Ecofest, le label étudiant responsable qui audite des évènements

 Ecofest, le label étudiant responsable qui audite des évènements

Rencontre avec le pôle Ecofest de l’association Impact à GEM, label étudiant qui audite des évènements pour évaluer leur caractère éco responsable.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Juliette Souvignet, je suis en première année à GEM. Je suis membre d’Impact, l’association à vocation environnementale et sociale de l’école, et je suis plus particulièrement au pôle Ecofest.

Je suis Florent Laperriere, je suis aussi en première année à GEM, au même pôle que Juliette.

Je m’appelle Mayeul Rouzé, je suis aussi étudiant à GEM et membre du pôle Ecofest. Nous nous sommes rencontrés lors de notre classe prépa au lycée Berthollet à Annecy, et aujourd’hui nous sommes tous les trois responsables du pôle Ecofest à Impact.

Qu’est-ce qu’Ecofest ?

Ecofest est un label étudiant décerné à différents évènements, étudiants ou non, comme des courses ou des festivals de musique, pour évaluer leur caractère écoresponsable. Nous effectuons plusieurs interventions pour voir si ces évènements respectent certaines normes sociales et environnementales. Si les audits sont concluants, nous décernons le label à l’évènement qui valide son éco-responsabilité. Nos critères s’appuient sur les recommandations de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), et un critère sanitaire a été récemment ajouté. Le label Ecofest a été créé par l’antenne de Grenoble, mais il existe sept autres antennes en école de commerce (Kedge, EM Lyon, Neoma, Audencia…) et bientôt les écoles d’ingénieur du plateau de Saclay comme Centrale vont constituer de nouvelles antennes.  

Quelles sont les actions que vous réalisez tout au long de l’année ?

Habituellement, les missions du pôle consistent à auditer des évènements et communiquer sur les labellisations. A cause du contexte actuel, moins d’évènements ont lieu donc nous n’avons pas pu auditer autant que les années précédentes. Nous en avons donc profité pour nous concentrer sur l’amélioration du label en mettant à jour la grille d’audit, et sur les relations avec les antennes. Nous aimerions également avoir l’appui et les conseils d’un organisme de certification environnementale, comme l’ADEME ou Ecocert.

Comment définiriez-vous l’audit ? Comment se déroule une mission ?

L’audit se déroule en trois phases. Dans un premier temps, nous prenons contact avec les événements, que nous démarchons ou qui viennent nous trouver, et nous effectuons deux préaudits pour évaluer ce qui a déjà été mis en place. Nous nous appuyons sur la grille et nous leur posons des questions pour savoir s’ils ont déjà des bonnes pratiques. Nous proposons des solutions de substitution sur les sujets qu’ils ont du mal à améliorer. Pour cela, nous avons des partenaires grenoblois comme EverCleanHand, Smartclic, Côté nature… Ces deux préaudits sont conçus pour que les évènements puissent s’améliorer mais ils ne rentrent pas dans l’évaluation finale. Ensuite, il y a une évaluation terrain, durant laquelle des membres de l’association vont sur place, assistent à l’évènement et évaluent ce qui a été effectivement mis en place, en prenant des photos ou en posant des questions aux participants. Finalement, une note est attribuée en se basant sur le barème et le label, qui est valable un an, est attribué ou non. Nous effectuons un bilan général pour justifier de l’obtention ou non du label, et si des choses n’ont pas pu être changées avant l’évènement, nous proposons des alternatives pour les années suivantes. L’ensemble du processus est gratuit, à l’exception des frais de transport des auditeurs.

Quels sont les critères que vous retenez pour votre évaluation ?

Notre grille se base sur sept grands thèmes : l’alimentation, les déchets, le respect du lieu, les transports, l’hébergement (si l’évènement dure plusieurs jours), la sensibilisation des équipes et la communication. Nous sommes en train de rajouter des critères sociaux et sanitaires.

Pouvez-vous donner un exemple de projet sur lequel vous avez travaillé ?

Le seul évènement que nous avons réellement pu auditer cette année est le Gala de GEM, c’est-à-dire la remise de diplômes, qui s’est passée en partie en ligne. Il y a plus de 150 intervenants, par exemple un présentateur français et un présentateur anglais, les techniciens, les équipes du Gala. Nous avons donc effectué deux préaudits avec l’équipe du Gala, qui est une association de GEM, puis nous nous sommes rendus sur place le 10 avril 2021 pour voir ce qui a été fait, nous avons interrogé des participants, nous avons analysé l’aspect alimentaire et les déchets. Le Gala a été labélisé Ecofest en 2021.

Normalement, d’autres évènements, qui n’ont pas eu lieu cette année, sont audités. On peut citer le Raid de l’INP, une course multisports proposée par les écoles d’ingénieur de l’INP de Greboble, qui est labélisée depuis 2016. Le festival des Mines d’Alès et le festival Livres en Marches, qui n’est pas un évènement étudiant, font aussi appel à Ecofest.  

 

Quels sont les défis que vous avez à relever ?

Le premier défi est de réussir à s’adapter au contexte sanitaire puisqu’il y a moins d’évènements organisés en ce moment. Nous en profitons donc pour nous développer sur d’autres points. Nous essayons de dynamiser les antennes et de créer des liens avec elles. L’objectif serait de créer une communauté autour du label Ecofest. Également, nous essayons de développer des partenariats avec des entreprises engagées dans le développement durable.

 

Quelles sont les perspectives de développement de l’association ?

Nous avons deux projets en cours. Le premier est le développement d’un outil qui calcule le bilan carbone de l’évènement. Il est pris en charge par le REFEDD (réseau étudiant des assos de développement durable de France, devenu RESES : Réseau Etudiant pour une Société Ecologique et Solidaire), notre antenne principale, constitué de professionnels en service civique, investis à plein temps et qui nous aident. Nous essayons aussi de travailler sur la communication du label Ecofest via la création d’un compte Facebook Ecofest France permettant de centraliser les publications des antennes.  

 

Qu’apprenez-vous au sein de votre association ?

Nous apprenons à travailler en équipe, à communiquer sur nos actions, à nous organiser avec des collaborateurs, et à gérer des relations humaines via les antennes. Pour nous trois, ce poste représente une première expérience professionnalisante. C’est donc une introduction au monde du travail et de l’entreprise, après une formation par nos deux responsables. Nous nous créons également un petit réseau grâce aux entreprises démarchées.  

 

Quels sont vos projets professionnels ?

Florent : j’aimerais devenir directeur financier ou travailler dans la finance d’entreprise. Pour atteindre de tels postes, le mieux est de passer par de l’audit, c’est pour cela que cette expérience ainsi que le stage que j’effectue actuellement en audit me seront utiles.

Juliette : le fait d’être à Impact m’a donné envie d’inclure une dimension environnementale dans mon projet professionnel, donc j’aimerais m’orienter vers la RSE.

Mayeul : j’aimerais travailler dans la vente et le commerce pour une entreprise RSE. Je pense que la gestion de projet est un bon tremplin, et je suis actuellement en stage dans un cabinet de RH où je fais principalement des missions de démarchage.

 

Pensez-vous que cette expérience sera un réel atout pour la suite de votre carrière ?

De manière générale, les expériences associatives permettent d’avoir une confrontation avec le monde professionnel. Le système d’associations est assez structuré, ce qui nous permet de découvrir la communication, la prise de responsabilités, le travail avec des collaborateur. C’est donc une initiation à ce qui pourrait être notre vie professionnelle.

 

Est-ce difficile de gérer un tel poste en parallèle de vos études ?

C’est un poste qui demande du temps mais ce n’est pas difficile à gérer en plus de nos études, d’autant plus que nous sommes soutenus par l’association Impact. A GEM, une après-midi par semaine est réservée pour que nous prenions du temps pour nous investir dans nos assos. En école de commerce, les assos dynamisent le campus et créent un esprit de groupe. C’est une partie importante de la scolarité, c’est du temps dégagé de façon intelligente.

 

Un conseil pour les étudiants intéressés par la RSE / l’audit ?

Si vous êtes intéressés par la RSE, renseignez-vous, apprenez et rejoignez les assos aux dimensions sociale et environnementale qui peuvent vous proposer des formations et une expérience sur toute l’année. Cela permet de s’ouvrir à plus de choses et ne pas s’arrêter au greenwashing dont nous entendons beaucoup parler mais d’encourager les prises d’initiatives des organisations et entreprises et d’essayer de trouver des solutions réalistes.

Merci pour l’interview !

 

Nous remercions grandement Juliette, Florent et Mayeul pour le temps qu’ils nous ont accordé !

Coline Bernard