Election présidentielle au Brésil : le retour de Lula

Election présidentielle au Brésil : le retour de Lula

Après des semaines de débats et de combats politiques acharnés, les Brésiliens ont élu leur nouveau Président ce dimanche 30 octobre, et c’est l’ancien Président Lula qui est sorti gagnant avec une courte majorité.

 

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Lula vs Bolsonaro : un scrutin particulièrement serré 

Lula Da Silva a été élu, ce dimanche 30 octobre, avec une avance de seulement 0,9%. Son score final s’établissant à 50,83%, là où son opposant Jair Bolsonaro a récolté 49,17% des suffrages exprimés.

A soixante dix-sept ans, l’ancien ouvrier métallurgiste, deux fois Président du Brésil, et détentionnaire pendant 580 jours, brigue un troisième mandat présidentiel après une campagne menée par des appels du pied à un électorat plus conservateur et évangélique. 

A l’annonce des résultats, partout dans le pays, de grandes manifestations de joie se sont spontanément organisées. De son côté, Lula a prononcé son discours de victoire. « Le Brésil a besoin de paix et d’unité », avant d’ajouter que « le Brésil et la planète ont besoin d’une Amazonie en vie ». 

Cette victoire est d’autant plus notable que des protestations ont éclatées toute la journée contre la présence de militaires dans les zones favorables au candidat du Parti des travailleurs, accusés d’empêcher les électeurs de voter. 

 


« Une nouvelle page de l’histoire pour le Brésil » annonce Emmanuel Macron

Le Président français a été l’un des premiers a réagir à l’annonce des résultats, tweetant que l’élection est « une nouvelle page de l’histoire pour le Brésil ». C’est en effet de 4 années de présidence du sulfureux Président du Parti Social-Libéral (PSL), Jair Bolsonaro, que sortent les Brésiliens . Des années marquées par des scandales intérieurs, des dérapages politiques (comme ces tweets à l’égard de Brigitte Macron), mais surtout par un véritable isolement du Brésil sur la scène internationale. 

Alors que la politique de Lula lors de ses deux premiers mandats présidentiels (de 2002 à 2010) avait été de nouer un dialogue diplomatique avec l’ensemble des parties du monde, et de trouver une nouvelle place sur la scène internationale pour son pays, Jair Bolsonaro a préféré quant-à lui jouer le mouton noir et l’outsider. Ami affiché de Donald Trump, les deux hommes nouaient une complicité des Tweets déplacés, une fois l’homme de la Maison Blanche parti, l’ancien militaire s’est retrouvé seul. Trop seul. Isolé, le Brésil est devenu un contre exemple diplomatique, critiqué pour son modèle agricole productiviste, sa gestion de la Covid et ses outrances climatiques. C’est dans ces cendres encore fumantes que Lula devra débuter son nouveau mandat présidentiel.

 

Lula, un Président tout juste sorti de prison 

C’est en effet l’élément le plus notable de cette élection. Au-délà du troisième mandat présidentiel débuté par l’ancien ouvrier métallurgiste, il faut souligner que le fondateur du Parti des travailleurs a passé 580 jours derrière les barreaux. Tout juste sorti en 2021 suite à un recours et à une enquête qui ont révélé la partialité du juge qui l’avait condamné à douze ans de prison en 2018. 

A l’époque, cette condamnation était intervenue suite à une mise en examen pour des faits de corruption et de blanchiment d’argent. Toujours niée par Lula, et démontée par de nombreux journalistes et enquêteurs, la responsabilité de l’ancien Président dans ces affaires a plutôt servie la cause de la droite et de l’extrême droite brésilienne. Ce procès étant apparu après la destitution de Dilma Roussef en 2016, pour des faits – elle aussi – de corruption et de maquillage de comptes publics. Une destitution savamment menée par son Vice-Président d’antan, Michel Temer. Un homme politique membre du Parti du Mouvement Démocrate Brésilien (PMDB), devenu par la suite Président par substitution… 

 

C’est donc d’années d’affaires, de scandales et de coups bas que sortent les Brésiliens. Cette nouvelle élection de Lula sonnant le retour de la gauche travailliste au pouvoir – malgré des accords politiques avec des partis libéraux et des candidats droite modérée – apparaît comme un signe d’espoir pour la population brésilienne et marque l’espoir d’un prestige retrouvé pour le pays sur le scène internationale. 

Etudiant à Neoma BS sur le campus de Reims- Membre du BNEM- Rédacteur PGE et Mister Prépa