Ambaza, victime de son succès ?

Ambaza, victime de son succès ?

Pour Ambaza, tout commence au lendemain d’une publicité pas comme les autres. On y voit du champagne couler à flot sur des embarcations de rêve, des modèles, des « beautiful people »… bref, des happy few qui se la couleraient douce dans des endroits paradisiaques, des promesses de gains à en faire tourner des têtes, des voitures de luxe… la machine à rêve est lancée ! Auteure de cette campagne vidéo sur les réseaux sociaux, Ambaza, la première école française pour influenceurs, se retrouve au cœur d’un serial « bashing » en bonne et due forme, non seulement de la part de certains pans de la presse, mais aussi des réseaux sociaux. Dans leur course effrénée aux clics, dans un monde où le clickbait est roi, où le nombre de vues et la génération de trafic l’emportent sur tout, la presse s’en est donné à cœur joie. Objectif : surfer sur la vague Ambaza, se placer sur le nom de marque pour générer du trafic, souvent sans même vérifier ni recouper l’information. Dans le même temps, quelques rares personnes s’intéressent véritablement au sujet, font une vraie enquête sur Ambaza, et en déduisent que la formation est bien réelle… 

 

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Oui, la publicité Ambaza était provocatrice, et après tout, pourquoi pas ?

Une stratégie média peut être taxée de « provocatrice », mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas ses atouts. Après tout, tout l’intérêt d’une publicité est de susciter l’intérêt, d’attirer le regard, de capter l’attention. Et quoi de mieux que la « provocation » pour ce faire, dans les limites du raisonnable et les confinements des usages sociétaux, cela va de soi. Car il suffit de se pencher sur l’historique des communications jugées clivantes ou provocatrices pour s’en rendre compte : une campagne de comm’ n’a mauvaise image que lorsqu’elle est sexuellement connotée ou effleure le sexisme. Rappelons à cet égard les cas Perrier, Burger King et Rue du Commerce :

  • En 1976Serge Gainsbourg réalise une publicité « osée » pour le compte de Perrier. On y voit une simulation de masturbation faite par une femme, dont on ne voit que la main, d’abord sur une bouteille de 50 cl, puis 1,5l. Le tout se termine en « apothéose », avec une ébullition de petites bulles, en référence à l’eau gazeuse bien sûr, mais aussi à l’éjaculation. Le moins que l’on puisse dire est que cette publicité avait choqué à l’époque
  • Burger King est allé un peu plus loin en annonçant sa prochaine installation à Arras par des affiches sur lesquelles on pouvait lire : « Votre dépression touche à sa fin ». Inutile de dire que certains Arrageois se sont montrés plutôt insensibles à l’humour de l’enseigne américaine. La dépression n’est pas vraiment drôle, à leur décharge. 
  • « Attention : site interdit aux femmes ! », c’est ce que l’on pouvait lire sur la homepage de Rue du Commerce sur Twitter, une phrase qui a suscité l’indignation, certains allant jusqu’à appeler à un dépôt de plainte auprès de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. 

La publicité qui fait l’éloge d’une sexualité débridée, qui flirte avec le sexisme ou qui se montre insensible à l’égard de certains sujets ? Tout cela n’a rien de nouveau, comme nous venons de le démontrer. D’autres exemples existent à ce niveau, notamment celui des images chocs de Benetton, du « Demain, j’enlève le bas », de « Babette… elle passe à la casserole », de Darty avec sa campagne d’affichage, du « Vous voulez voir ma chatte ? » dans le spot d’un aromatiseur d’eau… La vidéo de lancement d’Ambaza n’avait rien de commun avec ce type de publicité tapageuse alors, qu’est-ce qui n’a pas plus ? 

Qu’on le veuille ou non, le spectateur a aussi son mot à dire, et dans le cas d’Ambaza, montrer des images de bateaux, de champagne, bref de luxure, résonne avec ce que l’on veut atteindre en devenant influenceur. Ce serait frôler l’hypocrisie que d’ignorer le fait que Dubaï est la ville la plus peuplée d’influenceurs dans le monde. Même si certains d’entre eux font le choix de la sobriété et de la simplicité, nombreux sont ceux qui profitent de leur réussite pour élever leur niveau de vie. Y a-t-il du mal à cela ? Comme l’explique le site blogtelemarketing, la question a le mérite d’être posée… Dans le même ordre d’idées, ne perdons pas de vue que les jeunes ne sont pas très enclins à suivre les schémas classiques de narration qu’on leur sert. Avant tout, ils veulent être heureuxse faire plaisir en travaillant plutôt que de s’épuiser à essayer faire carrièresuivre un chemin qu’on leur aurait tracé ou rentrer dans les cases que propose la société actuelle. Et c’est justement toute la promesse du métier de créateur de contenu ou d’influenceur : vivre de sa passion. Si, en plus, certains réussissent à faire fortune, pourquoi ne pas essayer ?

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Le traitement d’Ambaza dans les médias : révélateur de notre époque ? 

« Ambaza : comment la « première école d’influenceurs » tire profit du rêve de ses élèves », « Ecole d’influenceurs : very important pipeau », « Quelle honte : qu’est-ce qu’Ambaza, qui se présente comme la « première école d’influenceurs » en France ? », « Ambaza, une école pour devenir influenceur ? L’ancien député Matthieu Orphelin tombe des nues », « VRAI OU FAUX, Ambaza est-elle vraiment une école pour apprendre à devenir influenceur ? », « Ambaza, la première école d’influenceurs : buzz ou vraie promesse ? Arnaque ou opportunité ? »… Ce sont quelques-uns des nombreux titres à charge parus ça et là sur la toile. Entre autres mots clés, « scandale », « arnaque » et « polémique » reviennent en force. Assez révélateur d’une époque où la course au buzz se révèle impitoyable. 

Les médias « sérieux » ne sont pas en reste… Citons cette vidéo de Libération, dans laquelle le journal prétend avoir mené une enquête sur l’école, et la décrit comme une entreprise « qui pourrait bien aspirer des aides de l’Etat ». Deux ans après la publication de ladite vidéo, Ambaza existe toujoursn’a aucune procédure judiciaire en cours pour un quelconque « détournement des aides de l’Etat », et continue à former les futurs influenceurs de demain (nous détaillerons l’activité de l’école un peu plus loin). En vérité, la vidéo de Libération coïncidait avec l’époque où le journal se livrait à une guerre sur les arnaques de placement de produits par les influenceurs, et les arnaques au CPF ce qui, est-il besoin de rappeler, n’est pas du tout le cas d’Ambaza. La preuve dans les articles publiés à l’époque par le journal : « Sur les réseaux sociaux, des influenceurs et l’argent du leurre », « Après l’enquête de « Libé » sur les « influvoleurs » : « Il était temps ! », « Booba contre les « influvoleurs » : Magali Berdach visée par l’ouverture d’une enquête », « Bonjour, c’est votre compte CPF : pour les démarcheurs téléphoniques, le 06 et le 07 tombent allô », « Les députés s’unissent pour voter l’interdiction du démarchage au compte personnel de formation »… Ces sujets étaient, après tout, peut-être source d’audience pour Libération à l’époque et cela peut expliquer que les journalistes aient pris quelques “libertés” avec leur code de déontologie et d’investigation…

D’un autre côté, combien de médias ont simplement relayé les mêmes informations, sans même daigner se pencher sur le contenu de la formation, et encore moins sur le parcours des intervenants ? Comme ce fut le cas dans de nombreux traitements médiatiques, les journaux se sont contentés de suivre une tendance, sans se poser de questions, ni essayer de sortir du lot. On ne peut s’empêcher de poser cette question : que serait-il advenu si un seul média avait seulement tenté de contredire ou d’introduire un point de vue différent ?

 

Le Monde et Acrimed dénoncent la « course aux clics » de certains médias

Heureusement, les médias ne sont pas tous dupes ! En effet, certains d’entre eux, que l’on dira plus « sensés » depuis quelques années maintenant, avouent volontiers que le traitement médiatique d’Ambaza par les médias est assez révélateur de cette course aux clics. Car il faut savoir que le journalisme web est désormais régi, dans de larges proportions, par une folle course à l’actu, et donc aux revenus. Peu importe la véracité, il faut impérativement être le premier sur l’info pour en tirer parti. Résultat des courses : le copier-coller des dépêches AFP se banalise !

C’est en tout cas ce que rapportait, dès 2009, un article publié par Le Monde, sous le titre « Les forçats de l’info », décrivant une véritable armée de journalistes fraîchement diplômés, réécrivant des dépêches à longueur de journée. Près de 11 ans plus tard, la journaliste Sophie Eustache a publié une enquête révélatrice sur le sujet, au titre assez évocateur, « Bâtonner, comment l’argent détruit le journalisme », citant Konbini, Buzzfeed et Melty, entre autres. En août 2017, Sophie publie un article sur Le Monde Diplomatique, co-écrit avec Jessica Trochet : « De l’information au piège à clics ». Elles y expliquent, en substance, comment des dizaines de sites d’info-divertissement apparus récemment dépendent entièrement de la publicité, et donc du nombre de pages consultés sur leurs sites. Leur recette ? Un journalisme « bâclé », qui leur vaut le mépris des médias traditionnels, mais qui dope le nombre de visites à coup de vidéos virales et de contenu amusant.

Même son de cloche chez Acrimed qui, en novembre 2022, publiait un article de Streetpress, intitulé « Censure, course aux clics et burn-out dans les magazines de Bolloré ». Depuis le rachat de Prisma Media (premier groupe de presse magazine de France) par Bolloré et son groupe Vivendi, exit l’éthique journalistique, exit les enquêtes de Capital, et place au à l’ingérence éditoriale, à l’autocensure, au mépris du journalisme, et à la course effrénée aux clics !

Tout cela pour dire que le traitement médiatique du « cas » Ambaza n’a rien de surprenant dans un tel contexte… Ce qui l’est en revanche, c’est le traitement réservé à l’école par certains influenceurs ! On ne se serait pas attendu à ce que des influenceurs cherchent à surfer sur le buzz Ambaza. La démarche est, pour le moins, hypocrite, à l’heure où Ambaza tente d’apporter une solution concrète et constructive à un problème réel. Sans commentaire… 

 

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Ambaza, précurseur ? Nul n’est prophète en son pays 

D’abord, une question : qu’est-ce qu’un influenceur ? Voyons ce qu’en dit le Larousse : « personne qui, en raison de sa popularité et de son expertise dans un domaine donné, est capable d’influencer les pratiques de consommation des internautes par les idées qu’elle diffuse ». En France, on dénombre environ 150 000 influenceurs avec plus de 10 000 abonnés, d’après les données de Bercy. Seulement voilà, une étude de 2021 réalisée par l’agence Reech révèle que seulement 15 % d’entre eux se consacrent à cette activité à plein temps, et à peine 6 % gagnent plus de 20 000 euros par an.

Malgré cette majorité qui ne vit pas exclusivement de leur contenu en ligne, leur impact sur les consommateurs est indéniable. Une récente étude de Reech, publiée en 2023, indique que 73 % des consommateurs ont acheté un produit suite à une campagne d’influence. La clé de cette efficacité ? La proximité. Les influenceurs tissent un lien étroit avec leur audience, leur conférant un pouvoir considérable sur les tendances et les choix de consommation. Sans surprise, le métier d’influenceur a littéralement explosé ces dernières années, surtout depuis la pandémie.

L’engouement pour le métier d’influenceur a naturellement mené à la création de structures dédiées à la formation de ces profils. Là où il y a une demande, il y aura forcément une offre. En effet, si Ambaza était la première école d’influenceurs, elle n’a pas tardé à se faire rejoindre par de nombreuses autres structures : 

  • La Mojo Académie, une école d’influenceurs marseillaise citée par La Provence dans un article datant du 29 novembre 2022 ;
  • Follozz, citée par Ouest France et Influencia dans des articles datant respectivement du 26 décembre 2022 et du 8 mars 2023 ;
  • La Creator School, une école gratuite pour les créateurs de contenu ayant plus de 100 000 abonnés, citée par Les Gens d’Internet dans un article du 17 janvier 2023 ;
  • Influence School, citée par Les Gens d’Internet dans un article paru le 28 août 2023 ;
  • Université de renom en Irlande, la Southeast Technological University de Carlow propose un cursus d’influenceur sur les réseaux sociaux. L’information a été rapporté par Le Parisien, dans un article paru le 29 septembre 2023 ;
  • L’université de Californie (Etats-Unis) propose un cursus d’influenceur sur TikTok, une information parue sur essence.com, le 10 octobre 2023 ;
  • En Afrique du Sud, Dentsu a lancé la School of Influence, une information rapportée par Media Update, le 24 octobre 2023.

Vous l’aurez remarqué, beaucoup se sont engouffrés dans la brèche ouverte par Ambaza et, il faut en convenir, il y a un réel besoin de structurer le métier. Et cela passe par la formation, mais aussi par un accompagnement en phase de lancement pour viser la professionnalisation, notamment en termes de relations entre marques et influenceurs. 

 

Un an après : Ambaza, une réussite !

L’objectif d’Ambaza ? A terme, l’école vise à créer une communauté d’influenceurs et à proposer des mises en relation avec les marques via une plateforme d’affiliation, le tout grâce à son modèle unique en son genre. Et elle est sur la bonne voie pour l’atteindre ! D’ores et déjà, Ambaza est une belle réussite. La preuve en chiffres : 

  • Sur un total de 1 004 élèves en 2022, l’école affiche un taux de satisfaction de 91,43 % (calculé sur les évaluations à chaud) et un taux d’abandon de seulement 3,41 % ;
  • En 2023, l’école a formé 1 096 élèves, pour un taux de satisfaction de 92,34 % (données à fin juin 2023), et un taux d’abandon réduit à 1,64 %.

Les indicateurs de performance d’Ambaza sont donc au beau fixe ! Mais l’école ne compte pas s’arrêter là… Son ambition ? Dépasser la barre des 2 500 élèves à fin 2023, doublant son activité enregistrée en 2022 !

 

Une école d’influenceurs ouverte à tous

C’est là le pilier du modèle Ambaza : être la première école d’influenceurs accessible à tous, quel que soit votre point de départ dans l’univers digital. En d’autres termes, même si vous n’avez aucune expérience ou présence sur les réseaux sociaux, Ambaza vous accueille, vous forme et vous guide sur la voie de la professionnalisation. L’objectif, in fine, est de vous donner toutes les clés pour monétiser efficacement votre audience. Qui dit mieux ?

Rédactrice pour Planète Grandes Écoles, j’informe les étudiants afin de les aider tout au long de leur parcours !