ai été discuté avec des personnes aux profils divers. Dans la Silicon Valley, les gens sont très ouverts et ont un mindset très orienté sur le business. Ils parlent concret et vont droit au but. Puis j’ai commencé à faire plusieurs investissements là-bas et au fur et à mesure du temps, ma légitimité a augmenté, de même que mon réseau qui s’agrandit toujours plus. 

Sur quels types de start-up vous positionnez vous ? Quels sont selon-vous les critères déterminants d’un bon investissement en start-up ? 

Nous investissons surtout dans la tech ! Nous n’investissons jamais dans des produits physiques, dans le médical… Hormis cela, nous investissons dans tout ce qui est digital. Nos critères de sélection sont très précis ! Le secteur de la fintech est quelque peu privilégié chez nous. Nous aimons beaucoup les start-up qui ont un unfair advantage qui leur donne une immense longueur d’avance sur leurs concurrents et poursuivants.

Les fondateurs d’Airbnb avaient par exemple compris avant tout le monde que si tu mettais des belles photos avec des recommandations clients, les gens n’auraient plus peur d’aller dormir chez des inconnus. 

Mes critères d’investissement sont tous présents dans mon ouvrage Mes secrets d’investisseur, dont la préface est signée Xavier Niel (fondateur de Free).

 

Peut-on investir en ayant peu d’argent au départ ? Un conseil pour les étudiants sur ce point là ?

Tout à fait ! Il existe un club mini chez Leonis Investissement qui permet à des gens avec moins d’argent de mettre le pied à l’étrier et à commencer à investir. Cela permet de faire quelques investissements en France et dans certaines start-ups de la Silicon Valley également dans lesquelles j’investis aussi. Ces investissements sont accessibles à partir de quelques centaines d’euros et de commencer à rentrer dans ce monde de l’investissement.

 

Vous avez sorti un ouvrage nommé « Mes secrets d’investisseur », préfacé par Xavier Niel… Que peut-on y trouver ?

J’y raconte mon parcours pour en arriver là.. Il y a aussi plus de 150 pages sur mes critères d’investissement, puis toute une partie sur les opportunités liées aux cryptomonnaies.

Les 3ème et 4ème partie portent sur ma vision de l’entrepreneuriat, ma vision du business et sur l’automatisation, c’est-à-dire le fait de faire tourner un business de manière autonome avec des process informatiques poussés.

 

Y-a-t-il des investisseurs que vous admirez ?

Absolument ! Il y a Chris Sacca, un des tout premiers investisseurs de Twitter et Uber… Fabrice Grinda, un français qui a fait fortune aux Etats-Unis et qui compte plus de 150 investissements de par le monde. J’aime aussi Marc Cuban qui a une vision particulière de l’investissement et… Na qui a des activités très diversifiées (propriétaire d’un club de basket de NBA, d’une compagnie aérienne transportant des VIP, d’une société de production…). 

 

Une journée type dans la peau de Gabriel Jarrosson…?

Je rencontre énormément d’entrepreneurs, cela me prend une grande partie de mon temps. Je passe aussi beaucoup de temps à décortiquer des dossiers de start-up. J’échange beaucoup avec des investisseurs qui veulent rejoindre le club pour investir dans les start-up que je sélectionne.

Hormis cela, une grosse partie de mon métier est tout simplement de réfléchir, de rechercher, d’analyser et d’échanger avec des personnes dont