Galery NFT, le projet de 3 étudiants à HEC

 Galery NFT, le projet de 3 étudiants à HEC

Nous avons interviewé Mathieu, Toscane et Paul, trois étudiants en première année à HEC qui ont fondé Galery NFT. 

 

Bonjour à vous 3, pouvez-vous vous présenter ?

Mathieu : Je m’appelle Mathieu Peltier, j’ai 20 ans et je suis en première année à HEC Paris. J’ai fait mon lycée à Stanislas avant de rentrer à Intégrale en ECS. J’ai pratiqué de nombreux sports étant plus jeune (football, natation et judo) mais j’ai dû arrêter pendant la prépa. C’est un plaisir de pouvoir les reprendre aujourd’hui en école ! Je suis aussi pianiste et batteur et j’ai joué dans un groupe pendant près de cinq ans.

Toscan : Je m’appelle Toscan Courgeon, j’ai 19 ans, je suis le même programme que Mathieu à HEC. Je viens de Bordeaux et j’ai réalisé toute ma scolarité là-bas, notamment ma classe préparatoire à Montaigne. J’aime beaucoup le football que j’ai plaisir à pratiquer à HEC. J’ai aussi une passion grandissante pour l’art contemporain, ce qui explique en partie mon attrait initial pour le projet Galery NFT.

Paul : Je m’appelle Paul Llagonne, j’ai 20 ans et je suis étudiant en 1ère année à HEC Paris après 2 ans de CPGE ECS au lycée Montaigne à Bordeaux. Je suis passionné d’entrepreneuriat, raison pour laquelle j’ai choisi de prendre le certificat entrepreneuriat en 1ère année à HEC. J’aime aussi le football que j’ai plaisir à pratiquer à mon modeste niveau au sein du Club Foot HEC.



Quel est le concept de votre projet, Galery NFT ?

Mathieu : C’est un réseau social de NFT artistiques similaire à Instagram. Avec leur téléphone, les artistes peuvent scanner leurs créations et les transformer rapidement, simplement et gratuitement en NFT. Un utilisateur pourra alors acheter un de leurs NFT pour les ajouter à sa collection. Cette dernière sera publique et d’autres utilisateurs pourront réagir, commenter et partager les œuvres de la collection. Un système d’abonnement et de communautés permettra à chacun d’entre nous d’influencer sa communauté au-travers de sa collection.

 

Quel a été votre rôle dans le lancement de votre startup et quelle fonction occupez-vous désormais ? 

Mathieu : Au début du projet, je suis arrivé avec une première idée qui ne me quittait pas depuis deux ans. Après avoir trouvé mes deux co fondateurs (Paul et Toscan), je leur ai expliqué la vision que j’avais pour ce projet enthousiasmant, puis nous avons précisé l’idée ensemble avant que je leur détaille la stratégie de développement. Ayant appris à développer très jeune, je me suis alors recentré sur la partie technique et c’est devenu ma mission principale. J’ai développé le site web et je passe mes journées à réfléchir aux technologies employées dans le projet et à me former pour pouvoir superviser des développeurs. En parallèle, je représente et explique le projet lorsque l’on communique et je prépare l’étude de marché. Je suis un genre de CTO qui pitch !

Toscan : Lorsque Mathieu m’a contacté, j’ai immédiatement saisi la richesse du projet et de la vision que Mathieu en avait. Mon premier réflexe a été de passer du temps sur Google pour explorer l’environnement de l’entrepreneuriat et du NFT artistique afin de préciser le projet. Aujourd’hui, je participe à la construction de notre communauté Galery en rédigeant des articles sur notre site internet qui visent à apporter un éclairage sur les principaux enjeux du monde des NFT, dont tout le monde a entendu parler mais que peu maîtrisent réellement. Je suis également en train de me former sur les questions juridiques liées à la start-up pour préparer notre croissance.

Paul : Mathieu est venu me proposer de travailler avec lui car nous avions eu de nombreuses discussions sur notre volonté de monter une start-up et notre désir d’entreprendre. Aujourd’hui je dirige les opérations au sein de la start-up, je définis ainsi les tâches à réaliser et j’organise toute la stratégie de développement et expansion du projet. Je m’occupe également de tout l’aspect communication. Je m’assure que les tâches soient réalisées en temps et en heure et je fais l’intermédiaire entre tous les acteurs extérieurs et la start-up.



Qu’est ce qui vous plaît le plus dans cet univers du métavers, des crypto-monnaies, des NFT… ? 

Mathieu : En l’état actuel pas grand-chose… Pourtant, l’idée en elle-même nous parle ! Connecter les gens à l’autre bout du monde dans le métaverse, décentraliser les services du web grâce à la blockchain, la monnaie grâce aux crypto-monnaies sont de belles promesses. Les NFT en tant que certificat de propriété numérique sont aussi intéressants dans de nombreux domaines. Mais il faut être lucide sur la situation actuelle de ces technologies : la métaverse fait peur, la crypto ne me permet pas d’acheter ma baguette de pain et les artistes ne peuvent pas vendre leurs œuvres en NFT facilement.



Quelles ont été les grandes étapes de la mise en place de votre projet jusqu’ici ?

Mathieu : Une première grande étape a été de mettre nos idées sur le papier pour être clairs sur ce qu’on voulait faire. Nous avons ensuite développé un site web vitrine qui présente le projet et permet d’ores et déjà de s’inscrire. Il y a aussi un blog sur ce site qui traite de l’actualité des NFT, qui les vulgarise et qui explique l’avancée du projet. Nous cherchons maintenant à développer une communauté solide (notamment sur les réseaux sociaux) pour effectuer une étude de marché et aller lever des fonds pour entamer le développement !



Quelles ont été et quelles sont les difficultés rencontrées ? 

Mathieu : Une première difficulté a été de clarifier le projet. En effet, les NFT sont encore aujourd’hui méconnus du grand public et il a fallu expliquer cette technologie en amont du projet. Mais la difficulté majeure actuelle est de former une véritable communauté qui dépasse nos cercles. C’est pourquoi nous lançons une vaste campagne de communication au sein des écoles, sur les réseaux sociaux et parmi les Alumni de HEC Paris.



Est-ce que HEC, votre école, vous a aidé concernant votre projet Galery NFT et si oui comment ?

Mathieu : Justement, pour l’instant, nous n’avons pas encore exploité pleinement le potentiel entrepreneurial d’HEC. On a eu des entretiens avec des mentors, d’autres élèves plus âgés mais il reste d’autres opportunités à saisir ! Le réseau HEC nous permet aussi, au-travers des Alumni notamment, de contacter des fonds d’investissement et plus généralement de développer rapidement une communauté.



Comment Galery NFT compte se différencier de la concurrence ?

Mathieu : nous souhaitons à la fois permettre à chacun d’entre nous de poster ces NFT mais aussi replacer l’artiste au cœur des NFT artistiques. Aujourd’hui, nos principaux concurrents envisagent les NFT artistiques comme un produit spéculatif réservé à une minorité. Dans le futur, Galery voudrait permettre à chaque artiste d’exposer et de vendre son travail au format NFT, gratuitement et simplement. J’en parle plus en détail dans cet article sur le blog !



Comment souhaitez vous financer le projet ?

Mathieu : On a deux manières de financer le projet qui vont être lancées conjointement. Dans un premier temps, nous allons essayer de lever des fonds auprès de la BPI et d’acteurs privés (private equity, seeds).

Dans un second temps, nous allons proposer aux membres de notre communauté d’acheter des Galery Coins, notre propre crypto-monnaie lors d’une ICO (Initial Coin Offering).

Ces Galery Coins permettront aux utilisateurs d’avoir accès à des exclusivités et d’effectuer des transactions sur la plateforme.



Dans 5 ans, comment voyez vous l’évolution de Galery NFT ?

Mathieu : Le monde des NFT va vite et progresse constamment. Nous aimerions faciliter toujours plus l’accès à ce monde au-travers de Galery, en conservant cette volonté de remettre l’artiste au cœur des NFT artistiques. Nous avons aussi pour but de créer une passerelle entre les collections Galery et le métaverse pour que chacun puisse exposer sa collection.

Toscan : Nous avons réellement à cœur d’offrir l’opportunité à des artistes comme à des amateurs d’art de partager leur passion à travers le NFT et ses possibilités technologiques. Par conséquent, nous espérons dans 5 ans pouvoir se féliciter d’avoir donné aux amateurs d’art accès à cet écosystème des NFT qui pour l’instant n’est pas compatible avec leur sensibilité artistique.

 Paul : J’imagine notre projet comme un véritable réseau social qui rassemblerait amateurs d’art 2.0 qui sont arrivés dans le domaine via les NFT, artistes aux techniques traditionnelles ayant décidé d’utiliser la technologie NFT pour donner un nouveau souffle à leur art et artistes 2.0 qui sont déjà bien ancrés dans le monde des Nfts artistiques. J’imagine que tous ces acteurs se rencontreront sur notre application qui donnera ainsi un nouvel élan au monde des NFT artistiques, un élan différent de celui que l’on connaît aujourd’hui qui est uniquement centré sur la spéculation.

 

Comment vous êtes vous informés et formés sur le sujet des NFT ?

Mathieu : J’ai d’abord étudié en profondeur le fonctionnement de la blockchain, des crypto-monnaies et des NFT au-travers d’articles, de publications universitaires et de vidéos. Aujourd’hui, nous suivons l’actualité des NFT sur Internet en lisant des articles sur OpenSea et sur des groupes Facebook et Discord.

 Toscan : J’ai aussi étudié le marché des NFT à travers des rapports décrivant le profil des principaux acteurs du marché des NFT, leur origine et leurs stratégies d’investissement. Pour innover dans un domaine, nous savons à quel point il faut se documenter grâce aux publications, à l’actualité des plateformes existantes. Cela nous permet aussi d’alimenter notre blog.  

 Paul : Je m’y intéresse depuis cet été et c’est au fil de lectures et de visionnages vidéo que j’ai petit à petit élargi mon champ de connaissances. Je reste assez adepte de Youtube lorsque l’on débute dans les NFT car pour commencer à comprendre de quoi il s’agit et quels mécanismes sont à l’œuvre, la vulgarisation et synthèse faites par certaines chaînes sont très appréciables.



Comment voyez vous l’évolution de ce secteur ? En quoi est-il prometteur pour vous ?

Mathieu : Je suis intimement convaincu que toutes ces technologies aujourd’hui essentiellement spéculatives et fermées vont trouver une utilité réelle dans un futur proche. De la même manière qu’il est désormais possible d’acheter une Tesla en bitcoin, il sera possible d’exposer ses NFT artistiques et les NFT ne seront plus uniquement des produits financiers mais de véritables œuvres d’art.



Avez-vous toujours eu l’envie d’entreprendre ?

Mathieu : Oui, j’ai toujours su que je voulais entreprendre. Déjà parce que je baigne dedans depuis toujours mais surtout parce que c’est le seul métier où l’on ne fait jamais deux fois la même chose. Chaque journée est enrichissante et différente et c’est ça qui me plait.

 Toscan : Il ne faut pas non plus croire au profil type de l’entrepreneur. Je n’étais pas entrepreneur dans l’âme à l’origine et je n’y étais pas prédestiné. Et c’est une richesse d’ailleurs car avoir 3 entrepreneurs « types » associés ensemble n’a pas beaucoup de sens. Entreprendre à plusieurs, c’est savoir cerner sa propre personnalité, ses qualités et les mettre au service du groupe.

 Paul : Oui totalement, depuis que j’ai 15 ans je veux faire de l’entrepreneuriat. J’ai toujours été passionné par ce qu’est le quotidien d’un entrepreneur et attiré par l’engagement que cela implique, par les sensations éprouvées lors d’un échec ou d’une réussite.

 

Vers quelle filière / quel master comptez-vous vous orienter par la suite ? 

Mathieu : Je ne sais pas encore précisément vers quel Master m’orienter. Je sais déjà que la finance ne m’intéresse pas mais le choix est si vaste. Cela dit, le Master X-HEC entrepreneurs m’intéresse de plus en plus.

Toscan : Je profite de mes premières années à HEC pour tester, essayer afin de savoir exactement quel master je vais choisir. Le master X-HEC entrepreneurs m’intéresse aussi pour retrouver en dernière année la fièvre de l’entrepreneuriat.

Paul : Je suis potentiellement intéressé par un master en entrepreneuriat. Maintenant, il faudra choisir entre le master X-HEC entrepreneurs qui a l’air génial ou alors un master en entrepreneuriat à l’étranger dans le cadre d’un double diplôme avec l’ESADE à Barcelone ou la Bocconi à Milan. Je reste cependant assez ouvert car ayant déjà l’entrepreneuriat ancré en moi, peut-être que j’aurai envie de découvrir un master dans un autre domaine.

 

Pour finir, auriez-vous des conseils pour les étudiants qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale ? 

Nous pensons qu’il ne faut pas sous-estimer le travail qui se cache derrière chaque succès et surtout en entrepreneuriat. On va de problèmes en problèmes et c’est toujours comme ça. On fait aussi plein d’erreurs et la majorité sont assez inévitables lorsque l’on se lance donc ça peut être bien de s’entourer de gens déjà expérimentés pour éviter de faire toutes les erreurs. Enfin, il nous semble que le meilleur conseil se résume en un verbe « se former ». C’est le plus important quand on entreprend, apprendre sur le tas en permanence. Plutôt que de tout déléguer mieux vaut apprendre à faire soi-même.